Buzelin, Annales Gallo-Flandriœ, p
3. Il existe aux Archives du Nord, fonds de Fîmes (n°3159) un mémoire contenant l'état détaillé des pertes supportées par l’abbaye pendant les révoltes des villes de Tournai, Bouchain et Cambrai, depuis l’année 1574 jusqu’à 1586, et des
Dames de Flines eurent à supporter les épreuves de la pauvreté la plus extrême. A raison des circonstances, l’abbesse eût pu renvoyer dans leurs familles toutes les religieuses ou une partie d’entre elles, et atteindre ainsi plus facilement la lin de la crise. Mais le remède était trop douloureux : Gabrielle d’Esne ne voulut point se séparer de ses fdles; celles-ci de leur côté, se serrant autour d’elle, déployèrent un courage et une abnégation que rien ne put ébranler. On vécut de peu, on se retrancha même le nécessaire, et l’on trouva moyen de traverser les temps mauvais.
Pendant ce séjour de sept années au refuge, la communauté cessa de recevoir des novices, non seulement à cause du manque d’espace et de ressources, mais encore parce que leur formation était difficile dans la situation précaire, incertaine, agitée où l’on vivait alors. Cependant, grâce à la bonne volonté des religieuses et à la sage direction de Gabrielle d’Esne, la discipline se conserva intacte, et quand vinrent des jours meilleurs, quand il fut possible de rentrer à l’abbaye, on y ramena les antiques traditions de ferveur et de régularité. Il n’y eut qu’à secouer quelques grains de poussière amassés sur la route.
impôts qu’elle eut à supporter à partir de 1571, contrairement aux anciens privilèges d’exemption, impôts qui portaient même sur les terres directement exploitées par les religieuses.
Les bois furent dévastés, les fermes pillées et en partie détruites : quelquesunes demeurèrent à l'abandon pendant plusieurs années. Au mois d’août 1581, vingt-huit compagnies repoussées de Cambrai par les rebelles vinrent se loger à Flines, et consommèrent la récolte de l’année. En 1582, un camp d’Espagnols, établi sur Flines et sur Fâches, occasionna des dépenses considérables. Il y eut enfin de nombreux passages de troupes pendant toute cette période, avant la pacification de la Flandre wallonne.
Les pertes de l’abbaye de Flines, détaillées article par article, sont évaluées dans ce mémoire à 238.868 livres.