‹ Histoire de l'abbaye de FlinesChapitre 136 sur 264 · Douay, Jean Serrurier · texte numérisé non relu

Douay, Jean Serrurier

2. Practique régulière des personnes soumises à vivra selon la règle saint Benoit. Recueillie et mise en langue vulgaire par F. Jean d’Assignies , abbé de Nizelle. Douay, Gérard Pinchon, 1627. Dans le même volume est renfermé le Miroir des Abbesses et Prélattes. Il existe encore de Jean d'Assignies un grand nombre d'ouvrages : Le Diadème des ecclésiastiques ou religieux , composé en latin par Smaragdus et mis en langue vulgaire par Jean d'Assignies , Mons, Ch. Michel, 1604. — Miroir de discipline, ensemble les vingt pas des bons religieux, et vingt-cinq mémoriaux de saint Bonaventure, cardinal, év. d’Albe. Mons, Ch- Michel, 1605. — Directoire ou instruction pour dévotement, révéremment et attentivement s’acq uiter en l'office divin, tant de nuict que de jour, avec un traicté des exercices spirituels, et plusieurs méditations. Mons, Charles Michel, 1609. — Doctrine spirituelle, enseignant un moyen assuré de s'acheminer et perjeclionner en la vertu. Douay, Jean Fampoux, 1630. — Fasciculus myrrhx. Douay, Jean Fampoux, 1630. — Antidotum salutare contra pestiferos rnorbos malæ linguæ, per R. P. Joannem d'Assignies, abbatem Nizellensem. Anvers, Moretus, 1633. — Testament ou Mémorial perpétuel de Jean d'Assignies. Douay, Jean Fampoux, 1635. — Le Zélateur de l’honneur de Dieu et du très auguste nom de Jésus contre les juremens et blasphèmes, en faveur de la confrérie dudit nom, signamment celle qui est établie en l'église de Sainte-Aldegonde d'Opehain. Douay, Jean Fampoux, 1639. — Tous ces livres sont aujourd’hui fort rares.

3. Cette naïveté est poussée quelquefois un peu loin. Ainsi, dans la dédicace des Allumettes vives, adressée aux vénérables et dévotes religieuses de l'Iîonneur- Nostre-Dame-lez-Flines, Jean d’Assignies s’exprime de la sorte : « Mes sœurs et tilles en J.-C...., trouvez-vous de la difficulté aux vils et abjects exercices de religion ? Vous les trouverez faciles et très-aisez, si vous considérez vostre Dieu troussé, ceinct d'un linge, agenouillé aux sais et puants pieds de ses apostres pour les leur laver, essuyer et baiser, voire mesmes les vilains pieds de son maudit traître. *

que l’on chercherait vainement dans la volumineuse compilation du prieur de la Trappe.

Nous retrouverons Jean d’Assignies sur notre route. En attendant, j’ai voulu esquisser rapidement sa vie littéraire, consacrée pour la majeure partie au service de l’abbaye de Flines.

Parmi les âmes qui durent le plus à son influence, il faut citer Florence de Werquignœul et les religieuses qui, de concert avec elle, fondèrent à Douai en 1604 le monastère de la Paix-Notre-Dame. Florence leur lisait les Vies des saints et saintes de l'ordre de Cîteaux, écrites par son cousin Jean d’Assignies. Cette lecture les enflammait d’un saint zèle pour marcher sur les traces de ces illustres devanciers, et pour reprendre dans toute son étendue la sainte austérité de la règle, en rejetant les atténuations que la coutume ou des dispenses légitimes avaient graduellement introduites *.

Notre pieuse réformatrice naquit en 1560, au château d'Epinoy-lez-Oisy, d’une noble et ancienne famille. Très jeune encore, elle fut placée près d’une tante, abbesse de Moustier 1 2, et pourvue d’une prébende en ce chapitre de chanoinesses. Bientôt les événements de la guerre qui sévissait aux Pays-Bas l’obligèrent à rentrer au sein de sa famille, qui elle-même avait cherché un refuge dans les murs de Douai.

C’est là que Dieu se réservait de lui parler au cœur. Peu

1. La Vie de la noble dame Florence de Werquignœul, très distinguée par ses vertus et son rare mérite, première abbesse et institutrice de la réforme de saint Benoit à Douai sous le titre de la Paix-Notre-Dame . Douai, C. L. Derbaix, 1733. Le fond de cet ouvrage est emprunté à une vie plus ancienne qui a pour auteur Marguerite Trigault, l’une des premières compagnes de Florence, vie qui fut publiée par les Bénédictins Durand et Martène, dans leur Voyage littéraire (Paris, 1717), 2e partie, pp. 219 et suiv. Ce n’en est pas cependant une reproduction pure et simple, comme l’a cru l’auteur de la Bibliographie douaisienne. La Vie de 1733 est beaucoup plus développée, et son auteur, évidemment, a eu d’autres sources à sa disposition. Enfin, M. l’abbé Parenty, chanoine d’Arras, a publié chez Lefort à Lille, en 1846, une Histoire de Florence de Werquignœul, première abbesse de la Paix-Notre-Dame à Douai et institutrice de la réforme de l'ordre de Saint-Benoît dans le nord de la France et en Belgique. Dans les notes qui suivent, sauf indication contraire, c’est la Vie de 1733 qui est citée.

Les Analeclcs pour servir à l’hist. eccl. de Belgique, t. IX, pp. 257-279, ont donné récemment la série des actes officiels qui se rapportent à rétablissement de la réforme inaugurée par Florence de Werquignœul.

2. Moustier-sur-Sambre, à deux lieues et demie de Namur, très ancienne abbaye de Bénédictines fondée par saint Amand et changée depuis en chapitre de chanoinesses.

à peu elle se sentit attirée à une vie humble, intérieure et mortifiée. Elle fuyait les sociétés mondaines et se retirait volontiers dans sa chambre, sous prétexte de remplir l’obligation qu’elle avait contractée comme chanoinesse de réciter le saint office. Enfin, après avoir beaucoup prié, beaucoup réfléchi, elle fit connaître à ses parents que Dieu l’appelait à la vie religieuse et qu’elle avait choisi pour s’y retirer la sainte et illustre abbaye de Flines L

Sa jeune sœur, âgée de quatorze ans et quelques mois, prit le même parti. Leurs parents, les voyant l’une et l’autre si bien affermies dans cette résolution, ne songèrent point à entraver une vocation manifestement inspirée par le ciel.

Le difficile était d’obtenir le consentement de l’abbesse de Flines, car la situation précaire de la communauté, qui résidait alors dans son refuge, ne lui permettait pas de recevoir des novices. Enfin, à force d’instances, de larmes et de supplications, nos deux jeunes filles furent admises au noviciat vers la fin de septembre 1583. On leur donna l’habit le jour de la fête de sainte Ursule, qui se célébrait et se célèbre encore solennellement au monastère, à cause des reliques des Onze-Mille- Vierges que l’on y possède. Florence fit profession avec sa sœur quand celle-ci eut atteint l’âge canonique, le 15 juin

Dès lors elle redoubla de ferveur. Avec la permission de l’abbesse, elle rejeta les petits soulagements que lui offrait sa famille et qui, à raison du régime extrêmement pauvre auquel les circonstances avaient réduit les religieuses, pouvaient sembler nécessaires à sa complexion délicate. A partir de la quatrième année de sa profession, elle voulut observer la règle sans tenir compte des dispenses qui en ont modifié la rigueur primitive. « Quoiqu’étant, dit l’historien de sa vie, dans une maison si bien réglée et de si grande édification, avec tant de religieuses si vertueuses, desquelles elle étoit si édifiée, où même l’observance régulière et la rigueur des exercices surpassoient ses forces (car nous avons dit qu’étant fort foible et délicate, elle en étoit accablée, malade et ulcérée, et dans des défaillances corporelles) ; nonobstant, son esprit vigoureux et

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