Vie de Florence de Werquigrueul, pp
Le 12 novembre 1604, Florence et ses compagnes, au nombre de sept, sortirent de l’abbaye de Flines. Après une attente de quelques jours, elles furent mises solennellement en possession de leur nouveau monastère, érigé à Douai sous le titre de la Paix-Notre-Dame.
Une seule chose troublait le bonheur de Florence. Pour se placer sous la juridiction de l’évêque, ainsi qu’on lui en donna le conseil, il fallut quitter l’habit de saint Bernard, et rentrer dans l’ordre de Saint-Benoît dont celui de Cîteaux est sorti. Ce lui fut une peine extrêmement sensible b Mieux conseillée, elle eût pu se l’épargner sans doute, car on vit quelques années plus tard des congrégations de religieuses se former au sein de l’ordre de Cîteaux sous la conduite des prélats diocésains, et le Saint-Siège, favorable à ces arrangements, les confirma par son autorité. C’est ce qui eut lieu pour les congrégations de la Providence 1 2, de Saint-Bernard 3 et du Précieux-Sang 4 ; et encore pour l’abbaye de Port-Royal, centre de réforme religieuse avant d’être un foyer de pestilentielles erreurs 5.
Florence eut à subir une contrariété plus vive encore. Malgré ses supplications et ses larmes, il fallut accepter la charge d’abbesse, que lui décerna le suffrage unanime de ses compagnes. Sous sa direction, l’abbaye de la Paix-Notre-Dame répandit au loin la bonne odeur de toutes les vertus. Aussi, quoique Florence ne voulût point d’abord entendre parler de fondations, l’institut se propagea rapidement dans tous les Pays-Bas. Arras, Grammont, Béthune, Namur, Bruges, Liège, Mons, Saint-Amand, Termonde, Poperinghe, Menin, se disputèrent ces pieuses colonies. Les Bénédictines de la Paix embrassèrent généralement les nobles et pénibles labeurs de l’éducation. Quand le flot des révolutions emporta presque tous les asiles de la prière et de la pénitence, l’institut de Florence de Wer-