Ibid., pp. 447 et suiv
5. Ibid., pp. 455 et suiv. — La célèbre abbaye de Tart, près Dijon, se lit aussi exempter de la juridiction de l'ordre. Ibid., p 447.
Le monastère de Port-Royal de Paris, où se conserva la partie saine de l’ancien Port-Royal, s’est relevé après la révolution. Par suite de certaines difficultés matérielles, il a dû être transféré à Besançon en 1841. V. le Dict. des Ordres religieux, éd. Migne, t. ni, col. 259 et suiv.
qiugnœul, grâce à sa vigueur native, put résister à la tempête. Les monastères de Liège, de Bruges et de Menin sont encore debout au milieu de tant de ruines : celui d’Arras, transféré à Estaires, refleurit sur un autre sol b
Florence vécut assez pour voir s’établir le plus grand nombre de ces fondations. Elle mourut comblée de jours et de mérites, le 29 août de l’année 1638.
Pendant que ce rameau donne des fruits merveilleux, le tronc d’où il s’est détaché ne reste pas infécond. Sous des abbesses comme Gabrielle d’Esne, Catherine de Coupigny et Marguerite Trigault, dignes émules de leurs saintes devancières, les vertus fleurissent à l’abbaye de Flines. A cette époque, François de Bar et Jean d’Assignies attestent le magnifique développement que l’esprit religieux a pris dans ce monastère, et le chapitre provincial tenu à Loos en 1612 le propose comme exemple des réformes qui doivent être introduites dans les autres maisons 1 2.
Pendant la première moitié du XVIIe siècle, Gramaye, Buzelin, Martin Lhermite, Henriquez, Jean de le Barre écrivent en abrégé les annales de notre abbaye ; Le Waitte en parle à diverses reprises et assez longuement dans son Histoire de Cambron ; Aubert Le Mire édite en les annotant quelques-uns des titres contenus dans ses riches archives ; et tous ces historiens sans exception s’accordent à représenter l’état du monastère sous le jour le plus avantageux.
« Cette abbaye occupe un rang à part et tout à fait illustre : pour la sainteté et le nombre des religieuses, pour la beauté, l'étendue, la variété des édifices, il n’y a dans les provinces belges aucun monastère qui l’égale. » Ainsi s’expriment Le Waitte,
1. L’ouvrage de M. Parenty, cité ci-dessus, renferme d’intéressants détails sur les monastères de Bruges (pp. 178 et suiv.), de Liège (pp. 203 et suiv.) et d’Estaires (pp. 273 et suiv.). Ce dernier est maintenant transféré à Blandain (Belgique).
Le monastère de Menin a été fondé en 1690 par quatre religieuses venues de Poperinghe. On y tenait jadis des écoles pour les enfants pauvres et un asile de filles repenties. Les religieuses se sont donné depuis une autre mission non moins pénible, le soin des femmes aliénées.
A Liège (Notre-Dame-sur-Avroy), le titre abbatial a été rétabli en 1860 par décret du Saint-Siège. Les religieuses tiennent un pensionnat. Elles en ont établi un autre k Tongres, en 1864. Ce dernier, qui porte le nom de la Paix-Saint-Joseph, est dirigé par une prieure, sous la dépendance de l'abbesse de Liège.
2. V. ci-dessus, pp. 177, 201, 217. V. encore, pour F. de Bar, ïlist. ep. Alreb., t. h, p. 150 verso.
Aubert Le Mire et Gramaye b Buzelin et Henriquez disent la même chose en des termes presque identiques 2. Jean de le Barre assure que « cette maison jouit partout d’une réputation méritée, parce que l’antique et véritable esprit religieux s’y conserve avec la piété, la charité et les autres vertus 3 4. » Martin Lhermite est transporté d’un enthousiasme qui ramène sans cesse l’éloge sous sa plume et qui en épuise toutes les formules. Il ne se lasse point de parler en son naïf langage, « de ce paradis terrestre, de cette forteresse religieuse, de ce jardin enclos, de ce monastère que la Vierge agrandit sur tous ceux des Pays-Bas que l’ordre de Cisteaux comprend, de ce lieu qu’elle tient comme sa place d’honneur i. » Ainsi, ajoutet-il, « la gloire de la Mère de Dieu a meury dans ce jardin enclos, dont l’Espoux divin garde la clef. Il y entre à toute heure et y trouve ses délices, cueillant les fleurs de virginité et les fruicts d’humilité agréables à son goust. Nostre-Dame, vraye amazone du paradis, défend sa place d’honneur, et la milice du ciel empiré luy sert d’une garnison forte, et Dieu mesme d’un mur d’airain. C’est sous la protection céleste que la nombreuse famille de Cisteaux se repose, peuplant ces marets, et faisant des champs une ville dont les fondements sont jettés sur la montagne de sainteté et de perfection religieuse, qui ne pourront jamais estre esbranlez 5. »
1. « Quorum omnium (monasteriorum) Ilonor B. Mariai, sive Flinense, principatum tenet, quia eo augustius nullum, sanctimonialiumve capacius, in quo ego centum quinquaginta virgines vidi Deo devotas. » (Le Waitte, Hist. Camberonensis, part. II, p. 203.) — « Sanctitate et numéro monialium fioret quam plurimum. » (Miræus, Op. diplomatica, t, i, p. 579.) — « Nec religiosarum numéro, nec religionis vigore, nec ædificiorum splendore par liuic est in Belgio cœnobium.» (Gramaye, Antiquilates Flandriæ , éd. de 1708, p. 214.)
2. «Neque magnitudine et varietate ædificiorum, neque monialium copia ullum in Belgio ejus nominis nobilius. Recti disciplina et studio maxime fioret. » (Buzelin, Gallo-Flandria , p. 231. — Henriquez, Lilia Cistercii, p. 219.)
3. « Certum est autem quod... hæc domus Dei optime audiat apud omnes, eo quod an tiqua et vera religio conservetur cum pietate, caritate, et omni virtute.» (J. de le Barre, Noix et observ. pro S. Ord. Cisterciensi, folio 285 verso.)