Carlulaire, pp
naire de la Chambre des Comptes de Lille, se transporta au village de Flines, et, à l’issue de la messe paroissiale, en présence du curé Jean Plouvier, du lieutenant de bailli et des échevins, de Henri de Louvain, commissaire de Sa Majesté, du prélat de Nizelle et de son coadjuteur, ainsi cpie de beaucoup d’autres personnes réunies pour la circonstance, il mit solennellement en possession de la seigneurie de Flines l’abbesse et le couvent du lieu représentés par messire Charles Van der Camere, chevalier, seigneur de Sars, et lieutenant général des villes et châtellenie de Bouchain b
Les Espagnols, occupés à défendre leurs possessions des Pays-Bas contre les rebelles insurgés dans le Nord, avaient à redouter dans le Midi un puissant voisin, désireux d’abaisser la maison d’Autriche et tenté par l’appât que lui offraient ces riches provinces.
Le danger était compris bien avant que la France eût déclaré ses desseins en s’alliant avec la Hollande pour la conquête des Pays-Bas espagnols (1635). Le gouvernement de Bruxelles, dans un intérêt de préservation, s’entoura de précautions qu’il est permis à tout le moins de trouver excessives 1 2.
En 1607, Gabrielle d’Esne reçut de la cour l’ordre de renvoyer le moine de Clairvaux qui résidait dans son monastère en qualité de directeur spirituel. Un moine français confesseur de religieuses dans une abbaye solitaire, c’était sans doute un péril pour l’État !
Cet acte d’une politique étroite et mesquine rompait arbitrairement des liens sacrés, et laissait sans direction l’abbaye de Flines. A défaut de l’autorité monastique entravée dans son exercice, l’internonce de Bruxelles se vitdans la nécessité d’agir, et, en vertu de ses pouvoirs spéciaux, il transféra la paternité de Flines au prélat de Cambron. Le représentant du Saint- Siège n’entendait point priver Clairvaux de ses droits incontestables : cette mesure, essentiellement provisoire, les laissait intacts pour le jour où il serait possible de rétablir les choses sur l’ancien pied.