‹ Histoire de l'abbaye de FlinesChapitre 149 sur 264 · J. de le Barre, Notæ et observationes , folio 385 verso · texte numérisé non relu

J. de le Barre, Notæ et observationes , folio 385 verso

2. J. de le Barre, l'Héraclée Jlament (manuscrit à la Bibl.de Lille), folio 74 verso.

3. En 1632, un jésuite allemand, Frédéric de Spée, qui avait accompagné au dernier supplice deux cents personnes condamnées pour crime de sorcellerie, et qui était persuadé de leur innocence, composa un vigoureux plaidoyer contre la procédure suivie en Allemagne et ailleurs devant les tribunaux laïques qui connaissaient de ces sortes de causes. L’entreprise n'était pas sans péril. Aussi l’auteur n’osa mettre son nom en tête du livre. Il le publia sous ce titre : Cautio criminalis, seu de processibles contra sagas liber ad magistratus Germanise hoc tempore necessarias, etc. A adore inccrto theologo Romano. Rinthelii, 1631.

pour ne point perdre une seule des âmes confiées à sa garde. Aussi le monastère gardera-t-il éternellement le souvenir d’une carrière aussi féconde en mérites fi »

Il n’était point aisé de recueillir une telle succession. Philippine de Robles, à qui elle échut, se trouva heureusement à la hauteur de sa tâche.

Comme la guerre se prolongeait et que d’ailleurs il ne paraissait pas y avoir pour Flines de danger immédiat, la nouvelle abbesse jugea convenable de quitter le refuge, trop étroit pour un aussi grand nombre de personnes. On retourna donc au monastère.

Le grand ennemi à combattre pendant les années qui s’écoulèrent alors, c’était la faim. Déjà Catherine Trigault avait contracté un lourd emprunt pour la subsistance de ses filles. Philippine de Robles dut, comme suprême ressource, engager la vaisselle de la maison et jusqu’aux gobelets d’argent qui servaient à l'usage personnel des religieuses. Il ne restait plus que les vases du sanctuaire, et l’on vit le moment où il faudrait, avec l’autorisation des supérieurs, en faire aussi le sacrifice.

En effet, les sources de revenus étaient presque complètement taries. A Cantin, où l’abbaye possédait des propriétés considérables, pendant plus de quinze ans on ne reçut pas une obole : Gœulzin, Aniche, Wasnes-au-Bac, Villers-au-Tertre, d’un côté, Cappelle et Landas, de l’autre, ne rapportèrent pendant le même laps de temps qu’une somme insignifiante, quelques centaines de florins à peine. Le pays, exposé à des incursions continuelles, était ruiné de fond en comble : les terres demeuraient sans culture, ou si le laboureur se hasardait en tremblant à leur confier quelque peu de grain arraché aux besoins pressants de sa famille, ce sacrifice trop souvent ne profitait qu’à l’ennemi. La ville de la Bassée, tombée au pouvoir des Français en 1647, avait une petite garnison, qui, sous le commandement du comte de Broglie, étendait au loin ses ravages et poussait des pointes hardies jusqu’au delà de Lille et de Douai. De Broglie, à ce qu’on assure, arrachait chaque année aux paysans un million et demi de florins. En 1655, ses fourrageurs enlevèrent quatre chevaux, les seuls que l’abbaye de

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