‹ Histoire de l'abbaye de FlinesChapitre 150 sur 264 · J. de le Barre, Notæ el obseroaüones, folio 289 recto · texte numérisé non relu

J. de le Barre, Notæ el obseroaüones, folio 289 recto

Flin.es eût encore pour cultiver les terres dépendant de la bassecour et récolter un peu de blé, suprême ressource en ce temps de disette et de misère affreuse.

Que faire alors ? Renvoyer les religieuses dans leurs familles, c’était une extrémité bien dure. Philippine de Robles ne pouvait se résoudre à voir cesser le service divin qui jusque-là n’avait jamais été interrompu au monastère, beaucoup moins encore à lancer dans le monde des vierges, des épouses de Jésus-Christ, pour lesquelles une vie de retraite, à l’ombre tutélaire du cloître, est tout à la fois une habitude et un besoin.

A cette gêne domestique, aux cruelles privations qui en résultaient, s’ajoutèrent les réclamations de créanciers impitoyables, qui menaçaient l’abbesse de saisie et d’exécution judiciaire. En vain essaya-t-elle d’entrer en arrangement avec eux. Plusieurs ne voulaient rien entendre. Elle dut réclamer l’intervention du pouvoir pour obtenir un délai que les circonstances rendaient indispensable h

Les revendications les plus âpres et les plus persistantes émanaient des titulaires de pensions accordées par le gouvernement sur le temporel de l’abbaye. Dans les nombreux mémoires qu’ils rédigèrent et que nous avons sous les yeux, ils semblent persuadés que les biens ecclésiastiques ont pour destination principale de servir aux libéralités de la cour. Sans sourciller le moins du monde, ils vont jusqu’à dire qu’on aurait dû cesser d’admettre des religieuses, plutôt que de suspendre le paiement des pensions. Cqmme si la continuation du service divin, impossible saqs le personnel voulu, n’était pas une dette sacrée envers les fondateurs et les bienfaiteurs d’une maison religieuse ! Comme si la faveur du pouvoir, disposant arbitrairement du patrimoine de l’Eglise, pouvait créer un titre supérieur à celui-là ! Avec un aplomb imperturbable, ils discutent les motifs défait que Philippine de Robles leur oppose dans les contre-mémoires adressés à Bruxelles. A les entendre, les revenus de l’abbaye de Flines, tout en ayant subi quelque dimi-

1 . Supplique adressée au roi par l’abbesse de Flines, apostillée à Bruxelles le 20 juillet 1656. — Lettres adressées en conséquence à ceux du magistrat de Lille, le 20 septembre de la même année, pour demander leur avis. — Nous ignorons quel fut le résultat. Il est probable qu’il fut conforme aux vœux de l’abbesse de Flines, puisqu’en réalité ses créanciers la laissèrent tranquille.

notion, sont encore tellement considérables qu’on ne sait vraiment à quoi l’abbesse peut les dépenser, Si, pourtant, ils sont parvenus à le découvrir. Ce large superflu est absorbé par des bâtiments somptueux qui s’élèvent à Lille. En effet, Philippine de Robles avait, quelques années auparavant, posé les fondements d’une maison de refuge, pour suppléer à l'insuffisance notoire de celle de Douai : le manque d’argent l’arrêta, et ce dessein, abandonné après un commencement d’exécution, ne fut jamais repris.

Enfin, une transaction fut conclue le 31 juillet 1600 avec les titulaires des pensions, et, à l’aide d’un nouvel emprunt, Philippine de Robles put tant bien que mal maintenir les affaires de sa communauté. La conquête du pays par Louis XIV allait bientôt, en terminant la guerre, amener des jours plus calmes et une situation plus heureuse 1 .

1. Les détails qui précèdent sont empruntés à de nombreux documents concernant l'affaire des pensions et les emprunts conclus sous Catherine Trigault et Philippine de Robles. (Archives du Nord, fonds de Flines.)

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