‹ Histoire de l'abbaye de FlinesChapitre 152 sur 264 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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d’entre elles. Comme les chances de l’élection semblaient se porter autre part, elles imaginèrent un système propre à les circonscrire et à les tourner en leur faveur : elles prétendirent qu’en vertu de la loi de sa fondation, le monastère ne pouvait admettre que des filles nobles et que seules ces dernières étaient éligibles à la prélature. Selon elles toujours, des mains intéressées avaient anéanti la charte qui contenait ces dispositions. Elles allaient jusqu'à désigner comme auteurs de ce méfait Catherine Trigault et Antoinette Vasseur.

Le caractère de ces deux religieuses, honorées du respect et des sympathies de leurs consœurs, protestait suffisamment contre une pareille calomnie. Néanmoins les commissaires de l’élection, pour ne laisser aucun doute, procédèrent à une enquête sur les faits articulés. Les témoignages recueillis et les constatations auxquelles on se livra établirent que le prétendu document était inconnu à tout le monde; qu’il n’y en avait nulle trace dans les registres et cartulaires de l’abbaye, où l’on n’eût pas manqué de le transcrire s’il avait existé, et qu’enfin la tradition et la pratique du monastère étaient absoment opposées aux prétentions qui venaient de se produire 1.

L’élection fut faite en faveur de Marguerite d’Espierre, une des cinq nièces de la défunte abbesse. C’est une preuve qu’elle n’avait pas donné dans le complot : autrement, son exclusion eût été certaine. Il faut en dire autant de Madeleine de Coupigny, qui fut proposée comme la plus capable et la plus digne dans l’élection de 1654, bien que, contrairement aux votes de la communauté et à l’avis des commissaires, la nomination royale soit alors échue à Philippine de Robles 2.

En fait, il y avait longtemps que les nobles se succédaient sur le siège abbatial de Flines. Marguerite Trigault, élue en 1636, fut la première abbesse d’origine bourgeoise qui interrompit cette espèce de prescription.

Cette fois encore, les prétentions déjà repoussées en 1632 essayèrent de se faire jour. La seconde tentative n’aboutit pas plus que la première.

1. Déposition faite par De Vincente Le Wattier, en 1673. (Archives du Nord, fonds de Flines.)

2. Ces détails sont tirés des dossiers d’élections conservés aux Archives du royaume de Belgique, patentes ecclésiastiques.

Sous Louis XIV, une nomination plébéienne remit de nouveau la question sur le tapis. Il est probable que des plaintes furent adressées directement au roi par quelques familles déçues dans leurs espérances ou humiliées dans leurs prétentions. Toujours est-il que, le 8 juillet 1673, Michel Le Peletier de Souzy, intendant de Flandre, se présentait à l’abbaye de Flines, avec le baron de le Loire, lieutenant de la gouvernance à Douai. En vertu des ordres du roi communiqués à l’abbesse Ursule Becq, on assembla les religieuses au chapitre, et l’intendant leur communiqua une lettre de cachet dont voici la teneur :

A NOS CHIÈRES ET BIEN AMÉES LES ABBESSE ET RELIGIEUSES DE L’ABBAYE DE FLINES.

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