Recueil des édits, etc., t. x, p
3. L’abbaye paya le 31 octobre 1699, pour être maintenue dans la jouissance de la seigneurie de Flines, une somme de 1333 livres 6 sols 8 deniers, conformément au rôle arrêté par le Conseil le 6 octobre précédent. (Archives du Nord, fonds de Flines.)
privilège d’exemption accordé par saint Louis h en fixant à trente-cinq pièces la quantité de vin que l’abbaye pouvait annuellement faire circuler en franchise.
L’intervention incessante du pouvoir dans les affaires des maisons religieuses avait plus d’un côté fâcheux. S’il s’était borné à imposer des pensions, à réclamer des subsides, à exiger des fournitures militaires, le mal eût été moins grand. Il est vrai qu’on eût pu lui demander de suivre une marche conforme aux canons de l’Église reconnus comme lois de l’État, de s’inspirer des principes de la justice naturelle et de répartir équitablement ces charges entre les maisons appelées à les supporter. Mais ce qui était intolérable, ce qui pouvait et devait amener la décadence de l’esprit religieux, c’était l’absence de liberté dans les élections, c’était la faveur et les intrigues de cour décidant en dernier ressort du gouvernement des monastères et de la conduite des âmes.
Une conséquence très heureuse de la conquête française, en ce qui concerne l’abbaye de Flines, ce fut de rétablir ses liens avec l’abbaye-mère, liens que l’ombrageuse susceptibilité de la politique espagnole avait brisés depuis plus d’un demi-siècle. Toutefois, Pierre Bouchu, alors abbé de Clairvaux, ne jugea point à propos de garder la direction immédiate du monastère, comme le faisaient jadis ses prédécesseurs : il se déchargea de ce soin sur l’abbé de Loos, qui était dans le pays, par conséquent plus accessible quand on avait besoin de recourir à lui et plus à portée d’avoir l’œil sur tout.
L’abbé de Vaucelles, Richard Moreno, vicaire général de l’ordre, eût bien désiré obtenir cette commission. Pour atteindre son but, il essaya d’employer l’influence du maréchal d’Humières et de s’insinuer par lui auprès du P. La Chaise, tout-puissant dans les affaires de l’Église 8. Il avait à faire valoir contre les moines de Loos une raison en elle-même décisive : ces religieux, du moins ceux qui dirigeaient l’abbaye de Flines, étaient selon lui d’une doctrine suspecte et avaient déjà commencé à y répandre des opinions dangereuses, celles du jansénisme sans doute. Avec la moindre preuve ou le moindre