‹ Histoire de l'abbaye de FlinesChapitre 164 sur 264 · P. Ignace, Mémoires, 1. c · texte numérisé non relu

P. Ignace, Mémoires, 1. c

magnifique avenue en face du quartier abbatial pour mettre le monastère en communication avec la nouvelle route de Douai à Orchies.

Une sévère économie eût sans doute obtenu des résultats plus complets. Mais enfin, tout en visant à équilibrer les dépenses avec les recettes et à combler le déficit, Madame de Berchény ne s’écarta point des habitudes de luxe introduites par les précédentes abbesses. Après avoir épuisé la ressource d’une coupe extraordinaire de bois qui fut autorisée en 1758, elle jugea nécessaire de recourir à un emprunt. La chose ne passa pas sans difficulté au Parlement de Flandre : pourtant, par son influence personnelle et par ses démarches réitérées, l’abbesse de Flines reçut enfin l’autorisation de lever 80.000 livres à cours de rente 1 2.

Quand Sophie de Berchény mourut, aussi regrettée de ses filles qu’elle avait d’abord été froidement accueillie, les dettes étaient non pas éteintes, mais cependant réduites dans des proportions considérables. A son entrée en fonctions, le 6 novembre 177G, Batliilde de Sainte-Aldegonde ne trouva plus qu’un passif de 28.000 livres. Bientôt ce dernier reste se trouva lui-même effacé. Il fut possible de reprendre un projet toujours différé depuis le commencement du XVIIe siècle : établir dans Douai un refuge assez vaste pour abriter commodément la communauté entière. Bathilde de Sainte-Aldegonde acquit dans ce but un hôtel avec un grand terrain, situé rue Morel et appartenant au sieur Durand d’Elecourt s. On vendit comme désormais inutile l’ancien refuge de la rue du Vieux-Gouvernement.

Hélas ! le nouveau ne devait pas servir davantage 3. La Révolution, comme un torrent dévastateur, allait tout emporter. Avant d’arriver au récit de ces lamentables événements, il faut exposer l’histoire intérieure et faire connaître l’état de la communauté de Flines pendant le XVIIIe siècle.

Page 1