‹ Histoire de l'abbaye de FlinesChapitre 167 sur 264 · Livre des Devoirs · texte numérisé non relu

Livre des Devoirs

ses appartements était réservé uniquement à l’abbesse, qui, comme on vient de le voir, invitait de temps en temps quelques religieuses à sa table. Quant aux anciennes, eu égard à leurs infirmités, la charte de 1768 les dispense d’aller au réfectoire pour la collation pendant le carême, mais elle leur interdit d’admettre aucune religieuse à manger avec elles dans leurs chambres.

L’âge amenait aussi quelque allégement dans le service du chœur. Ce n’était pas peu de chose que de chanter toutes les heures du jour et de la nuit, en y ajoutant le petit office de la sainte Vierge, et même l’office des morts aux jours de férié, très nombreux dans le calendrier de Citeaux où, selon l’usage antique, les fêtes sont de rares exceptions. Cela faisait en moyenne sept heures de chœur chaque jour. Si l’on ajoute que les moments restés libres étaient presque entièrement occupés par le travail manuel, on verra que dans l’ensemble tout cela constituât un genre de vie passablement austère. Aussi les jeunes religieuses elles-mêmes avaient de temps en temps besoin d’un peu de relâche.

Deux fois chaque année, trois semaines après Pâques et dans le courant du mois de septembre, on donnait, sous le nom de saignées, une honnête récréation.

L’hygiène reçue au moyen âge voulait que l’on se fît tirer du sang à des époques régulières et plusieurs fois l’an. Les Us de Citeaux 1 accordèrent dans ce but quelques jours de repos, dont l’abbaye de Fîmes garda la tradition quand depuis longtemps la saignée proprement dite avait cessé d’être en usage. Pour que le service divin ne fût pas interrompu, les religieuses en jouissaient alternativement et par moitié. Ces jours-là, elles avaient le privilège d’être exemptes du travail manuel et de l’assistance au chœur. Libres de leur temps après qu’elles avaient récité leur office en particulier, elles se livraient à quelque honnête récréation, et faisaient une promenade en commun dans les bois de l’abbaye ou aux environs. C’était ce que nous appellerions aujourd’hui les vacances, mais vacances bien modestes, puisqu’elles ne duraient que trois ou quatre jours pour chaque groupe, du mardi au vendredi de la même

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