Lib. Usuum , c. XC. (Nomast. Cist., p
semaine, au plus, et se bornaient pour toute récréation exceptionnelle à une promenade hors de l’enclos L
Parfois on permettait aux jeunes un divertissement qui, bien que très innocent en lui-même, choquerait les habitudes reçues de nos jours. Ce divertissement, pourquoi ne pas le dire ? c’était la danse, mais danse modeste, à laquelle ne prenait part aucune personne étrangère 1 2, récréation enfantine que l’on passait à la jeunesse, et qui ne pouvait amener aucun abus, de même qu’elle ne rappelait aucun souvenir importun à des imaginations vierges, et n’évoquait en aucune façon l’idée des plaisirs funestes d’un âge corrompu. Aussi est-elle autorisée par la charte de 1742.
Quelques autres divertissements dans le cours de l’année venaient rompre la monotonie de la vie quotidienne. C’était la fête des Innocents, où la plus jeune religieuse jouait pendant un jour le rôle d’abbesse, sous le nom de Madame des Innocents, et usait des privilèges de sa charge, à condition toutefois de ne point en abuser 3. C’était la fête des Rois, où l’impératrice désignée par le sort se couvrait du manteau royal, et, portant le sceptre et la couronne, paraissait avec une suite costumée pour la circonstance. A celles qui composaient ce groupe il était interdit de quitter le vêtement religieux : il devait rester apparent sous leurs habits d’emprunt 4.
Un point qui n’est pas sans intérêt dans les documents que j’analyse, c’est celui de la clôture. On se rappelle à combien de difficultés elle donna lieu anciennement dans les Pays-Bas. Voyons ce que l’on exigeait sous ce rapport au XVIIIe siècle.
La charte de 1742 s’exprime ainsi : « Nous ordonnons que toutes les portes de la maison seront exactement fermées, et qu’on n’introduira aucun séculier ou séculière sans une nécessité notoire, enjoignant aux dames portières de veiller attentivement sur l’exécution du présent règlement, et voulant qu’elles soient punies sévèrement quand quelqu’un entrera furtivement
1. Livre des Devoirs. — P. Ignace, Dictionnaire, t. n, p. 809. — Les saignées comme récréation sont mentionnées à Flines dès l’an 1464. ( Cartulaire , p. 913.) A cette époque, l’abbesse Catherine de Saint-Génois acheta une rente sur l’abbaye de Saint-Amand pour donner du mouton aux religieuses à l’époque des saignées.