Dom Bernard de Girmont, abbé du Port-du-Salut
3. Dame Joséphine Lefebvre vivait avec ses consœurs, sans s'être réunie cependant à la communauté.
4. Les fêtes de deux messes, dans la liturgie cistercienne, sont celles qui ont un certain degré de solennité, et où la rubrique prescrit de célébrer deux messes conventueUes, l’une après prime, l'autre après tierce, dans les monastères où la chose est possible. Il y a dans toute l'année environ soixante-dix fêtes de ce degré.
» Le jeûne, en dehors de l’avent et du carême, s’observe depuis la Pentecôte jusqu’au 13 septembre tous les vendredis; depuis le 13 septembre jusqu’à Lavent, le mercredi et le vendredi. Alors il n’y a qu’un repas. Le soir je permets une tartine et un verre de bière L »
Les obstacles que soulevait la réforme ne provenaient pas de l’austérité de la vie trappiste, mais plutôt de certaines difficultés de position. Comment, par exemple, reprendre l’office entier et le chanter tous les jours, avec un personnel restreint et plus qu’absorbé par le travail des classes? Comment concilier le silence perpétuel avec la tâche quotidienne, la nécessité pour les maîtresses de se concerter entre elles, et les rapports de chaque instant avec les élèves? Comment arranger les classes avec une distribution de la journée qui place le dîner à dix heures et demie? Comment renoncer à tous les ouvrages d’agrément, puisqu’ils font partie de l’éducation donnée aux jeunes filles des classes supérieures?
Tout en faisant ses observations, Dame Emmanuelle ne reculait pas. Grâce à des dispositions conciliantes d’une part, et à une bonne volonté entière de l’autre, elle était persuadée que tout s’arrangerait facilement sur place, et que la pratique amènerait une entente sur les points discutés.
Aussi elle pressait vivement l’envoi des religieuses. « Je crois bien, ma chère Dame, écrivait-elle 1 2, que rien ne nous sépare quant à présent, et que par votre prochaine lettre nous aurons le bonheur d’apprendre l’époque où vos Dames arriveront ici : elles seront reçues comme des anges de paix, et, je le crois sincèrement, par toute la maison. Ne tardez donc pas davantage, et donnez-nous le bonheur d’offrir à notre père saint Bernard des filles dignes de lui. Heureuses de croître en sagesse et en grâce, elles courront à votre suite, n’en doutez pas. Quel bonheur pour moi de voir avant de mourir Dieu servi dans ma maison aivec une ferveur digne de sa souveraine Majesté ! Vous aurez part à cette bonne œuvre, et cette pensée doit vous être agréable. »
Elle ajoutait en post-scriptum à cette même lettre : « Nos sœurs ont un si grand désir de voir arriver vos Dames, qu’elles