Le 3 avril
ont voulu signer toutes cette lettre afin de les décider plus vite, ou du moins de montrer leur propre empressement. De mon côté, je hâte leur venue de tous mes vœux.
« Notre maison est la moitié de l’ancien Gouvernement : elle est grande, avec cour et jardin, mais pas assez pour que l’on puisse séparer la communauté du pensionnat. C’est un inconvénient qui se fait sentir à chaque instant. L’autre partie de cette maison est à vendre, ou plutôt sera vendue d’ici un mois par autorité de justice. On ne parle que de 18,800 francs. Elle sera vendue certainement peu de chose. Sûre d’être aidée par vos Dames, j’en aurais fait l’acquisition. Toutes nos sœurs le désirent. C’est alors que la règle pourrait s’établir sans obstacle... Hâtez-vous de m’envoyer du secours, Madame : songez aux bons désirs de nos sœurs et à mes soixante-seize ans. »
La supérieure de Laval et l’abbé du Port-du-Salut encourageaient ces bonnes dispositions, et ce dernier ne refusait pas d’adapter dans une certaine mesure les observances de la Trappe aux nécessités particulières de l’œuvre entreprise par les Dames de Flines. Il traça même une ébauche de règlement contenant quelques modifications, et réservant la possibilité d’en introduire d’autres.
Les bases de la réforme étant arrêtées, Monseigneur l’Évêque y donna son consentement, après avoir eu communication de toutes les pièces de la correspondance échangée à ce sujet. L’autorisation, signée par M. Saint-Leger, vicaire-général, est du 8 mai 1824. Quelques semaines après, deux religieuses de Laval arrivaient à Douai, accompagnées d’une converse. Il était convenu qu’elles retourneraient dans le lieu de leur profession au bout d’un an, à moins que des circonstances impérieuses n’exigeassent une prolongation de séjour qui pourrait s’étendre à six mois L
A leur tête se trouvait la mère Gertrude, sœur de la supérieure de Laval. C’est elle qui devait diriger le monastère de Notre-Dame de Flines dans la voie de la réforme. Dame Emmanuelle avait hâte d’abdiquer pour un temps entre ses mains.
On ne tarda pas à s’apercevoir que les obstacles étaient plus nombreux et plus difficiles à vaincre qu’on ne l’avait cru dans