Bulletin (les lois , 8e série, t. iv, p
2. Ibid., p. 34. Seize communautés appartenant aux anciens ordres furent auto-
Cette dénomination : « Religieuses de l’ancienne abbaye de Flines, » fut adoptée dans les statuts fondamentaux et dans les ordonnances pour affirmer le lien de continuité, d’identité morale qui unit à ses devancières la communauté rétablie. On prit soin d’affirmer cette succession dans tous les actes qui préparèrent la reconnaissance. Et en effet, ce sont les mêmes religieuses, toutes professes de Flines, qui reviennent avec leur règle, leurs traditions, leurs usages, leur esprit, tout ce qui constitue en un mot la vie d’une maison. Elles ont perdu leur dotation territoriale, c’est vrai, mais saint Benoît leur assure qu’en vivant de leur travail elles se rapprochent davantage de l’idéal monastique; et d’ailleurs, est-ce qu’une famille cesse d’être elle-même parce qu’elle est ruinée? Elles n’ont pas recouvré leur ancienne maison, mais ce ne sont pas les murs qui constituent un monastère, et il y a cent exemples de translations semblables, notamment dans les Pays-Bas, à la suite des troubles du XVIe siècle. Bien plus, le concile de Trente * 1 avait émis le vœu que l’on transférât dans les villes, autant que possible, les communautés de religieuses établies à la campagne. Ce fut une question de dépense qui fit reculer dans beaucoup de cas devant l’abandon d’édifices considérables, qui seraient restés sans emploi, et qu’il aurait fallu rebâtir à grands frais dans les villes. L’abbaye de Flines elle-même fut fondée sur un emplacement différent de celui qu’elle occupa dans la suite pendant plus de cinq siècles.
Sous le régime de l’autorisation légale, les communautés ont à subir des entraves inspirées par la routine bureaucratique et par un esprit de défiance, sinon d’hostilité, envers les associations monastiques. La Restauration elle-même a subi fortement cette influence du pseudo-libéralisme moderne, une des formes de la Révolution, ou si l’on veut, delà lutte plus ou moins consciente contre le bien et contre la vérité qui fait le fond de notre histoire depuis la fin du dernier siècle. A tout prendre cependant, la personnification civile, conséquence de l’autorisation, constitue un réel avantage : elle donne un carac-
risées par la même ordonnance, entre autres les Pénitentes de Bourbourg, les Franciscaines de Lille, les Chartreuses de Beauregard, les Dames de Port-Royal de Paris, les Dames de Fontevrault établies à Chemillé, et les Annonciades de Boulogne.