Souvenirs de Notre-Dame de Flines, pp
qui inspirait le respect; et c’est pourquoi sa bonté ne dégénéra jamais en familiarité, ni sa condescendance en faiblesse.
« L’école normale des institutrices était aussi l’objet de son zèle le plus constant et le plus dévoué. Les exhortations qu’il leur adressait avaient un caractère bien marqué de force et de persuation. 11 ne les traitait plus comme des enfants, mais comme des maîtresses à qui était réservée une grande mission. Il leur rappelait les règles les plus sûres de la vie chrétienne au milieu des dangers du siècle, et leur recommandait une grande discrétion dans leurs rapports extérieurs ; il n’oubliait pas non plus la discipline des écoles, les réunions dominicales et les autres industries d’un zèle éclairé et prudent h »
M. Neuwe subit un véritable martyre de dix-huit mois, avant d’être rappelé à Dieu. « Mais au milieu des étreintes de la mort, il conservait le calme; il fut doux dans cette dernière épreuve comme il l’avait été pendant toute sa vie, et la violence du mal ne lui fit jamais perdre sa sérénité. » Il mourut le 30 octobre 1863 1 2.
Pendant la longue maladie de M. Neuwe et quelque temps après sa mort, le service religieux du monastère fut assuré par M. Destombes, alors supérieur du collège Saint-Jean, depuis vicaire général et prélat de la maison de Sa Sainteté. Un autre ami personnel de M. Neuwe, M. Hautcœur, alors professeur de philosophie au collège Saint-Jean, voulut bien aussi prendre sa part de ce ministère. Ctrâce à ces concours dévoués, la communauté, le pensionnat, les œuvres diverses des Dames de Flines, n’eurent point à souffrir de 1a. privation d’aumônier. M. Hautcœur fut nommé définitivement à ces fonctions vers la fin de l’année scolaire, en 1864.
1. Biographies des prêtres du. diocèse de Cambraiqui sa sont le plus distingues par leurs vertus, leurs talents et leur zèle (1847-1887), t- i, pp. 203-264, notice sur M. l'abbé Neuwe. — Mgr Lasne a publié séparément une biographie plus complète de M. Neuwe (Valenciennes, 1864).