‹ Histoire de l'abbaye de FlinesChapitre 204 sur 264 · V. la Bibliographie, n · texte numérisé non relu

V. la Bibliographie, n

départementales du Nord. Il a consulté en outre les archives et les bibliothèques de Paris et de Bruxelles, de Cambrai, de Lille et de Douai, toutes les collections publiques et particulières où il a pu trouver des éléments pour son travail L

L’ouvrage fut bien accueilli du public et des savants, mais surtout il causa une vive satisfaction chez les religieuses de Fîmes, heureuses de retrouver tout le passé glorieux de leur maison, retracé d’après les documents authentiques , avec l’exactitude la plus scrupuleuse.

L’auteur avait achevé son volume depuis un an, quand il dut quitter le monastère, appelé à d’autres fonctions par son éminentissime archevêque. La tâche nouvelle qu’on lui imposait se trouva bien lourde, et certes, à ne consulter que ses goûts, il eût préféré sa paisible et tranquille existence d’autrefois. Mais le prêtre est un soldat dans l’armée du Christ: il doit, non choisir la place qui lui plaît et qui lui convient, mais se rendre au poste qui lui est assigné par ses chefs.

Du moins, en quittant le monastère pour travailler à la fondation de l’Université catholique de Lille, l’ancien aumônier eut la consolation de se voir remplacé par un homme de Dieu, que le cardinal Régnier voulut bien, sur sa proposition, nommer à ce poste de confiance. M. Bourgeois, curé d’Illies,près La Bassée, avait longtemps exercé le saint ministère à Lille, comme vicaire de Saint-Maurice. C’était un prêtre d’une piété, d’une régularité exemplaires, d’une doctrine absolument sûre, ayant horreur des nouveautés qui dès lors cherchaient à se glisser dans l’ombre. Très recherché comme directeur, il avait acquis une expérience consommée. Aussi ne tarda-t-il pas à obtenir la pleine confiance du troupeau nouvellement confié à sa sollicitude pastorale. Il se consacrait entièrement à ses devoirs, sans peut-être consulter suffisamment ses forces, et sans garder les ménagements qui lui auraient permis de fournir une plus longue carrière.

Épuisé par la fatigue, il dut prendre un repos prolongé, et ne pouvant plus reprendre ses fonctions, il demanda d’être remplacé. Toutefois, il reprit un peu de forces, et put accepter,

1. Si l'on veut se faire une idée de l’étendue de ces recherches, si l’on veut savoir ce qui existe encore de documents anciens sur notre monastère, il faut lire la préface du Cartulairc, pp. vi-xm, et celle de Y Histoire, pp. vi-xii.

chez les Sœurs de la Treille , à Lille, un ministère moins occupé. Hélas ! ce ne fut qu’une trêve. Bientôt, il fallut se décider à la retraite définitive.

M. Bourgeois, attiré par la bienveillante amitié de M. le Doyen de Sainte-Catherine, alla se fixer sur sa paroisse, qu’il édifia pendant neuf ans. « On se souvient encore, dit une notice aussi intéressante qu’édifiante, d’avoir vu dans les rues de notre ville, cheminant vers l’église ou retournant chez lui, ce vénérable prêtre, à la démarche de vieillard, toujours recueilli et complètement absorbé en Dieu ; on se souvient, et on se souviendra longtemps à Sainte-Catherine, de l’avoir vu à l’autel, disant la messe avec une ferveur touchante, une piété admirable, avec un scrupuleux respect de toutes les cérémonies liturgiques b »

Enfin, le fidèle serviteur de Dieu alla recevoir sa récompense. Il mourut le 3 mars 1908, unanimement regretté et vénéré comme un saint.

1 . Semaine religieuse , la septembre 1908, notice sur M. l'abbé Bourgeois.

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