CHAPITRE XXXI
l’œuvre SCOLAIRE . — CONSTRUCTIONS IMPORTANTES . — RAPPORTS
AVEC LES POUVOIRS PUBLICS. — PROSPÉRITÉ DES DEUX PENSIONNATS. — LE COURS NORMAL D’iNSTITUTRICES. — L’ÉCOLE COMMUNALE. — QUELQUES PORTRAITS DE RELIGIEUSES.
L’installation primitive de la maison de Flines-Campagne était assez défectueuse. Elle devint bientôt insuffisante, à cause du nombre toujours croissant des élèves.
En 1866, un nouveau corps de bâtiment fut construit entre cour et jardin. Le tout, avec les constructions anciennes, pouvait recevoir environ cinquante pensionnaires : on entendait bien ne pas dépasser ce chiffre, très suffisant, avec le contingent d’externes que fournit la populeuse commune de Flines, pour occuper le zèle et l’activité de la petite colonie. Le nombre de plus en plus considérable des demandes qui arrivèrent de tous côtés déjoua ces calculs : bon gré, mal gré, on se trouvait avoir fondé un grand pensionnat et il fallut pourvoir à son installation.
Sur un terrain contigu à la propriété primitive et acheté dans ce but, on commença en 1870 un bâtiment que la guerre vint interrompre, mais qui fut achevé quand la marche des événements rendit possible la reprise des travaux. Cette construction et celle de 1866 se rattachent à un plan général soigneusement élaboré dans toutes ses parties, et dont la moitié environ restait à exécuter. En attendant, à l'aide d’anciens édifices qui devaient disparaître par la suite, on put sans trop de peine abriter les cent vingt pensionnaires et les deux cent cinquante externes que recevait l’établissement.
Tout cela se fit sous l'intelligente direction de Dame Alix, bien que celle-ci, devenue infirme, gardât constamment
la chambre. De son fauteuil ou de son lit, elle dirigeait et conduisait tout. Rien n’échappait à sa vigilante attention. Elle avait dans la personne de Dame Julienne Déleruelle une aide intelligente et dévouée. C’était en quelque sorte son bras droit.
Une disposition adoptée pour la chapelle qui faisait partie des nouvelles constructions, rendit possible aux malades, sans quitter l’infirmerie, d’assister à la sainte messe. Ce fut une immense consolation pour Dame Alix, qui profita la première de cette heureuse innovation, après avoir été pendant plus de vingt ans privée de toute assistance aux offices.
Pendant que la maison de Flines se développait de la sorte, le monastère établi à Douai ne demeura pas en arrière.
Les constructions commencées en 1850 et 1853 furent complétées en 1860. Sur l’emplacement de trois maisons démolies rue du Gouvernement, s’élève aujourd’hui un édifice à la fois simple et majestueux dans sa noble décoration architecturale : c’est là que se trouve l’entrée du monastère. Plus loin la cour d’honneur s’est embellie d’un élégant péristyle. Ces divers travaux furent confiés à M. l’architecte Dutouquet, de Valenciennes, qui en a conçu le plan et dirigé l’exécution.
En 1873, on acquit à Lambres, aux portes de Douai, une petite maison de campagne, avec un jardin planté de grands arbres, pour servir de but de promenade aux pensionnaires : un hall y fut aménagé, qui permettait de prendre un repas à couvert, et qui offrait un abri en cas de mauvais temps.
La communauté se trouvait séparée du pensionnat, depuis l’acquisition du couvent des Rédemptoristes. Pour aller plus loin dans la voie d’une bonne organisation, Dame Lutgarde désirait isoler les pensionnaires des externes. Ce vœu put être réalisé par l’acquisition d’une grande maison avec jardin, contiguë à l’immeuble des Dames de Flines, et prenant issue sur la rue des Blancs-Mouchons. On y logea provisoirement (octobre 1883) M. Bâtonnier, qui remplaçait M. Bourgeois. Celui-ci continua d’habiter la maison qu’il occupait auparavant, jusqu’au moment où sa santé devenue meilleure, lui permit d’accepter les fonctions plus douces d’aumônier chez les Sœurs de Notre-Dame de la Treille, à Lille. Quand, en 1880, on voulut aborder les travaux requis pour la nouvelle
Planche XIII