‹ Histoire de l'abbaye de FlinesChapitre 212 sur 264 · Ibicl., p · texte numérisé non relu

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tristesse stérile, en contemplant « le somptueux palais bâti avec leur or pour combattre leur foi, et où s’enseignent, dit-on, toutes les sciences humaines, mais où Dieu n’aura ni chapelle, ni droit de cité. » Ils voulurent « réparer une immense injustice, et disputer à l’enseignement sans Dieu le cœur des jeunes maîtresses destinées à tenir dans leurs mains l’âme immortelle des enfants du peuple L »

Leur œuvre a pleinement réussi, grâce au noble désintéressement et au concours dévoué des Dames de Flines. Elle s’est continuée à Douai d’abord, puis à Flines, lors de la première expulsion, et enfin à Vaulx-lez-Tournai, quand la maison de Flines fut à son tour fermée. Tout récemment, en 1909, on a créé à Lille une nouvelle école normale d’institutrices catholiques. Cette fondation n’a pu être acceptée par les Dames de Flines. C’en est donc fait de leur œuvre, du moins dans le présent, mais on peut espérer la voir ressusciter un jour. Après la tempête qui sévit en France, une création de diocèse, projetée depuis tantôt un siècle, amènera sans doute des besoins nouveaux : les Dames de Flines seront là toutes prêtes pour renouer les belles traditions de leur cours normal de Douai.

Un autre exemple de noble désintéressement fut donné par elles l’année même où elles se voyaient si douloureusement frappées. Une congrégation locale, dite de la Providence, tenait avec le plus grand succès, depuis le commencement du siècle, les écoles de filles et les salles d’asile de Douai1 2. Les bonnes sœurs se virent tout à coup privées de leurs emplois et chassées de la maison qu’elles occupaient. Nos religieuses tout d’abord leur fournirent un abri, en attendant qu’un autre logement leur fût assigné par le comité des écoles catholiques. Puis, voulant se solidariser avec elles et faire acte de bonne confraternité, Madame la Prieure écrivit au Maire pour déclarer qu’elle renonçait à la subvention de la ville : l’école primaire supérieure n’en continuait pas moins d’exister comme établissement libre, sans aucune attache officielle, et à recevoir gratuitement le même nombre d’élèves.

Les coups déjà portés et ceux que l’on craignait pour l’a-

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