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CHAPITRE XXXIII

LES CISTERCIENS RÉFORMÉS, OU DE LA STRICTE OBSERVANCE. — CHA- PITRE GÉNÉRAL DE 1892. — L’ABBAYE DE CÎTEAUX RÉTABLIE COMME TITRE DU GÉNÉRAL. — LETTRES APOSTOLIQUES. — AGRÉGATION DU MONASTÈRE DE NOTRE-DAME DE FLINES.

Au milieu des tristesses d’un présent aussi sombre et d’un avenir si plein de menaces, un événement qui marquera dans les annales de Citeaux ouvrit pour nos religieuses une source de consolation, et leur permit d’entrer en communication plus réelle et plus intime avec l’ordre dont elles avaient partagé l’existence depuis le XIIIe siècle jusqu’à la Révolution française. Après avoir réorganisé le grand ordre de Saint-Benoît, sous la présidence d’un abbé général, Léon XIII tourna ses regards vers l’ordre de Cîteaux, afin de réunir en un seul corps les membres des congrégations réformées qui en faisaient partie. Les religieuses cisterciennes, trop détachées et trop isolées de la vie de l’ordre, devaient participer aux bienfaits de l’union.

Le 20 juillet 1892, un décret pontifical convoquait à Rome un chapitre général de toutes les abbayes cisterciennes de la stricte observance. Ce chapitre s’ouvrit le 1er octobre suivant, sous la présidence du cardinal Mazzella : il aboutit à la fusion des congrégations diverses sous un même général résidant à Rome, qui fut le Révéremlissime dom Sébastien Wyart, abbé de Notre-Dame du Mont, au diocèse de Cambrai >.

En 1900, l’abbé général, qui portait alors le titre de Sept-Fonts,

1. Annuaire pontifical , publié par Mgr Battandier, année 1899, pp. 281 et suiv.

Au moment de la Révolution, l’ordre de Cîteaux comptait en France 194 abbayes placées sous le régime de la commende ; en outre, 34 abbayes en règle, et une centaine d’abbayes de religieuses. (Ibid., p. 282.)

En 1899, les Cisterciens réformés avaient 58 monastères d’hommes et 3482 religieux. Les religieuses Trappistines, placées sous leur direction, étaient au nombre de 1246, réparties en 17 monastères. (Ibid., p. 284.)

racheta le monastère de Cîteaux, l’antique et vénérable berceau de l’ordre. Léon XIII rétablit alors le titre de cette abbaye, et décida qu’il serait porté désormais par l’abbé général et ses successeurs b

Quelques années plus tard, le même Souverain Pontife confirma, par lettres apostoliques en forme de bref, les constitutions de l’Ordre, rédigées depuis le chapitre général de 1892, et soumises ensuite à l’épreuve du temps. Il approuva de nouveau l’union, sous la dénomination de Y Ordre des Cisterciens réformés ou de la stricte Observance ; en même temps il lui assura la jouissance de tous les privilèges, indulgences, grâces et prérogatives antérieurement accordés par les papes. Nous croyons devoir donner en entier ce document, qui résume l’histoire de l’ordre et celle de la réforme, dont il fait ressortir la portée et la suprême importance 1 2 :

« Ce n’est certes pas une petite consolation pour Notre âme de pouvoir constater que l’unité et la communauté de vie, heureusement commencée l’an 1892 entre les divers Instituts des Cisterciens Trappistes, s’est affermie avec le temps et a produit des fruits chaque jour plus abondants, au point que le vieil Ordre Cistercien semble avoir reçu un élan tout nouveau pour reproduire les anciens exemples de vertus. Cet Ordre, né l’an de grâce 1098, sous les auspices de Robert, homme d’une éminente sainteté et Abbé Bénédictin de Molesme, dut surtout aux soins et au zèle du grand docteur Bernard un développement qu’on ne saurait trop admirer. Sans rappeler trop de souvenirs, l’on peut principalement représenter aux esprits comme un fait digne de mémoire l’acte par lequel l’illustre Congrégation de Savigny, qui était préposée au gouvernement de l’abbaye de la Trappe érigée en 1140, accéda à l’Ordre de Cîteaux, avec l’approbation pleine et entière d’Eugène III, Notre Prédécesseur, en des Lettres données le 19 septembre de l’an 1148. Tout le monde connaît l’austérité de vie et l’éminente sainteté de mœurs dont les membres de cet Ordre illustre donnèrent l’exemple, et les services qu’ils ren-

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