‹ Histoire de l'abbaye de FlinesChapitre 215 sur 264 · Annuaire pontifical , 1900, p · texte numérisé non relu

Annuaire pontifical , 1900, p

2. Le texte de ce bref se trouve, en latin et en français, dans le Recueil des Actes de Léon XIII (Paris, rue Bayard), t. vu, pp. 154-161. C'est cette traduction qui est ici reproduite avec, quelques retouches.

dirent alors à l’Eglise catholique et à la société civile ellemême. Mais avec le cours des années, l’injure des temps et le relâchement des volontés firent fléchir peu à peu les esprits dans l’observance' primitive de la discipline régulière, et les poussèrent à s’accorder une manière de vivre plus large. Si bien que l’on dut presque unanimement reconnaître la nécessité de revenir à la pratique des prescriptions et usages d’autrefois, et de les observer religieusement, tels qu’ils avaient été en vigueur dans le premier âge de l’Ordre. De là tant de tentatives de réforme, et ces essais souvent renouvelés, auxquels l'on doit l’origine de ces nombreuses Congrégations de l’Ordre Cistercien, qui adoptant une règle de vie plus accommodée au goût de chacun et chaque fois plus libre, s’éloignaient peu à peu de la maison mère dont ils dépendaient, et de l’obéissance qu’ils prêtaient auparavant à l’Abbé Général pour se rendre à peu près indépendants. Pendant que les autres fondations, faites suivant le bon plaisir de chacun, éloignaient les communautés les unes des autres par la diversité de la vie intérieure, une seule, faite pour rétablir et réformer la discipline religieuse, qui, à cause de son genre de vie plus sévère, est désignée sous le nom de Stricte Observance, et qu’à la fin du XVIe siècle, par sa prudence et son habileté, Denys Largentier, abbé de Clairvaux , sous l’inspiration de Dieu , établit en France, s’est toujours montrée fidèle et humblement soumise à l’Abbé général. Approuvée canoniquement par Alexandre VII Notre Prédécesseur, en des Lettres données le 19 avril 1046, elle grandit avec tant de rapidité et de bonheur, qu’en très peu de temps elle compta plusieurs monastères, parmi lesquels il faut sans aucun doute assigner un rang plus en vue et prépondérant à l’abbaye de la Trappe, à laquelle la divine Providence avait réservé ses plus grandes faveurs.

» Il arriva aux membres de cette abbaye, que, chassés et exilés de leur patrie ébranlée par la Révolution française, ils portèrent au delà des frontières de l’Europe la renommée de leur discipline, élevèrent à propos et avec fruit de nombreux monastères qui formèrent autant de Congrégations, et furent, à des époques capitales pour l’Eglise et la société, un des plus forts remparts et des plus beaux ornements de l’une et de l’autre.

» Ce sont d’abord les monastères de France, que Grégoire XVI Notre Prédécesseur a unis en une seule Congrégation, en leur donnant un vicaire général particulier, tout en les laissant sous l’autorité du modérateur général de l’Ordre Cistercien ; mais Pie IX, Notre Prédécesseur, jugea bon de les séparer en deux Congrégations ayant chacune leur vicaire.

» Quant à Nous, désireux de protéger la discipline régulière, et consacrant à l’accroissement et à la prospérité des diverses Congrégations Trappistes de l’Ordre Cistercien tout le soin et toute la sollicitude qui sont notre apanage, Nous avons ordonné de grand cœur, dès l’an du Seigneur 1892, comme une chose très favorable à ce but, de célébrer dans cette ville mère le Chapitre général de ces mêmes Congrégations, pour traiter entre autres choses et par dessus toutes choses de leur union et de leur gouvernement.

» Le succès ayant comblé nos désirs, et les Capitulaires, réunis à Rome sur notre convocation, s’étant accordés avec l’unité de vues et de pensées qui convenait pour décréter d’un accord unanime l’union des trois branches des Cisterciens Trappistes de Westmalle, de Sept-Fons et de la Meilleraye, pour former un seul ordre des Cisterciens réformés de Notre- Dame de la Trappe, sous la conduite d’un Supérieur unique ; Nous, par lettres en forme de bref du 12 mars 1893, non seulement avons ratifié et confirmé cette union si désirable, mais en même temps Nous avons déclaré ce même ordre autonome, sous la dépendance du Siège apostolique, sans préjudice des droits des Ordinaires, selon les constitutions apostoliques et celles de l’Institut. Ordonnant que les autres points issus des délibérations capitulaires fussent insérés dans les constitutions qui seraient soumises dans le délai d’un an à la Sacrée Congrégation des Évêques et Réguliers. Lorsque les Constitutions dont Nous avons parlé eurent été approuvées par cette Sacrée Congrégation, et que le temps écoulé jusqu’ici eut encore confirmé la parfaite solidité de l’Œuvre, Notre cher fils Sébastien Wyart, Abbé général dudit Ordre, Nous demanda dans les prières et les suppliques qu’il Nous adressa, de daigner, pour donner à l’Ordre une plus grande stabilité et assurer le bien des âmes, non seulement ajouter aux Constitutions la force que donne la confirmation apostolique, mais

encore statuer au sujet des privilèges accordés à ce même Ordre, et en outre prendre toutes autres mesures opportunes suivant la bienveillance apostolique. Nous donc, dans le dessein de rendre plus assurées la tranquillité et la prospérité des Cisterciens réformés, et voulant les poursuivre de Nos faveurs et de Nos grâces, afin de leur permettre de faire chaque jour des progrès plus heureux pour la gloire de Dieu et l’édification des fidèles du Christ, absolvant dans ce but et chacune en particulier les personnes de l’Abbé général, des autres abbés et moines susdits, et jugeant qu’elles doivent être absoutes de toute excommunication, interdit, et autres censures, sentences ou peines ecclésiastiques, si par hasard elles en ont encouru de quelque manière et pour quelque raison que ce soit, disposé à accueillir favorablement leurs suppliques, Nous approuvons et confirmons à perpétuité, en vertu de l’autorité apostolique et par la force des présentes Lettres, les Constitutions susdites, tout ce qu’elles contiennent en général et en particulier, et Nous leur donnons la force d’une confirmation apostolique perpétuelle et inviolable.

» En outre, approuvant et confirmant de nouveau l’union établie entre les Observances des Cisterciens Trappistes de Westmalle, de Sept-Fonts et de la Melleraye, et leur érection en un seul Ordre sous l’autorité d’un seul supérieur, Nous voulons et décidons que cet Ordre soit à l’avenir désigné sous le nom (Y Ordre des Cisterciens réformés ou de la Stricte Observance ; que la maison qui occupera le premier rang en honneur et en dignité, et sera pour toujours le Siège titulaire de l’Abbé général du même Ordre, soit l’antique et célèbre monastère de Citeaux, d’où la famille cistercienne tire son origine.

» En outre Nous statuons que l’Abbé général, les autres abbés et membres réformés ou de la Stricte Observance, nonobstant l’union que Nous avons rappelée, et leur constitution en un Ordre autonome, comme l’Abbé général, les autres abbés et membres de l’Observance commune, soient et restent les vrais enfants de la même famille cistercienne ; que tous les privilèges, grâces, indulgences, facultés, prérogatives et induits, autrefois accordés à la susdite famille cistercienne de quelque manière que ce soit, pourvu qu’ils

soient encore en usage, qu’ils n’aient pas été révoqués ni compris sous d’autres révocations, qu’ils ne soient pas contraires aux décrets du Sacré Concile de Trente, aux Constitutions apostoliques et à celles de l’Institut, ainsi que ceux dont l’Abbé général et les autres abbés et membres de l’Observance commune usent, profitent et jouissent, leur appartiennent au même titre. Si besoin est, Nous leur accordons et étendons à eux toutes ces faveurs, sans exclure le privilège concédé aux abbés de conférer, en observant toutes les règles voulues, à leurs sujets réguliers, la première tonsure et les quatre Ordres Mineurs seulement. Nous décrétons que les présentes Lettres sont et resteront valides, fermes et efficaces ; qu’elles recevront et obtiendront leurs effets pleins et entiers : qu’ainsi tous doivent regarder comme nul et sans effet tout ce qui, n’importe qui, de quelque autorité que ce soit, sciemment ou par ignorance, pourrait attenter contre elles. Nonobstant les Constitutions et les ordinations apostoliques, et tout ce qui serait contraire.

» Donné à Rome, auprès de Saint-Pierre, sous l’anneau du Pêcheur, le 20 juillet de l’an 1002, de Notre Pontificat le vingtcinquième. » A. Card. Macchi. »

Les religieuses cisterciennes, ou bernardines, demeuraient en dehors des décisions du chapitre général de 1892, mais il entrait dans les intentions du Souverain Pontife que le bénéfice de l’union fût appliqué, sans préjudice de l’autorité des Ordinaires, à toutes celles qui vivaient à l’état de communauté isolée, sous la dépendance des évêques. L’exécution de cette partie du programme fut poursuivie avec le plus grand zèle par Dom Sébastien AVyart. Il entreprit, dans ce but, des voyages et des négociations multiples. C’est ainsi que les Dames de Flines reçurent sa visite en 1895, 1896 et 1897. Le Révérendissime Père Général connaissait leur communauté depuis longtemps. 11 trouva les esprits d’autant mieux préparés à ses propositions, qu’elles répondaient à leurs aspirations les plus intimes, et qu’elles amenaient la réalisation d’un rêve entrevu depuis les premières années de la reconstitution du monastère de Douai L

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