Voici le texte de ce décret ex A udientia Scinctissimi
SANCTISSIME PATER,
Abbatissa et moniales Ordinis Cisterciencis monasterii Dominai Nostræ de Flines loci Douai, diœcesis Cameracensis, ad S. V. pedes provolutæ reverenter petunt unionem sui monasterii cum Ordine Cisterciensium Reformatorum cujus Abbas Romæ residentiam habet. Et Deus.
Ex Audientia SS. habita a me infrascripto Cardinali Præfecto Sacrse Congregationis Episcoporum et Regularium, sub die 8 Augusti 1898, Sanctitas Sua benigne annuit precibus oratricum pro petita enunciati monasterii aggregatione Ordini Cisterciensium Reformatorum B. M. V. de Trappa quoad spiritualem directionem dumtaxat, salva in reliquis Ordinarii jurisdictione, ad formam Sacrorum Canonum et Apostolicarum Constitutionum.
Pro Em. Dno Cardinali Præfecto.
F. Hieronymus M. Card. Gotti.
Des instructions transmises par le Général, il résulte que rien n’est changé dans les observances, et que les constitutions de monastère restent en vigueur comme par le passé h Le vénérable archevêque de Cambrai, Mgr Sonnois, à qui ces documents furent communiqués, voulut bien donner son plein et entier consentement dans les termes qui suivent :
« L’archevêque de Cambrai, soussigné, déclare non seulement approuver les résolutions et décisions prises relativement au rattachement canonique de la communauté de Notre- Dame de Flines à l’ordre cistercien, mais bénit, en vue de l’avenir, le rapprochement et l’union des diverses communautés qui, par leurs constitutions, tiennent, sous certains rapports, au mouvement cistercien.
» f M. A. Sonnois,
» Archevêque de Cambrai. »
Les événements qui suivirent, la dispersion et l’exil des communautés de France, la mort du Révérendissime D. Sébastien Wyart 1 2, furent cause sans doute que ce décret ne reçut point sa complète exécution au point de vue de la direction spirituelle. Le principe de l’union n’est pas moins posé et officiellement consacré par l’autorité du Siège Apostolique. Cet acte reste assurément un très grand bienfait, qui portera ses fruits dans l’avenir.
1 . « La direction spirituelle, sur laquelle vous me demandez des explications, est en effet le lien qui vous rattache à l'Ordre. Ce lien deviendra, nous l’espérons, de plus en plus étroit, mais il ne peut se fortifier qu'avec le temps, il ne doit point vous préoccuper du tout. Par la volonté du Saint Père, vos constitutions restent les mêmes, et Monseigneur l’Archevêque garde sur vous toute sa juridiction : par conséquent, nous ne pouvons ni ne voulons rien modifier dans tout ce qui s’est pratiqué chez vous jusqu’à présent. Chaque année, mon Révérendissime Père ira vous faire une visite paternelle ; durant l’année, vous pourrez recourir à ses avis et à ses conseils, comme à ceux du père de famille. C’est ainsi que peu à peu le rapprochement produira l’unité d’esprit et de vie intérieure, sans qu’à l’extérieur il y ait rien de changé. » (Lettre de D. Symphorien, secrétaire du T. R. P. Général à Mme la Prieure des Dames de Flines, 30 décembre 1898.)
J’extrais le passage suivant d’une lettre du Procureur général de l’Ordre, en date du 7 décembre 1898 : « Déjà plus de vingt-cinq monastères de religieuses cisterciennes de différentes nations ont comme vous obtenu cette faveur de la bienveillance du Souverain Pontife. Maintenant que Rome a parlé, nous espérons que d’autres cisterciennes suivront votre exemple et demanderont, elles aussi, de s’unir à notre Ordre. . . Cette union entre nos monastères, désormais plus étroite, nous donnera une force nouvelle ; elle ranimera notre courage et notre générosité. Elle sera pour nous tous, enfants de la même famille, l’occasion d'un renouvellement dans l'esprit de nos premiers pères de Cîteaux, esprit d’humilité, d’abnégation et de pénitence. »
2. Le Rme P. Dom Sébastien Wyart, à qui l’on doit en grande partie cette œuvre de reconstitution, mourut le 18 août 1901, au monastère des Trois-Fontaines, près de Rome, h' Annuaire pontifical de 1905 (p. 645) lui a consacré une courte notice. Nous croyons savoir qu’une biographie plus étendue ne tardera pas à paraître.