CHAPITRE IV
LA. TRANSLATION A FLINES. — L'ANCIEN MONASTÈRE CÉDÉ A l’hÔPITAI, d'ORCHIES. — ACCROISSEMENT DE LA DOTATION. — PRIVILÈGES. — DROITS DE SEIGNEURIE ET DE JUSTICE. — LIMITATION DU NOMBRE DES RELIGIEUSES. — PENSIONNAIRES ET DONNÉS.
Le lieu choisi pour y établir définitivement l’abbaye de l’Honneur-Notre-Dame était une plaine située entre Flines et Raches, et bornée d’un côté par des marais, de l’autre par des bois qui la couvraient d’un impénétrable rideau. Impossible de trouver un site plus solitaire et plus propre à la contemplation.
Déjà l’abbaye possédait dans ces parages un ensemble de propriétés dont le noyau primitif fut le domaine de Wagon de Douai. On y avait établi une cour ou exploitation rurale, qui, par suite de nouvelles accessions en 1245, 1246 et 1248 l, prit de plus en plus d’importance.
Le chapitre d’Arras jouissait à Flines du droit de percevoir la dîme et de nommer à la cure ; un chapelain de ce même chapitre avait sur la paroisse de Raches des droits analogues. Afin d’écarter toute cause de conflit, on conclut, au mois d’octobre 1251, un accord qui, en affranchissant de la dîme le territoire où devait s’élever le monastère, stipulait un dédommagement que la comtesse se chargea de fournir et que le chapitre répartit entre les intéressés. Aux termes de cette convention, les terres que l’abbaye possède où qu’elle pourra dans la suite acquérir sur le territoire des deux paroisses, continueront comme par le passé d’acquitter la dîme, l’exemption ne devant s’appliquer qu’à l’enclos de l’abbaye, dans ses limites alors déterminées, et au manse de la mer, contigu à cet enclos. Les paroissiens de Flines et de Raches qui voudront