Cartulaire, p
publiée par Saint-Génois (Monuments anc., t. i, p. 46), on lisait en langue française les inscriptions qui suivent :
Chy-gist Marguerite , femme monsieur Therry de Bevere et fille de monsieur de Brienne. Priez pour s'ame.
Chy-gist noble dame Marguerite, fille du comte de Brienne , épouse de Thierry de Bevere , extraite des rois de Chypre.
9. — Dans la chapelle de saint André, derrière le maître-autel, reposait un chevalier portant les armes de Flandre et entouré de sept personnages : trois rois, deux comtes et deux femmes, d’après une note indicative d’Antoine de Succa, qui a donné en petit un spécimen de chaque sorte. (PI. X, nos 1, 2, 3, 4.)
Il ne paraît point que l’on puisse ajouter foi à cette inscription relativement moderne, écho d’une tradition incertaine ou de conjectures très hasardées :
Chy-gist noble et illustre prince Guillaume de Dampierre, frère de Ghuy , comte de Flandres, gui trespassa le 6me de mai, l'an mil deux cent cinquante et un.
Guillaume, fils aîné de Marguerite, fut inhumé à Marquette, où l’on voyait encore, à l’époque de la Révolution, son tombeau et son épitaphe. Plusieurs faits viennent corroborer le témoignage de la tradition de Marquette et du monument dans lequel cette tradition avait pi’is corps. La veuve de Guillaume fonda dans ce monastère une chapellenie pour le repos de l’âme de son époux1 ; elle-même voulut y être inhumée, sans que l’on puisse attribuer à cette résolution d’autre motif que le désir de reposer à côté de celui qu’elle pleurait depuis de longues années. Par contre, nous trouvons à Flines une chapellenie fondée pour le -repos de l’âme de Guillaume, époux de Marguerite, et père du précédent2. Ce fait, rapproché des indications ci-dessus, paraît démontrer que, conformément à l’opinion de Meyer3 et de Buzelin4 5, c’est bien le père et non le fils du même nom qui fut inhumé à Flines. Contre cette opinion, il existe une difficulté, celle que fait valoir Gramaye s et qui, sans doute aussi, a inspiré l’auteur de l'épitaphe moderne que j’ai citée ci-dessus. C’est que Guillaume le père était mort, non en 1241, comme le disent plusieurs auteurs, mais en 1232, non seulement avant la translation de l’abbaye à Flines, mais avant sa première fondation près d’Orchies. Comment a-t-il pu être inhumé dans un monastère qui n’existait pas encore ?
Cette objection est assez spécieuse : elle ne détruit pas néanmoins nos raisons apportées. Il est probable que Marguerite fit inhumer le corps de son époux à Orchies, lieu ordinaire de sa résidence : peut-être conçut- elle dès lors le projet de fonder une abbaye près de cette ville, pour servir de sépulture à celui qu’elle venait de perdre, à elle-même et à sa famille. Ce plan, elle le réalisa bientôt, puisqu’en 1234 l’abbaye existait déjà. Il est tout simple que par la suite, en transférant son abbaye à Flines, elle ait fait transporter aussi le corps de son défunt époux.