Ibid., p. 122 (février
dont une partie notable appartenait à notre monastère en vertu d’une donation précédente. Gui de Dampierre, héritier du comté de Flandre et dès lors associé au gouvernement, confirma cet acte en y souscrivant. Sans compter les bienfaits dont il est lui-même l’auteur, ce prince eut le mérite de s’associer à ceux de sa mère par le consentement qu’il y donna ; aussi les religieuses de Flines ont joint dans leur souvenir reconnaissant les noms de Marguerite et de Gui, et attribué à l’un comme à l’autre le titre de fondateur.
L’échange dont nous venons de parler se fit avec l’approbation de l’abbé de Clairvaux, qui se trouvait alors à Flines, où peut-être il s’était rendu spécialement pour cette circonstance. Au nom de l’ordre et en vertu de ses pouvoirs comme père immédiat du monastère, il ratifia par ses lettres en bonne forme les arrangements conclus avec la comtesse L Déjà l’autorité du Siège apostolique était intervenue, non pour approuver la translation ou l’échange d’immeubles qui en fut la conséquence, — l’intervention du chef de l’Eglise n’était pas requise alors dans les affaires de ce genre, — mais pour assurer à nos religieuses dans le diocèse d’Arras les privilèges qu’elles avaient jadis obtenus dans celui de Tournai et dont on aurait pu, avec fondement peut-être, leur contester la jouissance 1 2.
L’emplacement choisi pour le nouveau monastère étant très marécageux, il fallut songer aux moyens de l’assainir et de le rendre propre à la culture. Dans ce but, Ode de Maigny acheta le droit de creuser, en le prolongeant sur les terres de l’abbaye de Marchiennes, un canal de vingt pieds de large et deux fossés plus étroits de chaque côté de ce canal, afin de recueillir les eaux de la plaine et de les déverser plus loin dans la Scarpe. La convention, ratifiée par l’évêque d’Arras et par l’abbé de Clairvaux, réglait minutieusement les droits de seigneurie et de propriété cédés à l’abbaye de Flines sur une partie de ces canaux : le reste, une fois achevé à ses dépens, devait appartenir à l’abbaye de Marchiennes, à condition qu’elle se chargerait de l’entretien3. Vers la fin du XIIIe siècle, quelques