Cartulaire, p
3. Ibid., pp. 124 (20 mars 1259), 490 (1259) et 941 (5 novembre 1259).
hâte d’abdiquer aussitôt l’un et l’autre, heureuse de reprendre son rang au milieu de ses sœurs et de n’avoir plus la responsabilité de la conduite des âmes. Dans la suite, elle ne paraît que comme simple religieuse et avec cette qualification expresse; plusieurs fois même l’abbesse alors en charge figure à côté d’elle ou avant elle h De ces données il faut conclure que la princesse Marie, malgré sa répugnance pour les honneurs, se vit obligée un moment de courber la tête sous le joug. Au bout d’une année environ, elle parvint à se dégager : non seulement avec la charge elle déposa le titre et la prérogative honorifique, mais encore elle obtint que son nom ne figurât pas dans la série des prélates de Flines. Les monuments du monastère, en effet, ne la comptent point au nombre des abbesses, et son nom est absent de toutes les listes dressées sur ces documents.
Il est possible que, pendant sa courte administration, Marie n’ait pas reçu la bénédiction abbatiale. Cette circonstance, jointe à l’expression d’un désir que l’on crut devoir respecter, expliquerait une omission évidemment intentionnelle, puisque les fastes de notre monastère se sont conservés sans lacune, et que l’hypothèse d’un oubli involontaire ne peut pas même être posée à propos d’une personnalité aussi éclatante.
Cependant, tout n’était pas fini. Marguerite, qui jusqu’alors avait prêté à sa fille l’appui efficace de son intercession, était dans un âge très avancé : elle pouvait disparaître d’un moment à l’autre, et alois, les obsessions n’allaient-elles pas recommencer, plus puissantes que jamais ? Une dernière fois, sur la prière instante de Marie, la vieille comtesse s’adressa aux abbés réunis en chapitre général : elle demanda comme une consolation suprême l’assurance que sa chère fille ne serait point tirée du monastère de Flines pour être transférée dans un autre, ni chargée malgré elle du poids de l’autorité. Ce vœu d’une mère chrétienne fut exaucé par le chapitre général de 1279 1 2, et Marguerite, quelques mois plus tard, put descendre en paix dans la tombe.
Ainsi, pendant tout le cours de son existence, notre humble et pieuse princesse lutta contre les honneurs qui s’obstinaient à la poursuivre. Pendant soixante années qu’elle passa comme