‹ Histoire de l'abbaye de FlinesChapitre 37 sur 264 · Thés. nov. Anecd., t. iv, col · texte numérisé non relu

Thés. nov. Anecd., t. iv, col

religieuse à Flines, elle mit tout son bonheur à obéir, pratiquant avec l’exactitude la plus parfaite les devoirs de son état, entourée de l’affection, de l’estime et de la vénération de ses consœurs. Après la mort de sa mère, qui lui confia en partie l’exécution de ses dernières volontés l 2, Marie dut souvent s’occuper des affaires temporelles du monastère 3 : on aimait à mettre à profit sa sagesse, son expérience et le crédit que lui donnait sa haute naissance. Elle vécut à l’abbaye sous cinq abbesses dont la dernière, Jeanne d’Avesnes, était sa nièce. Ce fut elle qui lui ferma les yeux. Les temps étaient alors bien mauvais. Avant de passer au lieu de l’éternel repos, Marie eut la douleur de voir son monastère dévasté et souillé par une infâme soldatesque ; son frère, le comte Gui, deux de ses neveux et la fleur de la noblesse flamande captifs de Philippe le Bel, tout le pays plongé dans la désolation et la ruine, sans compter les malheurs que faisait présager encore la marche des événements. « Qu'eût fait la religieuse dame, dit Martin Lhermite 3, sinon aspirer aux embrassements de son espoux céleste, qui lui avoit osté l’amour du monde dès son tendre âge? Sa bonté rare la faisoit ennuyer du séjour des hommes si meschans ; elle se mesloit desjà parmy les chœurs des anges, se consumant lentement en dévotion comme l’encens dans le feu, et parfumant l’abbaye avec les douces exhalaisons de ses beaux exemples. Ainsi, prenant congé de ses sœurs et de ses filles pour aller jouir de la compagnie des âmes bienheureuses, après avoir receu tous les saints sacrements, elle rendit son esprit à son créateur à la fin de l’année 1302. »

« Marie très généreuse, s’écrie le même auteur dans son naïf enthousiasme 4, digne fille de Marguerite, humblement souveraine, honneur du monastère de l’Honneur de la Vierge, joyau très excellent des abbesses pieuses, dont les grâces célestes ont surpassé nature ; hostie vive et sans tache vouée à cet autel que la mère consacre en parfait holocauste, dévote dans les charmes des grandeurs temporelles, âme toute divine, dont la foy d’un sein large aspire à l’éternité, l’espérance 1 embrasse, l’amour pur et ardent la rend un sanctuaire à la Trinité sainte. »

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