Généalogies nobiliaires , t. vi, folios 229 et
7. En 1307, Jean de Beveren était démissionnaire de son siège et possesseur de la seigneurie de Beveren, que lui contestait la duchesse de Lorraine, sa sœur. Les archives de la Chambre des Comptes à Lille contiennent plusieurs pièces relatives à ces contestations (12 novembre 1307, 16 janvier 1308-1309, 4 mai 1309). Il faut croire qu’elles tournèrent à l'avantage de l’ancien évêque de Potenza,
au couvent de Saint-Paul, où l'on voyait encore sa sépulture à la fin du dernier siècle avec une épitaphe qui célébrait ses vertus * 1.
Se voyant libre, Marguerite, dont les enfants étaient tous ou presque tous parvenus à l’âge adulte, résolut de quitter le monde pour se renfermer dans une retraite sanctifiée par la prière et parla pénitence 2. Elle prit le voile à Flines. Ouvrière de la onzième heure, elle ne tarda pas à rejoindre et à dépasser celles qui, depuis l’aube du jour, travaillaient dans le champ du père de famille. Aussi ses vertus laissèrent à l’abbaye un longetprécieux souvenir, dont plus tard le Ménologe de Cîteaux a recueilli l’expression.
Après sa mort, arrivée en 1275, on lui éleva dans l’église de l’abbaye un riche mausolée sur lequel on inscrivit l’épitaphe suivante :
Hic Magarita clemens, discreta, quieta,
Bevrensis domina, de Cypri regibus orta.
Optima, catholica, bona, relligionis arnica,
Mutans carnalem, mutans in spiritualem,
Se docuit talem, cum se dédit in monialem,
Anno milleno bis centum septuageno
Quinto sic numerum complens moriendo dierum.
Christus solamen sit ei, pia Virgo levamen !
Ici repose la douce, la discrète, la sage Marguerite, dame de Beveren, issue des rois de Chypre. Vivement attachée aux sentiments et aux pratiques de la foi , elle dépouilla l'homme charnel pour revêtir l’homme spirituel. Ses vertus brillèrent surtout dans le cloître, où sous l’habit religieux elle acheva, en l’année douze cent soixante-quinze, le nombre de ses jours. Que près du Christ et de la Vierge miséricordieuse elle trouve paix et consolation !
car, le 2 octobre 1312, il vendit au fils du comte de Flandre, Louis, comte de Nevers et de Réthel, le domaine qui lui était auparavant disputé. (8* Cartulaire de Flandre, n” 162). 11 existe un autre acte du 5 août 1313 (orig. à la Chambre des Comptes) par lequel l’acquéreur s’engage envers Jean de Beveren à remplir les conditions du marché.
1. Sanderus, Flcindria illustrata (lrB éd. ), t. u, p. 645. D’Oultreman, Histoire de la ville et comté de Valentiennes, p. 454. Ce dernier réfute très bien une fable dont Simon Le Boucq s’est fait l’écho dans son Histoire ecclésiastique de la ville et comté de Valentiennes (pp. 82 et suiv.), et d’après laquelle Huqo de Bcvema serait un prince d’Ecosse, seigneur de Bevernay.
2. D'après le P. Anselme (loc. cit.)< Marguerite de Brienne, devenue veuve, aurait épousé Adenet de Nike (?). La date de son veuvage, établie ci-dessus par les documents, et son entrée à l’abbaye de Flines, où elle mourut religieuse deux ou trois ans après, excluent presque nécessairement une seconde union, quelque courte qu’on la suppose.
Planche III
Sceaux de :
1. Marie de Dampierre, fille de Marguerite de Constantinople.