‹ Histoire de l'abbaye de FlinesChapitre 5 sur 264 · Chronicon Cisterciense, pp · texte numérisé non relu

Chronicon Cisterciense, pp

L’extrême rigueur de la vie cistercienne éloigna quelque temps le sexe faible : il semblait qu’une existence aussi austère et presque surhumaine dépassât la mesure de ses forces. Mais ensuite la ferveur de l’esprit triomphant de la faiblesse du corps, on vit de saintes vierges revêtir l’habit de Citeaux et embrasser ses observances. Le premier monastère qui s’ouvrit pour elles fut celui de Tart, près Dijon. Fondé en 1125, il était vers la fin du siècle le chef-lieu d'une sorte de congrégation ; dix-huit abbesses s’y réunissaient chaque année en chapitre général L Quant à l'abbaye de Julley, où sainte Humbeline prit le voile, et où s’étaient retirées avant elle les épouses de plusieurs compagnons de saint Bernard, il est certain qu’elle n’a jamais suivi l’institut cistercien, et que, jusqu’à sa destruction au XVIe siècle, elle est restée sous la dépendance de Molesme 1 2.

C’est vers le milieu du XIIIe siècle surtout que les religieuses cisterciennes ou bernardines se multiplièrent. Le relâchement s’était glissé partout; les anciens monastères n’offraient plus un sûr asile aux personnes qui fuyaient les orages du monde. Pendant quelque temps, l’ordre de Prémontré répondit aux besoins des âmes contemplatives, mais bientôt cette voie leur fut fermée. Les supérieurs, trouvant que la direction des religieuses les éloignait trop du but de leur institut, n’acceptèrent plus aucune fondation de ce genre. Alors le courant se porta, vif et impétueux, du côté de Citeaux. Les monastères de bernardines se multipliaient d'une façon merveilleuse ; de toutes parts s’élevaient de nouveaux cloîtres, qui se peuplaient comme par enchantement . « Les vierges s’y pressaient en foule, dit un auteur du temps ; les veuves y accouraient, et les femmes mariées, du consentement de leurs époux, renonçaient aux liens de la chair pour voler à des noces spirituelles. Des religieuses, quittant leur monastère et leur habit, cherchaient avec empressement l’avantage d’une vie plus parfaite et d’une voie plus austère. Des dames nobles et puissantes dans le siècle, abandonnant les possessions terrestres et les vastes domaines,

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