‹ Histoire de l'abbaye de FlinesChapitre 55 sur 264 · Cartulaire, pp. 372-377 (24 avril · texte numérisé non relu

Cartulaire, pp. 372-377 (24 avril

2. Dampna quamplurima et deperdita sustinuerunt dicte domine mee, et necessario sustinere et incurrere habuerunt êt passe fuerunt occasione et ratione dicte guerre, et injurias, opprobria et dedecus passe fuerunt et sustinuerunt tam in propriis corporibus earum, quam in bonis earum ecclesiasticis, tam ab exercitu domini Régis ibidem existente et moram faciente, quam ab inimicis dicti domini Regis sibi illata et facta, tam in propriis personis earum et in earum monasterio, quam in bonis earum ecclesiasticis penitus destructis, devastatis et consumptis, de quibus quidein dampnis et deperditis, injuriis et molestiis, ut dictum est, sibi illatis, dictus dominus Rex nullam restitutionem fecit eisdem, nec abus, licet super hiis dictus dominus Rex fuisset pluries requisitus. (Cartulaire, pp. 374, 375.)

longue. Abandonné de ses alliés, trahi par les siens, le vieux comte, sous la foi de promesses fallacieuses, se remit entre les mains du Roi, avec ses deux fils, Robert et Guillaume, et ses principaux chevaliers. Au mépris des engagements pris par son frère, Philippe les retint dans une étroite captivité.

La Flandre était abattue, mais non réduite. Les populations pouvaient se soulever d’un moment à l’autre. Le Roi de France jugea nécessaire de bâtir à Lille un château fort pour maintenir dans la soumission cette grande ville et tout le pays environnant. Cette forteresse, appelée le château de Courtrai, s’éleva près de la porte de ce nom, sur les terres de l’abbaye de Flines (1301).

Il faut reconnaître que Philippe ne les prit point sans indemnité L Ajoutons qu’annulant la fondation d’un anniversaire faite par le comte Gui en faveur de sa fille Jeanne, récemment décédée à Flines, le Roi laissa la même rente à charge d’un service religieux pour le repos de l’âme de sa femme et de celles de ses ancêtres. L’anniversaire de Jeanne de Flandre ne continua pas moins d’être célébré 1 2.

Sans doute la protection du comte de Hainaut, frère de l’abbesse Jeanne et allié de Philippe contre sa propre famille, ne fut point étrangère à ces bons procédés. Peut-être lui doiton encore les lettres de sauvegarde dont voici le texte 3 :

« Philippe, par la grâce de Dieu, roi des Français, savoir faisons à tous présents et à venir que nous, entourant d’une faveur bienveillante les religieuses dames abbesse et couvent de Flines, de l’ordre de Cîteaux, principalement à cause du zèle qu’elles déploient dans les observances monastiques et les œuvres de piété, nous avons pris ledit monastère, tant dans son chef que dans ses membres, et tout ce qui lui appartient, sous notre protection et celle des rois nos successeurs, et sous notre sauvegarde spéciale. Et afin que ceci soit à jamais stable et assuré, nous avons fait apposer aux présentes lettres notre sceau, en réservant pour le reste notre droit, et en toutes choses celui d’autrui.

« Donné à Paris, en l’an de Notre-Seigneur 1302, au mois de février. »

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