Ibid., p
Ni ces lettres du Roi, ni la défense que fit Gaucher de Châtillon, connétable de France, de causer du dommage aux personnes et aux biens du monastère l, ne purent lui épargner de nouvelles épreuves.
La guerre s’était rallumée avec fureur. Le massacre des Français, connu sous le nom de Matines de Bruges, et la bataille de Groeninghe ou journée des Eperons d’or, marquent un retour signalé de la fortune vers la cause flamande.
Furieux, Philippe le Bel réunit le ban et l’arrière-ban de ses milices, et marche en personne à la tête de l’armée la plus nombreuse que l’on eût vue de longtemps. Deux fois il s’avance, en 1302 jusqu’à Vitry, en 1303 jusqu’à Péronne, et deux fois il se retire sans avoir combattu. En 1302, l’armée flamande séjourna pendant quelques temps à Flines 2, sans qu’il en soit résulté, à ce qu’il semble, aucun dommage spécial pour l’abbaye.
L’année suivante, on conclut une trêve dont la clause principale était la mise en liberté provisoire du comte Gui, qui retournerait en Flandre pour préparer les voies à une paix définitive.
Philippe, cette fois encore, ne voulait que gagner du temps. La reprise des hostilités s’annonçant comme imminente, le vieux comte, avant de rentrer dans sa prison de Compiègne, dicta ses dernières dispositions 3. Imitant la piété de sa mère, il fit des legs nombreux aux maisons religieuses, sans oublier l’abbaye de Flines, où il avait, par un acte antérieur, fondé une chapellenie avec obligation de célébrer chaque jour le saint sacrifice pour le repos de son âme.
A l’expiration de la trêve, Philippe le Bel, pour la cinquième fois, envahit la Flandre. Un nouveau et terrible choc était imminent. La rencontre eut lieu dans les champs de Mons-en- Pévèle. Deux jours avant la bataille, pendant que l’on était à parlementer et que, du côté des Flamands du moins, on espérait encore éviter l'effusion du sang, une troupe de soldats armés à la légère, espèce d’enfants perdus que l’on appelait bidaus, se