Ibid., pp
obit à Flirtes, ce qui prouve de sa part une bonne foi réelle, et des sentiments généreux F
En donnant les rentes et pêcheries du marais de Bonnance, à Templeuve, Gérard de Landas, seigneur d’Esnes, stipula un droit de retour en faveur de ses héritiers, qui pouvaient, moyennant une somme de 180 livres de Flandre, rentrer en possession de ce domaine 1 2. Nos religieuses en jouirent sans contestation pendant de longues années. En 1310, le suzerain dont ce üef était tenu, Gilles d’Aigremont, attaqua cette possession, et fît ajourner en sa cour tous ceux qui croiraient avoir des droits sur les marais de Bonnance. Il ne fut pas difficile aux dames de Flines d’établir les leurs, qui furent déclarés incontestables 3.
A son tour la communauté voulut constater authentiquement ses droits vis-à-vis des héritiers directs du donateur, qui étaient Marie de Landas et Anselme de Brimeux, son époux. Cités à une enquête qui se tint en l’église des frères-prêcheurs à Douai, ceux-ci renoncèrent à toute opposition et ne comparurent ni en personne, ni par procureur 4.
A partir de l'année 1300, les donations deviennent moins nombreuses et surtout moins importantes. Il n’était pas désirable qu’elles continuassent sur le même pied. Sans doute les religieuses eussent employé en aumônes l’excédent de leurs recettes, mais en pareille matière l’illusion est si facile qu’il vaut mieux ne pas en courir le risque. L’excès des richesses est le fléau des cloîtres.
L’extrême pauvreté n’offre guère moins d’inconvénients : on voit pendant le moyen âge plus d’un monastère succomber à cause du défaut de ressources, ou, ce qui n’est pas moins lamentable, être obligé de se départir des conditions les plus essentielles de la vie régulière, soit en renvoyant les religieuses dans leurs familles, soit en les faisant quêter au dehors.
1. Cartulaire, p. 535 (juillet 1323). — En 1331, de nouvelles difficultés s’élevèrent au sujet d’une rente de dix-huit livres donnée jadis par Jean d’Aubry, chanoine de Soignies et oncle de Marie. V. Cartulaire, pp. 550 et 565.
2. Cartulaire , p. 130 (janvier 1260). La donation fut approuvée par Anselme d’Aigremont en qualité de suzerain, en juillet 1277. (Ibid., p. 219.)