Cartulaire, p
4. Ibid., pp. 513, 514. — Les rentes du marais de Bonnance furent rachetées en 1350. Ibid., p. 461.
L’abbaye de Flines elle-même eut à traverser plusieurs crises déterminées par les guerres et les calamités publiques, sans néanmoins être obligée d’avoir recours aux remèdes extrêmes que je viens d’indiquer. Il semblerait que l’abondance des ressources, dans un monastère aussi richement doté, dût rendre impossible des crises semblables. Pour les comprendre, il faut se rappeler que le revenu des terres, sous le régime paternel de la propriété monastique, n’était pas ce qu’il est généralement de nos jours, et qu’en outre de fréquentes guerres produisaient dans les campagnes de terribles ravages.
Au XIVe siècle, les donations ont presque toutes une destination spéciale. Une foule de personnes, nobles, bourgeois, paysans, ecclésiastiques ou religieuses, donnent quelque modique rente « pour faire pitance au couvent le jour de leur obit, » c’est-à-dire le jour anniversaire de leur mort.
Au siècle précédent déjà, cet usage était assez répandu. On ne fondait point un anniversaire sans donner de quoi fournir une pitance à la communauté, c’est-à-dire quelque adoucissement au régime austère de tous les jours, un plat de poisson, par exemple, car on ne mangeait pas de viande alors dans les abbayes cisterciennes, et le poisson lui-même était du luxe. Parfois on ajoutait un peu de vin h Les innombrables legs contenus dans le testament de la comtesse Marguerite sont presque tous de cette nature ; on en trouve aussi beaucoup dans les testaments de Mahaut de Béthune et de Blanche de Sicile 1 2. En 1280, Isabeau Delecourt, fondant à l’abbaye de Flines son anniversaire et celui de Baudouin son époux, veut qu’à chacun de ces anniversaires cent sols soient distribués en pitance au couvent 3. En 1292, Guillaume de Hainaut, évêque de Cambrai, établit une disposition analogue pour le jour où l’on célébrera son anniversaire et celui de l’évêque de Liège, son cousin 4.
Ce ne sont là que des exemples choisis entre plusieurs, car les fondations de ce genre étaient assez nombreuses, au commencement du XIVe siècle, pour réclamer une section spéciale