Ibid., pp
l’acquitter en argent d’après la prisée faite à la Saint-Remi pour les rentes du comte, comme cela s’était pratiqué jusqu’alors.
Trois années se passèrent pendant lesquelles on ne paya ni les tailles ni les rentes. Enfin les religieuses obtinrent de Philippe le Bon, duc de Bourgogne et comte de Flandre, des lettres de mandement qui obligeaient les tenanciers de Barœul à quitter ce système d’abstention par trop commode. Ceux-ci crurent s’en tirer par les ressources de la chicane . Devant la gouvernance de Lille, ils s’opposèrent à l’entérinement des lettres du duc, prétendant qu’elles étaient subreptices et obreptices,et déclinant au surplus la compétence de ce tribunal souverain. D’après eux, les Dames de Flines ayant la justice vicomtière en leur terre de Barœul, une action réelle concernant leurs droits seigneuriaux devait être vidée devant leur propre cour, et ne pouvait être portée ailleurs.
Cette prétention est formulée plus d’une fois dans le cours de cette interminable procédure. En effet les tenanciers de Barœul avaient tout intérêt à ne relever que de la justice seigneuriale, car la justice seigneuriale c’était eux. Être juges dans leur propre cause, cela devait leur paraître extrêmement avantageux : les Dames, on le conçoit, n’étaient pas du même avis ; elles préféraient un tribunal plus désintéressé.
Par sentence rendue à la gouvernance, le 3 novembre 1429, les tenanciers de Barœul furent déboutés de leurs prétentions et condamnés avec dépens à solder leurs rentes ainsi que les arrérages *. Le conseil suprême de Gand confirma cette sentence le 30 octobre 1431 1 2.
Bientôt l’affaire entre dans une autre phase. Les tenanciers prétendent n’être tenus à payer en double, comme droit de relief, que les vingt-trois deniers qui, selon leur système, constituent seuls la rente seigneuriale. Le reste, toujours d’après eux, est une rente foncière qui ne donne pas ouverture au droit de relief. Ils ajoutent que la rente en blé, exigible en argent, aux termes de la sentence de 1429, ne doit pas être réglée par la prisée de la Saint-Remi, mais par celle de la Saint-André, époque du paiement. Les tenanciers succombèrent