Ibid., p
encore une fois sur tous les points devant la gouvernance 1 et devant le parlement de Paris, où la cause fut portée en appel 2.
Néanmoins, le procès recommence sous une autre forme, et il se poursuit pendant neuf ans encore, avec des pliases et des alternatives diverses. Les tenanciers de Barœul en sont revenus à leur prétention de payer « en espèce de blé, et, ajoutent-ils, non point si bon que fourment. » Deux fois même ils obtiennent une sentence favorable, bientôt annulée par des sentences contraires. L’exemple des opposants est devenu contagieux. Quarante ou cinquante tenanciers non compris au procès refusent à leur tour de payer la rente, soit en argent, soit en nature, sous prétexte que la cause est pendante au parlement. Les arrérages s’accumulent d’année en année ; enfin, pour mettre fin à une stagnation des revenus qui menace d’en tarir la source de ce côté, on est obligé de recourir aux moyens extrêmes.
Les sergents sont mis en campagne ; les récoltes, saisies sur pied, sont placées sous le séquestre, et la vente est annoncée pour « le dimence ensuivant, second jour d’aoust, à heure de la cloche du vespre, à ung poche de candeille alumée, en la ville de Lille, en l’ostel de Germain Picavet, clerc de la gouvernance. » Le jour et l’heure étant venus, au moment où l’on pense procéder à l’adjudication, un appel arrête tout 3 : les rusés paysans, conseillés sans aucun doute par des hommes de loi, excellaient à entraver et à dérouter par de savantes manœuvres l’action de la justice.
Enfin, lasses des innombrables détours d’une procédure qui menaçait de s’éterniser, les dames de Flines consentirent à une transaction dont les échevins de Lille, choisis pour arbitres, déterminèrent les clauses.
Il fut convenu que la rente de trois rasières de froment par bonnier serait acquittée en argent, avec une remise de huit deniers par rasière, et que le paiement se ferait d’après la prisée faite à Lille le mercredi qui précéderait ou qui suivrait la Saint-André, au choix des religieuses ou de leur receveur. Les rentes en deniers et en chapons seraient payées à Noël, d’après la prisée du seigneur.