‹ Histoire de l'abbaye de FlinesChapitre 8 sur 264 · Edward Le Glay, op. cit., p. 165 et suiv · texte numérisé non relu

Edward Le Glay, op. cit., p. 165 et suiv

2. Histoire du Hainaut, éditée par M. de Fortia d'Urban, t. xiv, p. 14. — Le passage qui contient les aventures de Bouchard d’Avesnes est aussi inséré dans le Recueil des historiens de France , t. xvm, p. 588 et suiv. C’est le récit le plus complet de cet étrange roman, mais ce récit doit être rectifié et complété sur plusieurs points d'après les documents originaux. L'auteur, outre qu’il n’a pas toujours été bien renseigné, écrit sous l'influence de passions locales. Aussi ne faut-il pas accepter sans contrôle toutes ses assertions, beaucoup moins encore ses jugements sur Marguerite. V. Edward Le GUay, op. cil., pp. 200-203.

« qu’elle vécut longtemps avec ses femmes, en toute piété et soumission, et passa doucement les jours que Dieu lui accordait, dans la dévotion, l’humilité, la chasteté, la sobriété, et dans la pratique de toutes les vertus, selon le devoir d’une fille bonne, tempérante, sage et courageuse L »

Si l’on ajoute à cela que Marguerite était ornée de tous les agréments de la nature, on comprendra comment cette princesse fit naître de bonne heure et de divers côtés des aspirations et des espérances. Pour un motif ou pour un autre, aucun de ces partis ne fut jugé convenable. On craignait surtout les desseins de Philippe-Auguste. On ne voulait point donner à Marguerite un époux qui fût contre l’indépendance du pays l’instrument de la politique royale. Enfin, le nom de Bouchard fut mis en avant.

Celui-ci savait dans le fond de son cœur qu’un obstacle infranchissable s’opposait à cette union et d’avance la frappait de nullité. C’est que jadis, à Orléans, il avait reçu en secret l’ordre du sous-diaconat. Oubliant ce qu’il devait à Dieu et aux hommes, le sire d’Avesnes eut le triste courage de tromper cette jeune fille, cette enfant qui venait à lui naïve et pure, cette pupille confiée à son honneur. Les cérémonies nuptiales furent célébrées avec grande pompe, au château du Quesnoy, en présence d’une foule de seigneurs et de chevaliei’s.

Ceci se passait en 1212. Deux ans ne s’étaient pas encore écoulés quand des bruits accusateurs commencent à circuler sourdement, puis, prenant plus de consistance, parviennent jusqu’aux oreilles de la comtesse Jeanne : le mystère d’iniquité était découvert.

Bouchard, déjà si coupable, ne recule pas devant un autre excès. Il prend la fuite, emmenant la princesse, et il la tient pendant six ans séquestrée dans une retraite inaccessible au pouvoir de sa sœur. C’était le château d’Houffalize, sur la Meuse. En vain le Siège apostolique fit entendre ses avertissements et ses menaces ; en vain il fulmina les plus terribles anathèmes 1 2 : le sous-diacre apostat persévérait dans son crime

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