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Jacques de Guise, t. xiv, p

2. Bulles d'innocent III, 20 fèv. 1214 (Rec. des hist. de France , t. xix, p. 591), et 19 janv. 1216 ( ibid ., p. 600). — Bulles d'Honorius III, 17 juil. 1217, dans J. de Guise, t. xvi, p. 183, et 17 nov. 1221 (Rec. des hist. de Fr., t. xix, p. 716).

et dans sa rébellion. Il prit même les armes, en 1219 i, pour forcer la comtesse Jeanne à payer la dot de sa sœur.

Un juste châtiment l’attendait en cette rencontre. Il fut vaincu, blessé grièvement et fait prisonnier. Bientôt délivré, grâce aux supplications de Marguerite, Bouchard se rendit à Rome, où il obtint, non pas une dispense pour valider son mariage, — ceci fut refusé à ses instances, — mais l’absolution de son crime et des censures qu’il avait encourues. Le malheureux prolongea pendant vingt ans et plus, en son château d’Etrœungt, une existence désormais brisée 2.

Deux enfants, Jean et Baudouin d’Avesnes, étaient issus de son fatal mariage. Disons de suite qu’en 1249 ils furent déclarés légitimes par les délégués du Saint-Siège, à la suite d’une enquête où il fut démontré que ce mariage avait été contracté dans les formes voulues, avec la plus parfaite bonne foi du côté de Marguerite, et que longtemps il avait passé pour légitime. La naissance de Jean et de Baudouin, survenue pendant cette période, n’était donc entachée d’aucun vice 3 4.

Revenons à l’année 1221, où la rupture de Marguerite avec Bouchard passa, comme on dirait de nos jours, à l’état de fait accompli h La victime de cette funeste aventure se retira quelque temps dans la solitude. En 1223, à l’instigation de Philippe-Auguste, son oncle, elle épousa Guillaume de Dampierre, fils de Gui II de Dampierre et de Mathilde, héritière de Bourbon 5. De ce mariage naquirent trois fils et deux filles.

1. Chron. anonym. Landun. (Dans le Rcc. des hist. de Fr., t. xvm, p. 720).

3. Il vivait encore en 1242, comme le prouve un acte publié dans le Cartulaire de Namur et du Hainaut (Bruxelles, 1844, p. 342).

3. Le procès-verbal de cette enquête a été publié par M. Ivervyn de Lettenhove, Histoire de Flandre , t. n, pp. 540-558. La sentence des délégués du Saint-Siège se trouve dans Miræus, Opéra diplomatica , t. i, p. 205.

4. Cette date, qui semble résulter du récit de Philippe Mousket, Chronique rimée, v. 23285-23292, est aussi la seule qui s’accorde avec la suite des événements.

5. Bulles d’Honorius III, 15 nov. 1223 et 25 mai 1226 (Rec. des hist. de Fr., t. xix, pp. 738, 775). On découvrit à ce mariage un empêchement de consanguinité au quatrième degré dont le pape Grégoire IX accorda dispense en mai 1230, à condition que les époux, au prochain départ général pour la terre sainte, enverraient à leurs frais huit hommes d'armes. (Vredius, Geneal. Comit. Flandriæ, part, n, pp. 3 et 4.) Quelques historiens ont reproché à Marguerite l’abandon de Bouchard. M. ICervyn de Lettenhove (Histoire de Flandre, t. ii, p. 229) va même jusqu’à voir dans le mariage de cette princesse avec Guillaume de Dampierre une violation de la foi promise au pied des autels du Quesnoy. Il faut un étrange oubli des plus simples notions sur la matière pour ne pas se rappeler qu'un tel mariage était radicalement nul, et que, la nullité une fois

En 1232, Marguerite se trouva veuve encore une fois par la mort de Guillaume *, et désormais elle ne contracta plus de nouveaux liens.

Le lieu ordinaire de sa résidence, à cette époque et pendant son veuvage, était la ville d'Orchies, au centre de son domaine de Pévèle. Non contente 'de donner à cette ville une constitution municipale analogue à celle que la comtesse sa sœur venait d’octroyer à Lille, Marguerite y introduisit la fabrication des draps, et par là fit affluer la population et la richesse, de sorte que, sous elle, Orchies se vit porté au plus haut degré de splendeur * 1 2 3. A ces bienfaits s’ajoutèrent d’importantes fondations, fruit de la pieuse générosité de cette princesse.

Déjà en 1227, Marguerite et son époux avaient fondé une abbaye’de bernardines à Saint-Dizier 3, dans leurs possessions de Champagne. Devenue veuve, Marguerite voulut en établir une autre dans son domaine de Pévèle. Près d’Orchies, le long du ruisseau de l’Orque 4, s’élevèrent par son ordre les constructions destinées à recevoir l’essaim virginal. On donna au nouveau monastère le nom de l’Honneur-Notre-Dame 5. Dans

reconnue, Marguerite devait déserter des liens sacrilèges. L'honneur et la religion lui en faisaient également une loi. On ne peut lui reprocher qu'une chose : c’est de ne pas avoir fait assez tôt son sacrifice, c'est d'avoir prolongé ses illusions et cédé aux entraînements de son cœur plutôt qu’à la voix de sa conscience.

1 . Presque tous les historiens placent en 1241 la mort de Guillaume de Dampierre. C'est une erreur manifeste, car il résulte de plusieurs chartes de Marguerite en faveur de l’abbaye de Flines, datées de mai et d’octobre 1234, que Guillaume était déjà mort à cette époque. (Cartulaire, pp. 6, 8, 9, 10.) La date véritable, 1232, est donnée par Philippe Mousket (v. 28165). C’est à tort que M. de Reiffenberg, le savant éditeur de la Chronique riniée, prétend rectifier dans une note l'assertion de son auteur.

2. Buzelin, Gallo-Flandria , p. 229 et suiv. — Gramaye, Antiquitates Flandrix (éd. de Louvain, 1708), p. 211 et suiv. Un incendie, qui dévora presque toutes les maisons d’Orchies, en 1414, porta un coup mortel au commerce de cette ville et par suite à sa prospérité.

3. Gallia Christiana, t. ix, col. 973, et Instrumenta, col. 178.

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