Ibid., p. 821 (.24 septembre
Les châtelains de Raches, plus rapprochés de l’abbaye, apportent dans leurs luttes avec elle une persistance et une âpreté particulières. Une difficulté n’est aplanie que pour en voir naître une autre ; souvent c’est la même qui revient ou qui est reprise en sous-œuvre, arrangée, compliquée de nouveaux détours. On s’amende, on reconnaît ses torts, on conclut des arrangements, et bientôt tout cela est oublié. On cherche mille chicanes, et l’on ne dédaigne pas à l’occasion l’emploi de la violence b
En 1459, les Dames de Flines firent curer, avec une dépense de plus de mille écus d’or, le canal qui mettait leur abbaye en communication avec la Scarpe. A peine ce travail était-il achevé, qu’une belle nuit le châtelain de Raches, Gilles de Saint-Simon, arrive à la tête d’une bande « de gens estranges do l’empire et bannis du royaume ». En quelques heures les terres sont rejetées dans le canal, les plantations existant sur les rives sont ruinées, et, pour que l’expédition soit complète, on enlève une certaine quantité de bois appartenant à l’abbaye.
Un arrêt du parlement vint tempérer les bouillantes ardeurs du châtelain de Raches 1 2. Toutefois, les questions pendantes, i'ésolues en partie seulement et par provision, alimentèrent encore le procès pendant plus d’un demi-siècle. Il n’y avait pas d’apparence que cela finît, car les ressources de la procédure étaient alors extraordinairement fécondes, et les Dames de Flines avaient affaire à une partie bien résolue à les épuiser toutes. L’abbesse Jeanne de Boubais parvint cependant, par sa douceur et par sa prudence, à conclure un accord qui pour un temps rétablit la paix et les bonnes relations de voisinage 3.
Ce n’est pas seulement avec les seigneurs laïques, mais aussi avec les abbayes et les chapitres que surgissaient des questions et des procès. Ici le plus souvent les dîmes y donnaient occasion.
L’abbaye de Flines possédait en commun avec le chapitre de Tournai les dîmes de Landas, de Nomain, d'Orchies ; avec ce même chapitre et l’abbaye de Baudeloo, la dîme de Saftinghem;
1. Cartulairc, pp. 301, 329, 331, 347, 364, 363, 371, 539, 554, 572, 626, 630, 635, 695, 823, 826, 828, 881, 883.