Ibid., p. 883 (2 mai
avec le chapitre de Tournai toujours et l’abbaye de Saint-Pierre de Gand, les dîmes de Caprycke, Lembeke, Oost-Eecloo, Bassevelde et Piète.
A Landas, l’abbaye de Flines et le chapitre de Tournai percevaient chacun le tiers de la dîme : le troisième tiers appartenait à deux laïques. En sus de leur part, les Dames de Flines recevaient un muid de grain à cause de la grange fournie par elles, et quelques autres menus droits pour l’obligation qui leur incombait de faire voiturer et battre le produit total de la dîme. C’est à propos de ces droits que les contestations surgirent vers 1250. Pour y mettre fin, on nomma trois arbitres, à savoir Thomas, bailli de Lille, Jean de Lens, chanoine de Tournai, et Willaume de Jabbeke, chanoine de Saint-Pierre de Lille '. L’un des arbitres étant mort avant que la sentence fût portée, on convint de s’en remettre à Wauthier de Croix, qui, de doyen de Tournai, était dans l’intervalle devenu évêque de la même église 1 2. C’était certes une preuve de bonne foi et de confiance mutuelles, que de remettre la décision du différend à l’une des parties. Les Dames de Flines n’eurent pas à se repentir de cette confiance. Wauthier de Croix leur concéda presque tout ce que le chapitre leur contestait, et il établit pour l’avenir sur les points litigieux des règles précises. Il déclara que la garde et le voiturage de la dîme appartenaient aux religieuses; qu’à ce titre elles devaient percevoir par préciput le dixième du produit total, ou la dîme de la dîme appelée clhnerons ; que de plus, pour la grange et le battage, elles auraient toute la paille et un muid de grain en sus de leur part. Seulement les batteurs désignés par elles, avant de commencer leur tâche, devaient le dimanche ou un jour de fête, dans l’église de Landas, à l'heure de la messe, jurer d’agir loyalement et fidèlement, et il n’était pas permis de leur donner un salaire plus élevé que le salaire usité pour les batteurs en grange à Landas et dans les villages voisins. Au lieu des résidus de l’aire et des gerbes déliées que l’usage attribuait auparavant aux religieuses, mais qui donnaient lieu à beaucoup de contestations, celles-ci obtinrent une redevance fixe d’une rasière de blé par chaque muid 3.