‹ Histoire de l'abbaye de FlinesChapitre 83 sur 264 · Ibid., p. 100 (décembre · texte numérisé non relu

Ibid., p. 100 (décembre

Un exemple encore des différends qui pouvaient surgir à propos de dîmes.

Au commencement de l’année 1469, l’abbé d’Anchin fit assigner l’abbesse et le couvent de Flines devant le doyen de Cambrai, conservateur des privilèges de son église, pour répondre au sujet du refus de payer la dîme sur une pièce de terre sise à Aucby. A leur tour, les Dames, se croyant exemptes, s’adressèrent à l’abbé, de Sainte-Geneviève de Paris, conservateur des privilèges de leur ordre. Celui-ci fit assigner devant sa cour le doyen de Cambrai, qui, sur l’intimation à lui faite, déclara cesser toute poursuite ; puis, le doyen de Saint-Géry, dans la même ville, qui reprit l’affaire en qualité de conservateur subdélégué des privilèges d’Anchin. Ce dernier certes ne manquait ni d’énergie, ni de décision, et ce n’est pas lui qu’on aurait fait reculer d’une ligne. Sans coup férir, il excommunie l’abbesse de Flines et son fermier Jacques Leleu, frappe de suspense tout le couvent, et jette l’interdit contre l’église. Ces actes étaient parfaitement nuis : lui-même dans la suite fut obligé de le reconnaître. Toutefois, par délicatesse de conscience et par soumission pour l’autorité du Saint-Siège, invoquée par le conservateur des privilèges d’Anchin, les Dames de Flines se soumirent à la sentence, que l’on prit soin de publier avec éclat et d’afficher en plusieurs lieux.

Arthur de Yaudetar, chanoine et chantre de Melun, juge délégué dans cette affaire par l’abbé de Sainte-Geneviève, ne se laissa pas intimider par l’excommunication également lancée contre lui : à son tour il déclara suspens a clivinis le doyen de Saint-Géry et l’abbé d’Anchin, en les menaçant des autres peines de droit s’ils n’amendaient leurs torts. La sentence fut affichée aux portes de la collégiale de Saint-Géry et de l’église abbatiale d’Anchin.

C’est alors qu’un projet d’arrangement fut proposé. Non seulement le doyen de Saint-Géry révoqua les censures portées précédemment, mais il reconnut qu’elles avaient été nulles dès l’origine et mit à néant toute la procédure. On voulait obtenir d’Arthur de Yaudetar une déclaration semblable, après quoi la solution du différend eût été remise à des arbitres.

Ici on vint se briser à une invincible résistance. Le chantre de Melun, homme d’une obstination peu commune, rejeta toutes

les instances que l’abbesse de Flines elle-même fit pour obtenir cette déclaration, et qu’elle fit faire par l’abbé de Val-Notre- Dame, ami du tenace délégué. Arthur de Vaudetar consentait à donner l’absolution des censures, et il la donna en effet ; il voulait bien faire cesser le procès, accepter un accord, mais quant à déclarer sa procédure nulle dès l’origine, il s’y refusait d’une manière absolue, et déclarait que rien au monde ne lui ferait accomplir un acte aussi contraire à son honneur que préjudiciable à l’autorité de sa charge.

Il est probable qu’on passa par-dessus, car le compromis eut lieu, comme le prouve un bulle de Sixte IV, du 15 octobre 1474. A partir de cette époque, il n’y a plus de traces de l’affaire A Un moment nous voyons poindre une autre difficulté avec Anchin à propos de la dîme des toisons, mais l’abbesse de Flines, Catherine de Saint-Génois, fit immédiatement appel à la conciliation, et l’affaire se termina par un arbitrage 1 2.

1. Toutes les pièces relatives à cette affaire se trouvent dans le Cartulaire, pp. 842-849, 854.

2. Cartulaire , p. 857, lettre de l’abbesse de Flines à l'abbé d’Anchin, 19 juillet

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