CHAPITRE XI
ACHÈVEMENT DES ÉDIFICES AU XIV0 SIÈCLE. — COUP D’ŒIL SUR L’ENSEMBLE. — DESCRIPTION DE L’ÉGLISE. — ZÈLE DE CATHERINE DE SAINT-GENOIS POUR SON ORNEMENTATION. — RELIQUES ET PÈLERINAGES.
Après avoir passé en revue les possessions, et signalé en passant quelques particularités relatives à la gestion économique et à la juridiction seigneuriale du monastère, il ne sera pas sans intérêt de jeter un coup d’œil sur les édifices et d’en faire brièvement l’historique et la description.
Lors de la consécration solennelle de l’église, en 1279, le monastère était loin d’être achevé. Il semble même qu’à part les locaux destinés à l’exploitation agricole et quelques constructions secondaires où la communauté trouva un asile provisoire, le seul édifice élevé jusqu’alors était la maison de Dieu. Il était juste qu’elle passât avant le reste.
Il fallut près de trente ans pour l’achever, et un siècle environ s’écoula sans que le monastère fût complet dans toutes ses parties. Ainsi procédait le moyen âge. Ces constructions monumentales dont il couvrait notre sol n’étaient point l’œuvre d’un jour : on bâtissait pour les siècles, et le temps ne respecte que ce qu’il a lui-même élevé.
Un des premiers édifices auxquels on songea, ce fut l’infirmerie. On la plaça dans une situation un peu écartée, derrière le chapitre et l’église : pour la commodité des malades, on y annexa une chapelle où Jean de Neuville, prévôt de Soignies et chanoine de Cambrai, fonda une messe quotidienne en 1296 h Dans le voisinage de l’infirmerie se trouvaient des quartiers pour les anciennes qui, à raison de leur âge, étaient dispensées