Ibid,., p
beaucoup de monastères *. L'abbé de Cîteaux, ne croyant pas qu’il fût possible de revenir sous ce rapport à la discipline ancienne, jugea plus à propos de régulariser la situation telle que les circonstances l’avaient créée. A sa demande, Sixte IV donna au chapitre général plein pouvoir de dispenser suivant qu’il le jugerait nécessaire et convenable1 2. La vénérable assemblée ne se pressa point. En 1481 seulement, après une nouvelle et mûre délibération, elle fit un décret qui remettait la chose entre les mains de chaque supérieur 3. Mais les uns se montrèrent trop larges, les autres trop sévères : enfin, pour couper court aux inconvénients qui naissaient de ces diversités dans la pratique, on résolut d’adopter une règle uniforme. Le chapitre général de 1485 4 décida que, dans tous les monastères, on pourrait manger de la viande le dimanche, le mardi et le jeudi de chaque semaine, à l’exception des fêtes de sermon, où l’abstinence devait être gardée suivant l’ancien usage. On excepta encore tout l’Avent, et le temps compris entre la Septuagésime et Pâques.
En 1498, les réformés de Castille, craignant que la mesure ne leur fût pas applicable, consultèrent le Saint-Siège. La réponse fut qu’ils pouvaient suivre sur ce point, licitement et sans scrupule, l’ordonnance de l’abbé et du chapitre de Cîteaux 5. Un siècle et demi plus tard, pour apaiser les troubles dont je vais dire quelques mots, Alexandre VII déclara que l’abstinence de viande n’est pas du nombre des points substantiels de la règle de Saint-Benoît : il confirma, en la renouvelant au besoin, la dispense accordée par Sixte IV, et approuva l’application qu’en avait faite le chapitre général 6. Cette déclaration si explicite aurait dû apaiser enfin les esprits trop longtemps surexcités par des hommes dont le zèle était plus ardent que sage et bien réglé. 11 n’en fut rien pourtant. L’opposition, sous sa forme violente, ne cessa qu’après le fameux bref In Suprema
1. Annales d’Aiguebelle , t. n, pp. 40 et suiv. — Hélyot, Histoire des Ordres monastiques , t. il, pp. 358 et suiv.