‹ Histoire de l'abbaye de FlinesChapitre 92 sur 264 · Henriquez, op. cit., pp. 285 et · texte numérisé non relu

Henriquez, op. cit., pp. 285 et

6. Bref du 10 nov. 1657, dans les Privilèges de l’ordre de Cislcaux (Paris, 1713),

d’Alexandre VII, qui contient le statut de la commune observance.

Si la constitution fixe et l’organisation complète de la commune observance datent de là, son existence remonte réellement à 1475, à la dispense de Sixte IV. L’usage des aliments gras à certains jours est en effet ce qui la caractérise. Pour le reste, ses pratiques ne diffèrent point de celle des congrégations réformées, à l’exception des Feuillants et des Trappistes.

Rien de mieux, à coup sûr, que la ferveur qui dédaigne et repousse pour elle-même tout adoucissement aux saintes rigueurs d’autrefois. Il faut pourtant que la charité soit sauve et que l’on n’aille point, par un orgueil pharisaïque, déverser le mépris sur des frères dont peut-être on est loin d’égaler les vertus. Il faut encore que l’autorité des supérieurs et surtout celle du Chef suprême de l’Eglise soient entourées du respect qui leur est dû.

L’étroite observance de Cîteaux, née au commencement du XVIIe siècle, obéit à ces maximes tant qu’elle fut sous l’influence de Denis Largentier, abbé de Clairvaux, qui en était l’âme et la principale force L Ce fut autre chose après sa mort arrivée en 1624.

L’annaliste d’Aiguebelle a porté, sur les discordes lamentables qui surgirent alors, un jugement aussi sévère qu’impartial. Certes ses sympathies ne sont pas douteuses ; l’étroite observance portait la Trappe dans ses flancs. Et pourtant il apprécie en ces termes son rôle et ses prétentions : « Jusque-là, dit-il, elle s’est contentée de se propager en silence, de se recruter parle bon exemple et la persuasion. A dater de ce jour, elle tend à s’imposer ; elle veut dominer, emporter en quelque sorte d’assaut la supériorité, ou, si elle ne peut réussir, se soustraire au moins à la juridiction des supérieurs. Ce fut cette

1. L’étroite observance, inaugurée en 1605 par Octave Arnolfini, abbé de Châtillon et précédemment de la Charmoie, n’était suivie d’abord que dans ces deux monastères. Elle prit ensuite une plus grande extension, grâce à Denis Largentier, abbé de Clairvaux, qui l'embrassa lui-même, et à Nicolas Boucherat, abbé de Cîteaux, qui se plut à favoriser son développement. Bientôt un zèle qui n’était point suffisamment accompagné de modération et d’esprit de sagesse vint tout gâter, et l’étroite observance, au lieu d'être un sujet d'édification, fut un ferment de troubles au sein de l’ordre de Citeaux. (Annales d’A iguebelle, t. h, pp. 31 et suiv.)

tendance, qui tout d’abord, entrava sa marche, et qui, grandissant toujours, suscita contre elle tant de répugnance et une opposition si vive de la part des mitigés.

« On comprendra que nous ne pouvons ici entrer dans les détails et la discussion de cet immense et scandaleux procès qui dura plus de quarante ans ; époque funeste et plus déplorable pour l’honneur de l’ordre que tous les autres dérèglements qui lui ont été si acrimonieusement reprochés. Ces dérèglements, en effet, dont on faisait tant de bruit, n’étaient après tout que la violation d’une règle et d’un institut purement humains, dont les prescriptions, obligatoires pour les hommes qui les avaient librement embrassées et vouées solennellement, pouvaient néanmoins être soumises à une interprétation plus ou moins littérale, recevoir une application plus stricte ou plus mitigée, selon les circonstances et les divers besoins des temps et des lieux, soit par décision du tribunal souverain de l’ordre, soif par dispense ou par autorité du Siège apostolique. Mais dans la lutte acharnée qui s’engage ici, ce n’est pas l’autorité humaine, c’est la loi divine elle-même qui se trouve en cause ; c’est la bonne foi, la vérité, la justice, qui sont indignement violées ; c’est la charité surtout, la vertu du religieux par excellence, qui reçoit de leur part les atteintes les plus graves, les outrages les plus sanglants. D’un camp à l’autre on ne voit voler que facturas, que pamphlets, que libelles diffamatoires, dans lesquels la passion de l’écrivain n’oublie qu’une seule chose : le respect de lui-même et de son caractère h »

Ce serait sortir de notre cadre que de retracer, même rapidement, l’histoire de ce grand débat1 2. Il suffira de dire que le cardinal de la Rochefoucauld, délégué par le Saint-Siège pour la réforme des ordres religieux en France3, se laissa circonvenir, et le 27 juillet 1634, rendit une sentence qui confisquait tous les droits et l’autorité de l’ordre au profit de quelques monastères dits de l’étroite observance. C’était un abus de pouvoir. Aussi le Saint-Siège annula les actes de son délégué,

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