LÉGENDE
M SAiNÏE BERTILLE.
tHAWTRE
SoQ origioe ; iai$liié ée la jeuaenev
les auteurs qui ont traité de la vie de saiufô- Bertille s'accoràeot à lai dooaef paar aiûâux le& priuces francs alliés aux rois méiovingiens qui possédèrent TArtois et la Flandre ihoçaise après ia cou* ^uéte du myaume par Clovis. (1). Elle natiuit aui
{!)• Le&Fraacs conduits par Plïaramond. et Glodio» !» emparèrent de Tournai et de tout le territoii:é entre la Lys et l'Escaut. Tel fut le berceau de la monarchie iiançaise vers 4:20. Leurs descemlanls se i>arfeagèreuA ce riche pays où ils maiatinrrnl l'itiolairic
commencement du Vli« siècle et eut pour père Ri»
cumei', suiLjneur des ALi ebates , et puur iiiére sainle Gertrude, fiile de Tbéodebalde ou Théobald, cbei des mêmes peuples et duc de Douai. Gerlrude fondatrice de 1 abbaye dliamage , vers 595 , fut la tige de toute une Iciinille de saints : car, outre sainle Bertille, l'Ëglise honore saint Âdalbalde, son petit fils, uni à sainte Rictrude el leurs enfants au nombre de quatre; savoir, saint Morand, sainte Clotsende, sainte Eusébie et sainte Adalsende, si connus dans l'histoire de 1 abbaye de Marchiennes.
jusqu'au règne de Clovis. La conversion de ce prince entraîna celle de sa famille dont plusieurs membres s'étaieni établis en Artois et notamment à Douai. Saint Vaast qui avait instruit le chef de la moBarchie française , étant devenu évéque d*Arras , prodigua ses soins à la famillo de Clovis établie dans son diocèse, il en fut de iiièine de ses successeurs ; nous voyons, en effet, que saint Géry dirigeait la conscience de sainte Gertrude avant 1 apostolat de saint Amand. Ce fut alors, disent nos légendes, que la teligion qui avait gémi tant de siècles sous le poids des persécutions , quitta ses vêtements de deuil. En même temps, les églises bâties par les premiers apôtres de nos contrées , sortirent de leurs ruines , et le ciel fut apaisé par la conveBsion des princes di:> la terre.
Celle illuslre famille fut, après Dieu, redevable de sa haute piété aux soins que prit d'elle saint Amand qui vinl prêcher en Flandre vers 608 et y mourut en 67S. Sainte Bertille eul part, comme sa pieuse mère Gertrude et les autres membres de sa famille, aux prières, aux prédications et à la direction particulière de ce saint apôtre, qui contribua puissamment à détruire en Flandre les restes de Tidolâtrie. il est vrai, que dès sa première jeunesse , cette enfent bénie de Dieu , s'appliqua à enchérir sur les vertus que pratiquaient les auteurs de ses jours. ^ On la voyait lever vers le ciel ses mains innocentes , embraser son cœur des douces flammes de l'amour divin et soupirer de tous ses efforts vers.ta céleste patrie. Tout ce qu elle pouvait apprendre de J.-G. , par suite des saintes communications de la grâce divine, elle le goûtait à chaque instant du jour avec un plaisir toigours nouveau. La charité envers Dieu et le prochain remplissait tellement son ame , qu'à peine pouvait*elle passer une heure sans s'occuper ou d'oraison mentale, ou du soin des pauvres. Jamais , non plus , elle ne manquait de se rendre à l'église toules les fois qu'il s'agissait d'y entendre la parole de Dieu pour laquelle elle éprouvait unattrait par-
ticnlier. Et elle avait soin (le ^rder daos sod cmwt lc8 insirucUoos qu elle avait eatendues. Car , quoi-< <|u*elle ittt jeune encore , elle éuil mûre -pour Tin- Uilligeoce « tant sa vie sainte et &es vertus précoces ravalent .aiise an-dessus des ftîiilesseB "dn premier âge.
Si déjà nous voyons sainle Bertille tendre dés son en&oce à une aussi .tbaute pecfection et avancer si rapidement dans la vertu , que eera-ce doue dans un âge plus avancé. Peut-on douter que plus -ses .années s'accrurent , plus aussi sa sainteté fit de progrès? Contrairement à ce qui se remarque dans les personnes de son âge, eelles suitout qui sont nées pour tenir un rang élevé dans la société « et destinées à jouir d'une grand» fovtune , elle refusa constamment de consacrer à son usage tout JOà qai sentait le luxe eu la si^erfiuité. Jamais on ne vit brUlar sur , son front virginal jov l or, ni les pierres précieuses. Elle aima mieux.omer son cœur de toutes les vertus qu'inspire la piété ^^hrétienoe et fuir tout ce ^ui lui parut tde nature l porter la plus légère atteinte à son innocence. Elle avait médité de bonne heure ces iparoles de saint Paul. « Que les femmes « aussi prient étant vêtues comme r honnêteté le
« demande; qu'elles se parent de modestie et de » chasteté et non avec des cheveux fi'isés , ni des > ornements d'or • ni des perles , m des babils
• somptueux ; mais avec de bonnes œuvres comme « doivent le faire des temmes qui font profession de
• piélé. (1) •
<i) ép. à Timotbée, cbap. U, v. 9et 10.
CHAWTHE II.
Elle (:pûuse Gutliland seigneur il Auvergue-
La principale occupation de noire sainte , à mesure qu'elle avançait en âge , était donc de fréquenter les églises et autres lieux de piété ; d'entendre la parole de Dieu , de procurer des asiles aux pèlerins et à tous les étrangers , de consoler les malades et de compatir à toutes les afflictions. Elle s'appliquait en , ojitre , avec le plus grand soin ^ à fuir les plaisirs sensuels , à écarter tous les dangers et à prévoir même jusqu'aux moindres occasions où sa vertu eût pu donner contre quclqa écueil, et l'exposer à un triste naufrage. Ces éminentes qualités, cependant, loin de la soustraire à la connaissance des hommes , ne faisaient qu'ajouter à l'éclat de sa renommée. La nature Tavait douée d'une beauté remarquable , à laquelle elle unissait Tappas d'un grand- nom et d'une immense fortune , ensorte qu'aucune femme de son âge ne pouvait lui être comparée. Sa réputation
s'était répandoe jusque daos le midi de la France ;
ua jeuae seigueur plein de vertus , nommé Guthlaud , né en Auvergne , plus disUngué encore par sa naissance que par ses richesses , conçut de rinclination pour elle et demanda sa main. « Il était sans doute
• ajoute ici rhistorien Malbrancq (1) de l ancienue > maison d'Auvergne dont il faut reconnaître la tige B dans le fils de Léger ou de Léodgar , cuuile de
* Boulogne. » GutUand supplia donc le prince
Ricomer de lui accorder sa fille. Pour l'obtenir , il offrit de& habits piécieux brochés d'or et enrichis de pierreries , et en outre , des biens considérables. Ses poursuites furent tellement opiniâtres, et ii agit avec tant d'efilcacité auprès des princes et des seigneurs de la contrée « que les pieux parents de la sainte se virent en quelque sorte contraints de lui promettre leur fiUe.
L*illustre vierge, cependant, luttait avec toute la fermeté dont elle était capable contre 1 épreuve à laquelle ou la soumettait. Depuis long-temps déjà elle avait pris la résolution de garder une chasteté par-
(1) T. I, livre 111, cbap. X deMonuis.
bile, et eUe y âttachaii tanl de prix qu'elle méprisait souveraiaemeut les avanlages temporels; n*ambitionnant d'autres trésors ici bas que ceux de la grâce divine auxquels elle puisait chaque jour dans ta prière et Texercice des œuvres de la charité. Aucune considération humaine ne paraissait donc de ttature à la Hiire changer de résoiatimi. Elle s*était créé» jeune encore, une sobtude quelle préférait a» pompes et aux vanités du siècle. li MvX que son père usât de tout l'ascendant qu'il pouvait exercer sur elle , qu'il mit en oeuvre tout ce que la tendresse unie à Tautorité paternelle peut inspirer « pour déterminer enfin Bertille à donner son consentement. Ce terrible assaut lui causa tant de peine , que dépourvue de tout autre appui que de celui du ciel ^ elle s'adressa à son divin époux. Ce fut dans la ferveur de la prière qu'elle se sentit inspirée de eonsentir enfin à cette union. Car , Dieu qui protège les ames chastes et les cœups vraiment purs lui donna de te confiance et du courage. Elle espéra donc, qu'avec le secours de la grâce , elle rencontrerait dans son noble époux un frère et un gardien de sa virginité comme la trèssainte Vierge le trouva en saint Joseph.
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CIIAPITUE m.
Saiiilft BcriUla garde la dhaiCsté dan i'clai ia miiage.'
Les noces furent célébrées avec toute ia poiiipe et l'appareil qui conveoaient à une aUiaoce aussi distioguée. Mais avant même qu'elle eût reçu ia béncdictiou nuptiale , Bertille a?<ait trouvé dans son- fiitur époux , ua prince éminemment vertueux qu'elle espérait fan e entrer dans les voies de perfection qu'eUe-méme avait embrassées depuis sa tendre jeunesse. Dieu, en effet, donna tant de poids à ses paroles que le bienheureux Guthland partagea aussitôt son goût pour la chasteté. Les sublimes vertus de sa samte épouse touefaèrent singulièrement son cœur , et il fit de tels progrès dans la vertu qu'en peu de tempit il se sentit animé du même zèle pour les œuvres de piété. Tous deux parurent être plutét des anges que des hommes sur la ieiTC , et il semblait qu'ils eussent lait entre eux un saint défi à qui avancerait plus promptement dans le chemin du ciel. Toute la province d'Auvergne en lut
édifiée. « Qu'il suffise de racoater , dit l'auteur de la
• vie de sainte BertUIe , quelle fat leur piété , com- » biea elle fut féconde ea booues œuvres. L* amour » de Dieu et la vénération pour ses saints faisaient I taire en eux tous les sentiments terrestres , ce qui
• les portait vers rexeretce contimiel des œuvres de I charité , et à devenir pour les pauvres une provi- » deace> visible. Oa les voyait: constamment oeeiipé^
• dtt soin de noucrirles maibenreux» de visiter les t madadea, de réconcilier les ennemis, de consoler
• le& affligés. LeuiSi biens ne furent pins à eux, car
• ils les employèrent en trto-gmnde partie à fonder t des hôpitaux, et des mooasléres. Si bien qu'on » pouvait im d'enx ce (pie le saint; roi David eban- » tail anr ses iostnunenls prophétiques. lU orU lar- » (jment dispersé et répmié» kwrs Mem 4em$ ht I mamdêspoimeSpeikurju^iccdemeur^ausiéeU » des siècles. » (1)
Dieu appela à loi le bieabeureux (iuthtand pour lo récompenser de tant de vertns sublimes qn'U avait
( i ) Vie abrégée de sainte Bertille , par un religieux de Marœnil.
~ il -
acquises on peu d'années. Bertille pleura ce cher ^oax qne le ciel loi a¥aii donné , et après qu'elle lui eut procuré une sépulture convenable au rang qu'il avait tenu dans le monde , elle distribua aux pauvres et aux églises d'Auvergne les vastes domaines qu'il avait mis à sa disposition. Car , elle crut n'avoir rien fait encore pour J .-C. , et il lui sembla que les richesses qu'elle tenait de soq époux étaient autant d'obstacles à l'union plus intime encore qu elle désirait avoir avec son bien-aimé.
CHAPITUE IV.
^aiQleié de sa vie duraul sa viduilé. Sa mûri.
Oq igaore si , reveaaat en Artois , après la morl de son époux , Bertille y retrouva ses parents. Sainte Gcrtruiie , sa mère » mourut eu G49 d'après Ghesquiëre. Mais elle y revit saint Amand qui se chargea de sa direction ^ et elle eut lieu de s'édifier des hautes vertus que pratiquaient alors sainte Rictrude et ses eulants , ainsi que du zèle que déployait saint Yindicien (1) dans ladministration des vastes diocèses de
(1) Saint Vindîcien« VU1« évéque de Cambrai et d*Arras depuis St. Vaast , naquit au village de Bul-
locourl vei s 6:20. Il est le pi eiiiier de nos prélats qui prit naissance dans le diocèse. Ses parents ne néglitrèrent rien pour le former à la vertu. A peine adolescent, il se rendait assidûment à Arras par une voie qui n'était point alors fréquentée et qu'on nomma depuis le chemin de St.-Vindieiefh. Son but était de sinstruire dans cette ville , d*y entendre la parole de
Cambrai et d'Arras. ËUe se coniia d abord à la direction de saint Amand, qui neut aucune peine à' la détacher eniièremeDt des choses de la terre; car
Dieu et de prier dans la Cathédrale. Il aimait tant cette église, à cause des consolations spirituelles qu'il y goûtait , qu'il se créa près d'Arras, au village de St.-Aubin , une cellule et un oratoire pour méditer sm* les instructions qn*il entendait et pour s'adonner à Téiiide des Uvres saints et des pères de TEglise. En même temps , il se Uvrait aux exercices As la pénitence et de la charité ; de telle sorte qu'en peu • d'années il Ht de grands progrés dans la perfection. Rien n'était plus édifiant que sa modestie, ses austérités et sa ferveur dans la prière.
St. Ëlei, évêaue de Noyon avait assemblé, près d'Ecornés , sur la montagne qui porte anjowahm son Bom , quelqaes disciples qui menaient mie vie solitaire i l'exemple des anciens anachorètes. Vindicien se mit en relation avec cet illustre pontife qui l'initia à la vie cléricale , prit soin d'entretenir sa vocation et dirigea ses études ecclésiastiques.
Après qu'il eut été formé sous un tel maître , saint Vindicien revint à Ârras et entra dans le clergé de cette ville sous 1g»s auspices de Si. Avberl dent les exemples contribuèrent ettcore beaucoup* i lepevfectionner. Ce prélat ayant éprouvé suffisamment son zélé, sa sagesse et sa mpacité, le conUiugnit de prendre part à 1 administration du diocèse d* Arras
elle ne tiut plus à riea du moment où la l'ruvideucc l'eut séparée de son époux. Ëlle s'appliqua donc à conbei'vei' une union parfaite avec dieu et à upérer tout
en qualité de grand vicaire , tandis qu'il s'occuperail du diocèse de Canobrai. Cette position élevée fit mieux apprécier encore samt Vindieien et le mit en relation avec les hommes les plus remarquables de nos contrées , surtout avec samt Amand dont les œuvres apostoliques avaient alors acquis tant d'éclat dans toute la Flandre. Sainte Uicti ude appela notre saint à souscrire comme témoin ausc dispositions testan^entaires qu'elle fit avant de quitter le monde pour se retirer dans l'abbaye de Marchiennes. A cette époque, saint Aubert et saint Aiaaiid travaillaient de concert à procurer à leurs diocèses des monastères de Tun et de l'autre sexe. L'idolâtrie avait presqu'cutièrement disparu , i^race à leur zèle pour la propa* gation de la foi. 11 fallait consolider la religion en donnant aux fidèles .de grands exemples de renoncement aux biens de la terre, par la pratique des conseils évangéliques.
Dès ce iDoinent; saint Aubert préparait les voies pour ipie saifit Vindieien lui succédât sur le double siège de Cambrai et d'Arras. Us s'occupèrent de la première fondation de l'abbaye de saint Vaast, et l'on croit que saint Vindieien y consacra une grande partie de ses biens. Du moins est-il certain qu'il ne négligea rien pour doter la ville d'Arras de cetéta-
le bien qu'elle avait conçu dès sa première jeunesse. Efle se fixa à Haro&uil qui était Tune de ses terres les plus importantes et distribua tous ses biens aux
btissemeut qui, dans la suite, contribua si puissamment à accrottre son importaoce. Le corps de saint Vaast avait été honoré jusqu'à cette époque dans la cathédrale. Saint Vindicien s'entendit avec saint Aubert pour le transférer dans la nouvelle abbaye. (666, d'après Lecointc.) Une solennité remarquable eut lieu , ù cette occasion, pendant laquelle saint Orner recouvra la vue.
Appelé peu d'années après par les suffrages du dergé et du peuple à succéder à saint Aubert , tl poursuivit avec activité l'œuvre de l'érection du nionastère de saint Vaast , et conféra la bénédiction abbatiale à Hatla qui en fut le premier abbé. Pasteur plein de zèle et de vigilance, on le vit parcourir son diocèse et répandre dans les bourgs et les villages , la semence de la parole de Dieu pour soutenir les ftibles et coAsolider la piété de ceux de ses diocésains qui déjà avaient su apprécier la douceur du joug de la religion. On vit, en un mot, briller en lui toutes les (lualités que saint Paul exige d'un évoque dans scm épitre à Timotbée. 11 consacra, en 691, l'église abbatiale d'Hasnon, sur In demande des fondateurs de ce monastère, Jean, seigneur du lieu, et Eulalie sa soeur. H dédia de même celle d'Honnecourt assisté de saint Lambert, évSque de
religieux et aux pauvres. Après la mort de saint Aiuaod, elle confia le soin de son ame à saint VindicieD. Et son amoar pour la pauvns^ vohuitaire
Tongres. Selon T usage assez commun dans ces temps reeiUés , ces ahbayes étaient doubles, c'est-à-dire, qu'on y construisait deux églises, dont l'une étaii destinée à des clercs « Tantre à des.religieuses.
Saint Vtndîeien ooDflroia>les donations fiiites jasqu à lui au monastère de Maroilles, dontJa.ft>ndalion remonte à 6^5, d après Longueval.
Le bien s'opérait sur tous les points des deux diocèses confiés à la vigilance de ce saint prélat. Quoiqu'il en soit , h barbarie se faisait encore sentir comme on le remavqne par les traits suivants rap-^ portés par BaMéric. Un seigneur nommé Harduin avait demandé en mariage une jeune vierge nommée Maxelleade qu il aimait passionnément. Mais elle rejeta avec fermeté ses propositions , à cause d'un vœu de chasteté qu'elle avait fait. Harduin se rendit chez elle avec une escorte de gens armés : elle résista avec tant de courage que liamonr du poursuivant changeant en fureAir, il la perça d*un coup d'épée. La légende assure que dés qu'il vit couler son «ang , il perdit la vue en punition de «on crime. On inhuma d'abord Maxellende à PommereuU aujourd'hui St.- Souplet , près du Càteau-Cambrésis ; mais trois ans après , saint Yindicien transféra son corps à Gaudry où elle avait été martyrisée. Harduin assista à cette
allant toujaiu^ croissant, elle abandonna aux clercs
et à leglise de Notre-Dame d'Arras , sa seigneurie de Marœuil, à Tesception d*un seui fonds d'héritage
translation nvec de profonds sentiments de repentir et mérita de recouvrer la vue. Le père de la sainte qiH- vivait encore , lit bùtir une église sur le lieu où elle avait été martyrisée.
Sainte Saturnine obtint pour la même cause une semblable couronne à Sains-ies-Marquion , mais on ne trouve rien de précis sur Vcpoque où elle a vécu.
Entin le meurtre de saint Léger eut lieu , le 2 octobre 678, sur les contins du diocèse d'Arras, entre Luoheux et le village de Sus-St.-Lepfer. L'affaiblissement de l'autorité royale sous Thierry III , pouvait donner lieu à ces barbares excès. < Les lois sont bien iàibles , dit à cette occasion le P. Longueval , pour réprimer les vices , quand on se flatte de l'impunité.* »
Tont(!fois saint Vindicien se rendit à la cour pour reprocher au roi d'avoir hissé commettre ce crime envers le saint évéque d'Autun , son ancien minisire , et rengagea à taire de dignes fruits de pénitence. Il iiri prescrivit, entre autres œuvres expiatoires, do fonder Vabbaye de St.-Iean-au-Mont-les-Térouanne et de doter celle de St.-Vaast d'Arras. Le roi s'y soumit et ajouta aux donations qu'il lit à cette occasion , l'exemption, pour le monastère de St.-Vaast, de toute juridiction séculière. Le saint évéque ajouta a
dont elle se réserva T usufruit. Elle y coosiruisU à ses frais une église où eAe érigea «n autel en rfaomieur de saint Arnaud. Et afin qu'elle pût, avec plus de
ce privilège celui d'exempter à soo tour, ia môme
abliaye, de la juridiction épiscopale , afin qu'à favenir, elle ne relevât plus que du saint siège. (680 )
Peu après, il consacra l'église d'Hamage et procéda à la levée des corps ou canonisation de sainte Gcrlrude,mère de sainte Bertille, et de sainte Eusébie qui avaient été inhumées dans ce monastère. (686)
Plus il avançait dans la carrière de la vie» plus aussi il acquérait d'expérience dans la conduite des ^imes et l'administration du diocèse. Il n'avait nen tant à cœur que d'attirer sur lui les bénédictions du «ciel par l'exercice continuel des bonnes œuvres. Il s'appliqua à consolider les monastères dont il avait proouiPé la fondation en y entretenant une piété so* fide et en leur procurant des revenus suffisants pour les mettre à Tabri des nécessités temporelles. Il fit , en particulier , de grandes donations à la Cathédrale d'Arras. Désireux, de se créer un trésor qui, selon Texpressioû de TEvangile ne saurait dépérir par la Touille , il abandonna aux pauvres durant les der-* nières années de sa vie, tout ce qu'il possédait. Vou* tant enfin se détacher entièrement des choses de la terre , il se retira dans son ancienne solitude d'Ecoivres pour se mieux préparer à la mort par la prière et ia méditation des vérités éternelles. Il y
liberté et une plus grande consolation spirituelle s'adoaner aux exercices de la vie contemplative « elle fit coQstniire une cellule qui tenait à Tun des murs
vécut au milieu des (^nniies qu'il avait fréquentés avec saint Eloi , avant son avèQeaieni à Tépiscopat. Cétait là qu*il fortifiait son nme parla contemplation qui, d'avance, semblait lui faire goûter les dour cenrs 4e Ui véritable vie qui esl eeUe du cieK
Sa retraite, néanmoins, ne diminuait en rien sa sollicitude pastorale ; cL quoiqu'il fiU Irès-affaibli par l'âge, il ne laissa pas de se faire transporter en un lieu de son diocèse nommé Broselles , dans Févéché de Cambrai, Ce fut là qu'atteint d'une fièvre lente, il comprit que sa fin approchait. II appela près de lui les membres de son clergé Tavaient aidé dan^radmtnistration de son diocèse et les gens de sa maison , leur parla de Dieu avec une grande effusion de cœnr, les consola, les bénit et ordonna que son corps i\\t transporté au Mont St. -Eloi en mémoire du séjour qu'il y avait fait et de la solitude q^e^s'y formée le saint évéquede Noyon.
Saint Vindicien moorot Tan 705, le 41 mars. Soa corps fiit déposé , selon te vœu quil avait exprimé , sur la colline de St. -Eloi, dans un tombeau que les ermites de ce lieu lui avaient préparé. Plusieurs évé- ({uos, des abbés, un clergé nombreux et un grand concours de peuple assistèrent à ses funérailles. La vie de saint Vindiciea fut d'abord, écrite par Baldéric
latéraux de l'église. C'était là que, seule avec Dieu, et dans une paix piolonde, elle priait sâus cesse et méditait sur les vérités du salut.
Elle vécut encore plusieurs années dans cette solitude où son cœur ressentait de nouvelles ardeurs pour son divin époux. Car qui pourrait raconter avec quel soin elle mit à profit, pour se sanctifier de plus en plus, les heures du jour et celles de la nuit. Souvent, elle répétait avec saint Paul. < Quand donc » serai-je délivrée de ce corps iiiorlcl pour m*unir » indissolublement à Jésus-Christ. Quand sera-ce » que dégagée de mes sens, je jouirai des biens » étemels qui senls peuvent me rendre parfaitement
dans sa chronique de Cambrai et d*Arras et par Gauthier abbé du St .Sépulcre à Cambi*ai. Ces deux auteurs vivaient au uiizicnie siècle. François Doresmieux , XXXVe abbé du Mont-St.-Eloi (i 655-1 639) s'est servi des deux précédentes el s'est, livré à de grandes recherches pour en composer une plus complète que les Bollandistes ont éditée. T. U, Martii,.
76. La Cathédrale d'Arras possède une partie notable des ossements de ce saint évèque. On les déposa le 12 février 1809 , dans une nouvelle chasse pQur être exposés à la véneiaiion publmue.
» hemose. Tai tout quitté pour vous, 6 mon Dieui » pour que vous fussiez mon unique trésor. Brisez » donc ma frêle existenee pour me mettre en pos- » session des joies pures qu*on goûte au ciel. > Dieu exauça celte fervente prière. Une nuit sui'vinr durant laquelle, excédée de fatigue, elle s'abandonna an sommeil; mais tout-à-coup elle fut frappée d*un malaise qui la priva de son énergie habituelle. Il en résulta une langueur q^i mina en peu de temps- . sa santé. Cependant, plus ses douleurs devenaient aigûes , plus elle implorait avec ardeur la divine miséricorde : suppliant le Seigneur d'éloigner d'elle les embûches de lennemi du salut, et de permettrequ elle se tînt ferme contre les séductions dans ce moment suprême. Pour se fortifier dans cette lutte , elle reçut avec une indicible ferveur les derniers^ sacrements. Quoique ses forces physiques fussent Irès-épuisées par la maladie , elle conserva jusqu a sa dernière hernie toute sa présence d'esprit. Au moment où elle comprit qu'elle allait mourir, elle implora la protection divine. Ce fut ainsi que son ame débarrassée des liens de la chair et dégagée des biens périssables de celte vie , entra en posses-
sioo du bonheur du ciel. Ghesquière pUce celle mon ! vers la fin du VU^ siècle , après 684.
Sou corps vénérable reçut la sépulture dans l église de Marœuil où il devint Tobjel de la vénération publique , à cause des miracles muiiipliés qu( s opérèrent' au tombeau qui le renfermait,
Digjtizedby Q^Jffl^
CHAPITUE. V.
Origine de Tabbaye de Marœuii.
Plusieurs auteurs ont cru que saioie Bertille a fondé TalDbaye de Harœuil , lorsque, devenue veuve, elle revint d'Auvergne édifier TArtois par ses bienfaits multipliés et par ses vertus. Elle aurait imité dans cette fondation sa mère sainte Gertrude et sa parente sainte iiictrude qui élablireut les maisons d*Hamage et de Mai'chiennes. Ce serait donc vers 060 qu'elle aurait appelé idn^ sa terre de Marœuil des religieux bénédictins , peut-être même aussi des religieuses, selon l'usage assez commun dans ce siècle de créer des monastères doubles. Nous n'avons , du reste « aucun document authentique sua* cette première fondation. Mais il parait certain que ce lieu ciait habité par des religieux avant les invasions normandes au neuvième siècle . Après les dé- Sistres causés par ces barbares , Fulbert (1) évoque
(1) Fulbert, né à Wilcve ou Vilvorde, en Bra
— aide Cambrai et d'Arras y mit en 955 des clercs qui menaient une vie commune sans fiiire de vœux , et leur assura la possession d'une maison à laquelle Bérenger, son successeur, ajouta la donation d'une ferme. Engekame qui oeeupa ks mêmes sièges de 958 à 961 ajouta encore à ces libéralités. On voit que les évéques de Cambrai et d'Arras étaient seigneurs temporels de Marceuil depuis la donation que sainte Bertille avait laite de ce domaine à saint Vindicien .
Après la mortd*Amoul-le-Yieux « comte de Flandre ,
(965) le roi de FVance, Lothaire, prit occasion delà minorité d'Arnoul-le-Jeune pour s emparer d'Arras et de quelques autres villes. La reine Emma vint
banlt administra aveo sagesse les diocèses de Cambrai et d*Arras de 93^ à 956. Ce fut lui qui leva de
terre le corps de saint Viiidicien. De concert avec Vtcfride, évèquede Thérouanne , il introduisit Adèle comtesse de Flaadre, dans l'église de SL-Bertin, où aucune femme jusqu alors, n'avait pénétré. Elle y pria devant l'autel où reposait le corps du saint abbé de SHhieu, s*y trouva goéria des maux dont elle souffirait depuis long-temps et Bt « par reconnaissance de grandes libéralités au monastère. Malbraacq raconte au long ce fait, tome II , p. 501 .
visiter ce monastère pendant le s^our qu'elle fit en Artois , et le lecouunauda au roi son époux. Voici le piivilège qui fut accordé à cette occasion.
« Âu nom de la sainte et indivisible Tiiiiité , - Lothaire, roi de France, la grâce divine Tayantainsi » iéglé. Si dans les choses qui concernent le culio
* divin, nous nous efforçons de maintenir TEglise dans
• lûute la splendeur qui lui convient. Nous sommes » persuadé que Fauteur de tout bien nous récon»- » pensera- Nous voulons donc qu'il soiL notoire à » tous les fidèles de la sainte Eglise de Dieu, présents » et à veuiir, (lue notre chère épouse Emma , s'étant » présentée à notre dignité , nous a raconté en gé- » missant, quun monastère situé dans un village i qu*on nomme Marœuil , fondé noblement sur la > rivière de Scarpe , près d Arras , par le vénérable « prélat Fulbert, pour des chanoines réguliers, est » actuellement dans un état complet de ruine par l'ett fet de la violence des séculiers , et de la trop grande » cupidité de révêquc Tetdon. (t) Car, ils ont sous-
(I) Ce iH-élal (juo Baldéric quahlio d'iionime pieux et instruit avait de son côlc des lorts bien graves â reprocher au roi Lotbaire qui s'empiua de son do-
iizeo by GoOglc
i trait ce que ledU Fulbert et ses successeui s avaient » donné à ce moïKisIére de saint Amand et de sainte » Bertille, pour l'entretien et les besoins des frères
• qui y demeuraient , donations qu'ils avaient faites 1 pour le salut de leurs anies et de celles de leurs > prédécessears. C'est pourquoi notre chère épouse
• a reclamé de nous avec respect uu acte de notre t nranificence^ pour que nous voulussions bien con- » ftrmer par un ordre exprès émané de nous les pos-
• sessions acquise» a» susdit monastère. Nou» donc , » sur la recouimandatioQ d'Emma , noire chère épou-
» se« et celle du fidèle Dodon » avon&consenti à leur
maine particulier, des abbayes de St.-Vaast et de St.-Amand et d'autres biens ecclésiastiques situés vers Douai et le long de la Lys , et il craignait sans cesse que le roi de France n'entrât à main armée dans Cambrai. • Pourquoi donc, se disatt-il, malheureux B Teidon , as*tu quitté la pairie pour vivre au milieu » des barbares. » Il était issu d'une noble famille de Saxe et avait été prévôt de St.-Séverin à Cologne. 11 résista long-temps avant d'accepter l'évêché de Cambrai , se retira à Cologne après peu d'années de résidence dans son diocèse et mourut dans cette ville en 976. (Chronique de Baldéric. Edit. de M . Le Glay , pages 144 et 157.)
» demande, espérant que Dieu nous récompensera
> et maîatiendra notre royaume dans son intégrité. » Urdonnons en conséquence que les chanoines de » ce monastère rentrent dans leurs biens. Savoir
» une maison exempte de toute servitude que révéqoe
> Fulbert leur a donnée dans le village même de Ma- » rœuil, dont le manoir s'étendait jusqu'à la Scarpe I et dans le même lieu un moulin avec une aire , ou
> grange, donné par l'évéque Bérenger. (1) Un ma- » noir situé devant celui du clergé (2) et la dlme sur • quatre moulins que leur abandonna Tévéque En- » guerran. (3) Deux autres manoirs dans le môme
(1) Bércngaire ou Bérenger issu d'une très -noble famille d'Allemagne , et parent de l'empereur Othon , déshonora sa dignité par plusieurs différends qu'il
eut avec son peuple de Cambrai. Cet évèquc plus guerrier qu'ecclésiastique pénétra à main armée dans l'église de Sl.-Géry et des massacres y furent commis. Il mourut en 958 à Cologne où il s'était retiré.
(S) Les clercs ou plutôt le chapitre de la cathédrale d'Arras.
(3) Enguerranou Engelrame, religieux bénédictin de Corbie et procureur de celte abbaye pour les biens qu'elle avait en Allemagne , fut élu sous la protectien de lempereur Uthoa et remplaça Bérenger en
i lieu avec deux fermes et leurs terres labourables
» plus vingt-quatre honniers destinés à la cullure
> des frères : la moitié A nne brasserie donnée par le » prévôt Adremare. Afin qu'ilb les possèdent eu
> sûreté et à perpétuité , sans être troublés pni* qui
> que ce soit. A la charge seulement de prier chaque t jour pour nous et pour la prospérité de notre
> royaume. Et afin que cette concession soil établie « sur une forte et pleine stabilité, nous l'avons signée
> de notre propre main et nous y avons fait imprimer i notre anneau et cachet. Donné à Laon Tan de » rincarnalion du Seigneur 977.
L'abbaye de Harœuil était alors possédée par des chanoines , qui vivaient dans une certaine régularité»
958. Les habitants de Cambrai le reçurent avec enthousiasme. Il leur fit, en effet , oublier les scandales de son prédécesseur et les maux qu'ils nvaient soufferts. Ce prélat se rendit remarquable par une administratioQ toute de zèle et de charité, il transféra à Arras, le corps de saint Hadulphe dans Téglise collégiale de 8t. -Pierre unie à Vabbaye de St.-Vaast : recouvra les biens enlevés à son église cathc^drale dont il coinmença la reconstruction. 11 y tut mhiinié en 961 par Radulphe évéque de Noyon et de Tournai .
Dig
quoiqulls no fussent liés par aucnn vœu de religion. Ils babitaieot le monastère lorsqu'on fit la levée du corps de saiiile Berlille, en 1081 . Depuis quatre cents ans déjà il reposait dans son premier tombeau ; plusieurs iinracles s'y étaient opérés. Les Atrébates et ks populations voisines demandèrent avec iDstnnces « que les reliques de la sainte fussent placées dans une ebà$se , afin qu'on pût lui décerner un culte solennel et public. (1) Gérard, deuxième du nom, occupait alors les sièges de Cambrai et d'Arcas. (2) Noua traduisons Pacte rédigé par ce prébiau sujet de cette élévation,
t Gérard, deuxième du nom, par la grâce de » Dieu t évèque de Cambrai. Joie éternelle à nos suc- • cesseurs et aux fidèles à venir. Qu'il soit notoire à
il) Voyez Moian, 5 janvier.
2) Ce prélat, né à Aiost , avait été prévôt de St.- Vaast. Il répara et consacra son église cathérale de Cambrai , qui avait été détruite par un incendie, fonda rhôpital Sr.-Julien dans sa ville épiscopale et fit beaucoup de bien à plusieurs églises. Il élargit l'enceinte de cette même ville et la lit ceindre de murs. Gérard monnit le 11 jr>nvior 100^, rt fut le dernier des cvêques, qui occupèrent simultanément, les sièges de Cambrai el d'Arras.
» tous, quti la eiuquièuuî année 4i& notre épiscopai : » i6 clergé d*Ams , te pevipk et , par un pieux dê-
> YouemeiU ceux io Maroniil , nou& deniamièreotde » procéder à Télévation du corps de la sainte vierge
> BeriïUe^ devenue eéiéhre par ses oiérîles et ses ■ miracies; afin que te culte qui lui est rendu oLtieone
r> plus de splendeur par le placement de ses esse-
> nienls dans me ofaftsse, qui sera exposée à la véné-
• ratioD publique^ Gcnsidérant^ en conséquence,, le
• profond respect que nos prédécesseurs ont témoi- » gné à cette vierge et le culte qu'on n*fl cessé de
• lui rendre. Moi Gérard, afin de ne point paraître
• moins dévoué , me suis rendu mx soUicilâtîons de » tout le peuple, et ai fixé le jour de TExallalion de
> la sainte Croix, pour solenniser cette élévation.
• Mais Dieu permit qu'élaQt sur le point de me rendre » à Marœuil , je fusse retenu par une grave mârmité.
• Et pour ne point faire détiiui a i allente du peuple,
> j'ai délégué, pour me remplacer, des hommes
• d'une haute répu(;)lion de verlii; savoir : Gauthier de Cambrai, Alolde abbé d'Arras, Àlard abbé
i d'Anchin, et Alard abbé de Marchiecnes, » (1)
(1) Ghesquière, Acla, SS.Belgii, t. V, p. 242.
Le co)'j)s de baïute Bertille tUt doac désormais vénéré publiquement dans une chisse revétae de lames d'or et d argent. Mais il arriva que les chanoines séculiers chargés de prier en exécution des pieuses lalenlions de sainte Beilille et de veiller à la conservation de ce saint dépôt, cessèrent de résider à Marœuil, confiant à de simples clercs la garde de l'église et du monastère qui, dans cette circonstance, essuya de grandes pertes dans ses biens teraporels. Des voleurs dépouillèrent même la châsse de sainte Bertille des ralicfs d'or et d'argent dont elle était
couverte.
Telle était la situation de la maison de Marœuil, lorsqu'on 1131, Alvise (1) parvint à Tévéché d'Arras.
(1) Le diocèse d'Arras ayant été séparé de celui de Cambrai , en 1093 , eut pour premier évôque Lambert di» Gnlnes, qui régna de 1094 jusqu en 1115. Il eut pour successeur , Rohert , son archidiacre , que remplaça Alvise, en 1131. Ce prélat né dans le diocèse de Térouanne, fut d'abord religieux de Sr.- Bertin , puis grand prieur de St.-Vanst , à Arras. Son zèle pour riniroduction de.la rélornic de Cluny , le fit nommer abbé d*An^n; et il gouvernait ce monastère, lorsque les vœux, unanimes du clergé et du peuple, i'élevèrent sur le siège d* Arras. Sa modestie
liisirttit du zéie que plusieurs de ses prédécesseurs,
avaieut déployé poui peipéluer eû ce lieu , qui taisait
lui fit refuf^er cet honneur , et il fnllut que le pape Innocent H et le roi de France , Loms-le-6ros , lui
ordonnassent de se laisser imposer les mains II s'employa avec ardeur à réformer les abus qui s'étaient introduits dans plusieurs communaiiiés du diocèse. Outre le changement qu'il opéra dans celle de Mareeuil « il substitua , anx chanoines séculiers , qui desservaient à Aubigny, Téglise de St.-Kilieo , des religieux du MoDt-St.-Eloi. A Houdaiu, il fit venir des bénédictins de Tabbaye de St.-Remi de Reims , pour remplacer les clercs de l'église de ce lieu. Il retira des mains des laïcs, le mouastèie de Pas, pour en faire lin prieuré, sous la dépendance de celui deSt - Ma r ti n -des-Champs .
Le douzième siècle fut fécond en dotations de monastères, Alvise, y prit un vif intérêt. Il souscrivit à ta fondation de la Chartreose du Mont-Dieu , au diocèse de Ikiiiis, a celle de St.-Martin-aux-Jumeaux, à Amiens. On le trouve repris dans d'autres titres qui concernent diverses donations aux églises ou aux monastères de la province ecclésiastique de Reims. Il consacra, en 1139, dans son diocèse t l'église de l'abbaye de Vicogne, ordre de Prémontré*
Al vise assista, en 1133, à la consécration de la cathédrale de Térouanne; et, en 114i, à celle de la célèbre basilique de St. -Denis, sur l'invitation do l'abbé Suger , son compatriote et son ami.
ss —
pariie du doi^iue de &m évéché, le cuiUi qu'on y a¥âU raidtt do tant temps à sainie BerltUe « il prit là
Appelé au Concile de Pise, en 1134, il s'y rendit avec l'archevêque de Heims , et eouscrivit à la condaamatioii deTanlipapie ABaolei« corapétiteor à*InooeentU. Nous retrouvons ré^ôque d*Arras, en 1 1 iO,
au Concile provinciai de Sens ; où saint Bernard , réfuta d'une liiaiuère viclorieuse, la fausse doclrinedu trop fauaeux Abeilard. Le saint abbé de Clairvaux, professait , comme il ie témoigne par ses lettres, une grande estiine pour l'évéque d Arras ; et « de son côté« Aivise* avait un profond respect pour la science et les hautes vertus de so^nt Bernard. Aussi , Taida-l-il de tout son pouvoir , quand il vint dans nos contrées préeher la seconde croisade ; Tévêque d'Arras , ea effet, excita le zèle de Thierry d Alsace, comte de Flandre , et des chevaliers d'Artois , pour celte sainte entreprise, dont Tissue fut si malheureuse. Il prit lui-même la crobcaves le roi Louis VII, à Veselay : fit* lorsqu'il remplissait la charge d'ambassadeur de ce prioue , auprès de Vem^^ereur de Coosta&tinople , Manuel Gommène: accablé de fatigue et déjà avancé en âge, il tomba malade à PhiUppi, dans l'ancienne Macédoiûti. Voici comment Odon de Deuil , religieux de St. -Denis, témoin des derniers moments et de la mort de prélat» en raconte ie$^ ioupbaotes particularités.
< Qft arrive eoâa» dit-il, à Philippi, où ie véné- . 1 rabld évéque AWise , nsounit ie $ des Ides de
résolufion de renvoyer les clercs qui desservaieot l'églii0«t de leur sobslituer de» chsmoiaes réguliers.
» septembre (114^7) en confessant Jésus -Christ.
> Après uoe longue maladie , ce prélat comprenant 1 locourrerrce de la féte de saint Berlin, dont il avait
• été religiecft , el celle de la Nativité de la sainte
• Vierge , assembla les clercs qv'il avait près de lui , t ainsi que plusieurs religieux et leur dit baigné de » larmes : (car c'était un don de Dieu qu'il avait » toujours eu.) Mes très-chers frères, vous célé-
> brerez avec le rit et la solennité convenables, la » féte de saint Bertin ; mais , comme je n^assisterai
S oint avec vous i celle de ta bieobeoreuse Vierge farie , rendezHoaei le sei'viee qui est en vetre pott* t voir. Prenez vos livres et chantes pour moi lont . » l'office de ce jour avec les cérémonies ovdinaires. » Ceux-ci obéirent en pleurant et firent ce (ju'il de- » mandait. Chaque fois que le saint évéque entendait i le moi Ave p ou le nom de la sainte Vierge, il fat» » sait toos ses efforts , quoiqu'il iïlt à Tagonie , pour
• se soulever et saloer la mère de Dieu. Il rendit 1 rame qaand les prières tarent terminées. Son eorp»
t fui inhumé hors de la ville, dnns régHse de St.-
• Georges, devant Tautel, où son toaibeau devint t un objet de vénération. Peu après son arrivée à
> Philippi, le roi se rendit dans cette église, où il
> pleura la perte de ce saint évéque. Il lui fit faire t de nouvelles funérailles , auxquelles il assista avec
• les prélats qui étaient à sa suite. 11. est bon que
— ùo —
Il écrivit à cet effet à Odon , abbé d'Eaacourt (1) poui' (ai demandei qu'il mit à sa disposition , Beauduia de
» Ton sache, ajoute le narrateur, qae nous avons » vu ceilairiement des personnes ayant la fièvre , » dormir sur son tombeau, et rendre grâces ensuite « à Dieu et au défunt évôque de leur parfaite gué" • Hs(rn« « •
Dans one lettre que Louis VU écrivit de Constantinople à Suger, il lui fait pari de la mort de son
vénérable frère, l'évéque d'Arras, et il ajoute qu'elle a été précieuse devant Dieu. Cette expression de vénérable frère, a fait penser que le célèbre Soger , avait été élevé avec Alvise^ à St,-Bertin. (Consulter sur Alvise, les Miscelianm de Baluze, t. V, et les annales eeclésiastiques de Mabiilon, U VI. )
(1) Cette abbaye I de l'ordre de saint Augustin, était située à l'extrémité sud de la province d'Artois, près de la route royale de Bapaume à Amiens , dans la paroisse de Warlencourt. Lambert de Guînes, évéque d'Arras, fonda ce monastère, en 1101, et en confia la direction au saint prêtre Odon , qui s'était créé une solitude dans la forêt d'Arrouaise. Ce bois qui couvrait alors les territoires de Bapaume et des villages environnants, est connu dans rhis<* toire; sous le nom iiArida gamantia. Il s'étendait , depuis Encre-Albert , en Picardie , jusqu'en Belgique vi fut défriché , en partie , par les religieux de saint Vaast, de Corbie, de St.-QAieatm et de Honnecourt. Odon mourut en odeur de sainteté, en 1142 . An-
BaiUeuL aaekii pirévàk de Fuines , ({uil cauaaisbail depuis loQg*-taia|is €i qu*il jugeait propre à remplir
ses vues. 11 rétablit donc à Marœuil, le quatrième jour des kalendes de mai , 1132. Ayant appris par la riuueur publique qu*uae partie du territoire de Soo-
selme, seigneur d'Houdain, dota son monasière par la cession qu*il lui fit des fiefs de Courcelles-le- Comte et de Daillencourt ou Baillescourl. Un seigneur de Gooiicourt , vint ajouter à ces libéralités , et fut iobumé , par Odon, daos l'église abbatiale. Les chanoines réguliers d'EaoGourl, étaient sous la juri* diction des évéques d*Arras« teure abbés siégeaient aux états provinciaux d'Artois. Le dernier de ces prélats, M. Bultez, mourut à Arras, le 12 août 1821. Mgr l'évêque d'Arras , l'avait agrégé à son chapitre et l'avait nommé archidiacre de Boulogne. L'enclos • du monastère contenait environ cinq hectares de terrain. On y trouve encore les fendalions de i'égliae et le tracé dea bftiâmants clauslraux, Il ne resta qne le quartier abbatial et la ferme dans laquelle on a établi une fabrique de sucre indigène. A un kilomètre de ce lieu, est une butte de terre de dix mètres de hauteur , et qui recouvre près d'un hectare de terrain. On pense que ce tertre , évidemment fait de main d'homme, est un tumuiua i^lliKomain. Au siècle dernier « en découvrit» en cet endroil, des briques remainea et des monnaies frappées au coin de Tem** pereur Marc-Aurèlc. (Mémorial liistorique.)
camp) donné par saipte Bertille, à l'égiise de Marœuitv
élail occupe par un laïc du nom de Kalderon, à qui les oteros Tavaieiit abandoMié ; il ûi reotrer ces aileux dans le domaine du monastère. Une maison et une cbapeite furent aussitôt édiliées en ce lieu. L'abbé Bandoin, réclama l'autorité du prélat, pour rentrer dans la possession des auteis de Blavincourt et de Warluzel; et ce saint évêque, qui avait voué «n tendre intérêt au nouveau monastère, Taida à sortir de ses ruines , en lui abandonnant généFensement les Gores de Sombrin , deNoyeiles-Godaut , de Wingles« et de Bénifontaine. Il ajouta à ces donations , celle de douze eourtUs au enclos, et le manoir dit de Févêque , le tout situé a Marœuil , sous la réserve d'un cens annuel de douse demers; plus la dime sur les moulins de ce village , et une barque flottant dans le vivier qui servait à voiturer Tberbe. (1)
Beauduin lui-même , employa sa fortune personnelle à la dotation du monastère ; les biens qu'il pos' sédait à Rikelpot , en Flandre , provenaient de son patrimoine et dei^ni de ses frères , Gauthier « Fré<*
(1) Caiiulatre de MurœuiL
maultlelr Laïuii&U. Uu ^ij^ » U acquU, au profit 4e son abbaye , uoq terre i Ikrvîtle.
IrûUYaU alui*$ « paraû les religut^ux, membre de rillostre maisaQ- de» comtes dis Gutoes ^ nontmé Guillaume. Il fit « au proiit du mouastère ^ uoe foudation qui eonsistait en une redevance de qnehfnes milliers de harengs. Une terre avait été cédée dans le Boulonnais , pour en assurer la perpétuité. Baoduin abandoQua celte terre, en 1 à Ënguerrandt seigneur de Fiennes « à charge par lui de procurer , chaque année , aux religieux « deux mille harengs saures qui seraient livrés à Tabbaye de Beaulieu. Ce traité fat confirmé par Milon, évéque de Térouanne. (1)
L'abbé Baudoin avait affilié son monastère à la congrégation d'Arrouaise (2) , peu après son instal-
li) Cartulaire de Marœuil.
(2) L*abbaye d'Arrouaise , située dans la commune de Rocqnigny, sur l'ancienne limite des comtés de Flandre et de Veionandois, fut tbndée en 1090, par Heldémare et Conon, qui s'associèrent quelques dis^ ciples dans ce lieu, jusqu*alors inhabité. Heldéraaro, prit le simple titre de prévôt et eut pour successeur, Conon , qui fit appiouvei le nouvel institut par Lam-
talion. Le tMre qui établissait ceitô afliliation ne se retrouve plus, mais U «si eertaiu 4}a'elle eut lieu,
avant i lot», comme on le voit [)ai' une bulle du pape
bert de Guînes, évéque d'Arras» en 1097. Elevé au cardinalat par le pape Pascal U , Gonon se fit rem** placer à Arrottaise, par Richer « prieur de Licques. Celui-ci eut pour successeur, Gervais , ancien secrétaire d'Eustache III , comte de Boulogne, frère de (iodefroi de Bouillon ; H avait apporté en dot une partie de son patrimoine , situé à Wissant. Ce fut lui qui le premier, prit !c nom d'abbé ; Robert, évêque d'Ârras « le bénit en cette qualité , en 1121.
Gervais ajouta à la règle de saint Augustiu , des constilutions austères « qui loi valureut le titre de réformateur de TordrCv II s'entendit pour cela , avec saint Dernard et calqua sa réforme sur celle de Citeaux. L'abbaye d'Hénin^Liétard fui la première qui l'embrassa, en s'nffîliant à celle d'Arrouaise. Vingtdeux autres maisons s agrégèrent depuis à cette célèbre ooDgrégation. Ce furent celles de Ste.-Marie-au'- Boîs ou Ruisseailville , près de Fruges^ au diocèse de Térouanue , de Ste ^^Marfe , dans h ville de Boulogne, deSt.-Crépin-en-Chaie. près de Soissous, deChauny, depuis St.-Eloi-Fontaine , diocèse de Noyon , de Sl.- Wulmer de Boulogrie, de Cysoing, diocèse de Tournai, de St. -Léger de Soissons, de St.-Mard de Tournai , de Marceuil « de Beaulieu , hameau du Boulonnais , dans commune d'fiUinghen , diocèse
liinoccBt H. Ce prêtât fit eonfinner , peu d*aDnécs après, rétablissement de son abbaye, par le souverain pontife Eugéae III « ainsi <\m Jes donations de
de Téro^ianne» de Cbirfay, diocèse d'Amiens, de Choques, près de Bélhune, diocèse de Térouaone, de Warneion , diocèse de Térouanno , de Sonnebeck, même diocèse , de Cbilillon , diocèse de Langres. de Chatrices , diocèse de Cbâions , de Doudeauville , dans le Boulonnais , diocèse de Térouanne, de St.* Jean de Valenciennes, diocèse de Cambrai , de Phalempin, diocèse de Tournai, de St.-Darlhélémi de Bruges ou d'Eckout, d'Austray, diocèse de loul* et de SoetejodaëK diocèse de Bruges. Les seize premières abbayes qui viennent dètre citées, étaient toutes soumises à Tabbé Gervais, avant l'année 1 1 48^ les autres furent établies dans le même siècle. Outre ces maisons déjà nombreuses , il s*en fonda , en An* gleterre, en Ecosse, eu Irlande et jusqu'en Pologne. Un chapitre général avait lieu chaque année, en octobre.. L'étude était fort recommandée dans cette congrégation , mais on s'y occupait aussi beaucoup du défricbement des forêts et de la culture des terres. < Le travail des mains , dit Dom Gosse, à qui nous » empruntons cette note , ordonné par le chapitre Vf I » des constitutions, s'exerçait dans le voisinage du » monastère. Un y était conduit par le prieur et Ton > chantait ('office canonial, en pleine campagne, aux » beures prescrites, L'ordre d'Arrouaise fut ré*
iJiyiiizea by CaO
l evêque Alvise , et les autres bîeûs dont câle était alors pourvue.
' Baudoin de Baillenl souscrivit, en HM, le -diplôme par lequel Thierry d'Alsace , comte de H^ndre. ratifia les doûaùons faites à Tabbaye d'Arrouaiw, en
formé en 12i5* Jusqu'à cette époque , le costume des religieux consistait en une toniceUe ou chemise de lauie, des hauts de chausse avec les bas, des
chaussons, des buUmes ou brodequins , une pehsse ou robe de peau avec le capuce , une aumusse de drap ou de pean noire sur la tôle et sur les épaules, le scapulaire, le surplis ou la cbappe. La congrégation d'Arrouaise s'éteignit , par le non usage des chapitres généraux, qui cessèrent d'avoir heu dans la dernière moitié du quinaième siècle, par suite des guerres qui désolèrent la Flandre et l'Artois. Les troupes de Louis XI, ruinèrent la maison mère, en U75. Les reiigieuK vécurent dispersés dans diverses malsons de l ordi-e , pendant plusieurs années. Cet état de choses , se perpétua , sous François I^"^ et Charles-Ûtttat- Les abbayes qui composaient celte congrégation , se mirent alors sous la juridiction de leurs évéques respectifs. Et l'évéque d'Arras.» François Richardot, fit renoncer la maison d'Arrouaise, elle-même, à ses anciens privilèges. Il ne reste plus de traces de ce monastère célèbre qui , depuis la hn du onzième siècle , jusqu'en 1790, fut dirigé par cinquante abbés réjEuBers,
hvemt de Tabbé fiemis , f» Eustacbe III , coale de
Boulogne , notamment les biens situés à St. -Orner- Capelle. Ce même abbé signa ^ en 1155, la ^arte dans laquelle Godescalque (1) , évêque d'Arras^ &il rénmiénitieii des biens que le chanoine Ro1>erl et
Ermenfride » sou frère , abandonnèrent à sa cathédrale.
Simon d*ûisy« banneret d Ârtois, qui jouissait alors , dans cette ^nmnoe , d*ane grande poissanee
féodale, fit rédiger en faveur de Tabbaye de Marœuil,
(1) Ce prélat, né en Brabant^ était abbé du Mont^ St.-Martln, ordre de Prémontré, près deLaon, lorsqu'il fat appelé à succéder à Alvise, en 1180. Il se montra très- libéral envers son chapitre, auquel il abandonna les autels de Bailleul . de Boiry, d'Hébuterne, de Rouvroy, de Servins-en-Gohelle , de Noyeiles-sotis-Vermelles. La paroisse de N.-D. et l'église de St.-Nicolas-en-Méaulens , avec les dépendttOces dé paroisses. Il érigea en curé l'église dite la Q^apeteiteHao^laréin , dans la ville 4'Arras. Gedescalque, reoommandable par une haute piété, et une grande libéralité envers les pauvres, mérita les éloges des papes Eugène IH et Adrieti IV. Cassé de vieillesse et accablé d'infirmités, il se démit de son évêché, en 1161 , et se retira dans I nbbayedu Mont- St.-Martin, où il mourut 1^ 7 zoU 1170.
[a châi le dont nous donnons ici la iraductiûo. > Je , / Simon d'Oisy , fais savoir à tous prâsens et à ve^
> nir, que moi. Ado, mon épousa, nos fils, Hugues
> et Pierre ; nos filles , Heléiarde et ttalhilde, ainsi p que leurs maris , André et Razon ^ avons concédé
> et eoDfirmons par celte coneessioB, Tamâne que
* Hugues, mon père, et Heldia^de, ma mère, ont » fiiite à l'église de Maroaiiil , pour le salut de leurs
• ames : ajoutânt même à cette aumône , pour notre
> saoeiifioalion al le repos étemel de €liUes , notre « fils, que tout le tenain compris dans Tenelos
• de Tatibayo, sera désormais leait par lès frères «
> exempt de tout cens ot de toute réserve, à l'ex^
> ceplieii que , si un Toleor était pris dans ee même » endos « il me soit livré ou à mon lieutenant* le
. » Veincf encore que nul , fnt-il nion chef « ne poisas y » mettre la main sur moi. Que, si un malfaiteur t vient à pénétrer dans ma maison et ses dépen* » dances « les moines ne le retiennent point chez eux » contre ma volonté. Et afin que ces dons demeurent
> fermes et inébranlables , j*ai muni cet acte de Tim-
* pressién démon sceau , soifs I» iémoigna|re de mes » hommes. Les témoins sont : Gui chanoine. En- » guerrand son ft&rè\ R&zon mob'^gi^ndre / Ban-
» duin de héuiu , tioddroi soq oacic « Bauduio , » Hugues Chevalier, el tous les échevins dd Ma^ • rœuil. Fait en l'an de l'iacaroatioa de notre Sei- » gneur, 1468, îndiction 13*. «
On voit par ce litre , qu& les châtelains d Oisy , étaient alors seigneurs de Marœuil , du moins , en partie , et qu'ils y possédaient un château. U nous révèle^ en outre , que ce village était administré par des écheyins« à une époque ou plusieurs de nos villes, n'avaient pu encore obtenir leur émancipation.
L'abbé Bauduin s'occupait à cette époque avec activité des eonstraetîons de l'église et des bâtiments claustraux qui ne purent être eniierement achevés sous son administration. On le trouve nommé en qualité d'arbitre, avec Ëustache, abbé de St.-£loi^ pour juger quelques différends qui existaient entre Tabbaye d*Arrouaise et le chapitre d'Ârras, concernant ies dîmes de Bucquoy et de Doucby. Il mourut le 12 mars
L'ordre d*Arrouaise , que Bauduin de BaiUeul avait introduit dans la maison de Maro^uil , était austère comme ceux de Citeaux et de Prémontré, fondés presqu'en même temps^, par saint Bernard et saint NorberL Cependant, on ne voit point dans les sta-
tuts, que les Arrouaisiensaieni été soumis â une absdueuce perpétuelle d alimeiii» gias. Le» abbé» « pei»'^ vaient permetlre , même dans les premiers temps, qtt*oa servit quelquefois des viandes au réfectoire. Mais la paamté reKgieose s'obsenrail avee une telle sévérité, qi^^ lorsqu'après ia mort d uo religieux, ôu découmit qu'il était demeuré possesseur d'une ^se quelfiouque^ eu le privait de la sépulture ecclésiastique* Celui ({uî « pendant sa vie , conservait une propriété , soit mobilière • soit immol^Uièi e , eucourait reicDmBMinicalioo , quand apiéa Tavertisse-meut de l'abbé , il refusait d'abaDdauqar ce qi^'il re* tenait en propre.
Ou jeûnait depuis les ides de septembre jusqu'à Pâques , et pendant ce long espace de temps , on ne mangeafitqu'uue ïm par jour, eiiioepté les dimaucbes.
Le nombre des religieux était eonsidérable dans chacune des inaisons de l'ordre, ils tormaieot deux dasses , dont les uns étaieni promus aux ordres sa* erés, les autres quon nommait firéres lais, ne sawenl pas lire. Il y avait aussi des sesurs oonverses attachées à ehacuqe des abba>es.
L'hospitalité était regardée, dans l'ordre d'Ar-* rouaise, comme! un des devoirs les plus sacrés. On
recc^ail on grand nombre d'étrangers : un quartier d'bdbitdUon leur était réservé dans le monastère. Un chanoine hospitalier, qui avait sous lut quelques frères, était chargé de recevoir les hôtes « • Comme t tous les fidèles, est^l dit dans lels statuts généraux, i doivent être hospitaliers « selon rÂpûtre« chaque
• maison exercera rhospitalîié conformément à ses » moyens* Chaque hôte sera reçu selon sa condition. V On n'admettra point de femmes , i moins que ce
• ne soient des dames de telle qualité, qu'il ne soit
• pas possible de s*en défendre , sans de grands in** » convénients* •
Il est prescrit aux abbés , dans ces mêmes statuts, d'être en tout et partout, les modèles de leurs infé* rieurs-; de chanter avec eux les heures canoniales ; de remphr en commun les devoirs du cloître et du cbapitre ; d'habiter le même dortoir et de manger au réfectoire commun , à moias qu une juste raison ne les en dispense. Il leur est défendu de recevoir aucun sujets sans avoir obtenu le consentement de la plus saine partie de la communauté , et de donner Thabit religieux, à quiconque n aurait pas atteint l'Age de dix-huit ans. L'abbé ne pourra établir ni pré*
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bende, ni [jension, si ce n*est du consentement 4e son chapitre, des définiteurs de l'ordre et de Tévêque diocésain. Défense absolue lui est faite d'accorder la moindre faveur à ses parents ou amis.
CHàPlTUE VI.
Dc^ lartii dniièae abbé, I17S, josquà Pîm denxitee di um ,
MarlÎDt prieur du monastère, ayant été élu par le chapitre pour succéder à Baiidnin de Bailleul, fat bénit par André, évéque d'Ârras, le jour de TAQuonciation de la Sainte-Vierge, le 25 mars il 71. n conclut, en 1173, avec Eustache, abbé du Mont- St.-£loi, (1) un accord concernant les droits de
(1) On a vu que saint Vindicien fut inhumé au
Mont-St.-Eloi. Les religieux qui gardaient son tom-* beau ayant été dispersés , en 881 , par les Normands, ce ne fut que plus de vingt ans après , au milieu des ruines du temple, qu'on retrouva le corps du saint évéque. Alors quelques ermites se réunirent de nouveau dans ce lieu désert. En 928, Fulbert, évéque de Cambrai et d* Arras , les autorisa à vivre en commun, et au siècle suivant (1066) saint Liébert les remplaça par des chanoines réguliers de l'ordre de sanil Augustin. Cette institution fut complétée^ en
terrage et de dîmes que possédaient coojointemeat les deux monastères i Soncamp et à Sombrin. Nous citerons les signataires de ce titre conservé dans le Cartulaire de Marœuil , parce qu'ils donnent une idéé de la hiérarchie qui s'ohservait à cette époque reçu-
1097, par Lanabert de Guînes, évéque d'Arras. Quarante-quatre abbés dirigèrent cd monasière depuis Jean l^'^ du nom , mort en 1118, jusqu'à Dom Laignel qni mourut à Arras sur Téchalaud révolutionnaire, en 1793.
Les religieux, dont le nombre avait été fixé à quarante « portaient Fhabit violet.
Ce monastère, plusieurs fois détruit durant les guerres du moyen-âge , avait élé ceint de murailles à la fin du XI11« siècle et protégé par des tours en 1417. Au siècle dernier, il fut entièrement reconstruit par l'abbé Roussel, mort en 1750. L'église est entièrement démolie; mais on a conservé les deux tours jumelles que le voyageur découvre à une' très* grande distance et qui forment, dans nos vastes' plaines de l'Artois , un admirable point de vue. Le conseil générai du Pas-de-Calais et le gouvernement les ont acquises pour les sauver de la destruction.' Ces tours , de style grec, sont comparables et peut-- ^tre supéiieures aux clochers de St.-Sulpice à Haria« Il ne reste plus qu'une partie des bâtiments claustraux et des murs d'enceinte qui formaient un parc de près de 40 hectares d'étendue. ^ *
-bolée, A^ûs l'une et l'autre maison. Ëuslache, abbé 4e &ioQt.-Su-Ëloi, Habert j^rieur. Simoa prévdtv, Radulphe, Théard, GodefVoi » Arnulphe, Beraard. Ariiiuiftbe , JBauduia, Maître Araui{kb6 de Laos, TbomaSi Hébert et Ade, prêtres. — Golei , Grcgoiiii, JeaD« Ramerî, Robert, diacres. — Nicolas « Barthélemi, Godefroi, soudiacres. Michel et Gérard, eacore enfaots. Yienaeat ensuite les sigjiatures des relifieu de» Marœoii. Martm, abbé, Simon, prieur,' Bauduia, Jean. Gérard, Lambert , prêtres ; Gomer et Philippe, diacres; Hugues, soudiacre. L'acte se termine ainsi : iail ea tannée 1175 Pi&carnafSoir Seigneur, sous les règnes de Louis, roi de France et de Philipj^e, comte de. Flandre, savoir; au moment où les armées se léuaissaient contre le roi d Angleterre. La France et l'Europe entière étaient alors vivement préoccupées du meurtre conuttis par le& ordres de Henri U, sur la personne de saint Thomas, archevèciue de Cantorbérj. Louis VU voulait punir ce crime .et se maintenir en même temps dans la possession de la Bretagne que Henri prétendait faire passer an pOBYoir de sa famille., Déjà l'abbaye de Marœuil possédait à Bailleul diverses propriétés provenant de» donations feiles par
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I Baiiduio son premier abbé. Ide de Bailleul et ses
t deux fils, Lambert et Ba«4om; y ajonlèrênt, en
1174, Tabandon de vingt journaux de terre .
L'abbé Martin fit confirmer, eto 1 176 , la donation feite à sa mison et aux tempiiets d'Arras , de la troisième partie de la dîme de Mériewart protenaiitde • Sagualon Hucquedieu ^ par sutte d'achat feit de Vicarl , seigneur de Rouveroy. ^
L*anfiée suivante » il obtint des prévôt et doyen de St.-Amé à Douai , la faculté d'ériger une chapelle sur les possesKons de son abbaye à MerviUe , aûn qnlii pût, ainsi que ses religieux, y célébter la tneese, qaandiis séjourneraient en ce lieu , pourvu qu on n'y admit aucun prêtre séculier, ïiî même aacuti ptfi«gieux pour y rester à demeure. (1 )
Le comle de Flandre donna une preuve de Yith térêt qu*il portait au monastère par une donation ^ conçue dans les termes suivants. * Je Philippe, I • comte de Flandre et de Vermaadois , veux qu il
. soit connu de tous, que pour le salut de mon âme, » j*ai donné à Féglise de Marœuil vingt-cinq sous, à
(1) Cartulaire de Marœuil.
* recevoir chaque année , à Bapaume , le dimanche ■ des Rameaux , de celai qui y taucbe mes reveaus ; » réglant que ces deniers serviront seulement à > acheter, le pain et le vin pour le service de l'autel. » Et afin que dans la suite , cette aumône ne puisse I être aDDttlée par qui que €6 soit« j ai ordoané. que
* la présente lût munie de rautorité de mon sceau. .
* L*aD du Seigneur 1177. (1) •
Peu d'années après (1180) Lamvin, seigneur de WarluzeU abandonna aux religieux les dîmes qu'il possédait en ce lieu. Cette donation fut faite en présence de Jean de Meaulens et plusieurs autres cha<* noines de la cathédrale, et de quelques seigneuis tels que Roger de Sombrin et Théobald d'Agny. (2)
L'abbé Martin obtint, en 4183, du chapitre d'Arras, la cession de toute la dime et du terrage qu'il ' possédait à Warœuil pour la sixième partie de la dîme
de SauHy« moyennant une redevance annuelle de douze deniers. (3) En cette m&m année, le pape Lucins lU, cou-.
(1) Cartulaire de Marœuil.
(2) Ibidem.
(3) libidem.
rirma t(Ais les biens que possédait aloi's le monas*-
tère. (1)
Robert de Béthune, avoué de St.-Vaast, conûfjaiia i
son tour la possession de la diùie d'HceUes ou Herlies.
On voit qm cet abbé augmenta notablement les ressources de sa maison qu'il fit prospérer aussi sous le r^ipport spirituel; car il la mit en relation de prières av€C plusieurs abbayes, notamment celles de Bel gues-St.-Winoc , de Choqués (S) et de St.- Amand. Il acheva ia construction de l'église que son
{1} Cartulâire de Mgrœuil.
(2) Le village de Choques , situé sur la Ciai encc , à niiA lieue ouest de Béttiune, est une très>anciennc i^dence des Seigaeurs de 6e nom. Robert de Bé» thune le fit i^eindre de murailles vers 1070 et l'érigea en ville. Une église avait été fondée dans les dépendances du château pour être desservie par des chanoines séculiers. Saint Jean , évéque de Térouanne , ia confia à des réguliers en 1 150. On ignore Tannée l^éeiee où cette comnnuiauté embrassa ia réforme it*Arrouâise ; mm il est Certain qu'elle s*étaH affiliée à ceW ««Dgréfiation dès l'an Le monastère avait été transféré, dès cette époque, b<or^ de t*enceinte de la ville, après quelle eut éld ruinée, èft 1 128 , par Robert de Normandie.
L'abbaye de Choques était située sur la Qaryce
prédécesseur fi'avait pu que commencer, L'évéque d*Ârras , Pierre l^"^ du nom , en fit la dédicace solennelle sous le double voeahle de saïal Auvjuu el de
sainte Bertille, le 23 juin 1191. Le pieux abbé dit ce jour-là à l'un de ses religieux qu il avait assez vécu , puisque Dieu lai donnait une consolation qu*il attendait comme le comble de ses vœux. Il mourut en effet douze jours après ( 4 juillet 1191.)
Gauthier, troisièiiïe abbé de Marœuil, fut élu le jour même de rinhumation de Martin, et reçut, peu après de Pierre» évêque d'Arras» (1) la bénédiction
et à Textréme limite de Tancien diocèse de Térouanne. 11 n'en reste plus que le quartier abbatial et un vaste enclos ceint de uiuraillos. Les bâtiments clausli ;uix et Téglise ont disparu. Une fabrique de sucre indt!ç,'ène a été établie, dans ce riche et magniiique manoir.
(1 ) Ce prélat aussi zélé que savant , avait été.abbé de Poptigny, près Citeaux, lorsque les voix unanimes du chapitre rappelèrent à révécbé d*Arras. Il fut sacré en llalie pendant la tenue du concile de Vérône, en 1184. On le choisit pour arbitre, en 1192, avec Guillaume , archevêque de Reims, et les abbés d'Anchin et de Cambron , après la mort de Philippe d'Alsace . au sujet du partage desproviaces d^landn #t d'Ai'iois.» entre Baoduin, comte de
abbatiale. L'abbaye d'Arrouaise presque luuieo alors par la guerre désastreuse qui s était déclarée entre Philippe- Auguste et Philippe d'Alsace, comie de Flandre, se vit contrainte d'aliéner une partie de ses biens. Celle de Marœuil acquit les possessions que la maison d'Arrouaise avait à Gosnay, située près du château qu'avait en ce lieu Mahaut d'Artois, et dont elle fit une chahreuse. Cette propriété fut échangée, en 1521 , sur la deuiaude de cette comtesse, contre un autre bien fonds situé à Maisnih L'abbé Gauthier régna dix ans api ès lesquels , sur la demande de révêqae d'Arras, il fut déposé. Tan 1200, au chapitre général tenu à Arrouaise. Il vécut encore cinq ans comme simple religieux.
Robert , né en Angleterre et religieux profès d'Arrouaise, avait dirigé avec sagesse cette abbaye en
Flandre, et Philippe -Auguste» Il assista, l'année suivante, à Amiens au mariage que contracta ce prince avec Ingelburge, fille du roi de Danemarck.
On connaît l'interdit lance sur toute la France à cause de la répudiation d'ingelburge, L'évêque d'Arras lit observer cette censure dans son diocèse avec la dernière rigueur. Il mourut trois ans après et fut inhumé dans l'église abbatiale de Pontigny.
()i|aUlé d'sibJDé-géaérai de Tordre, durant Fes iemp» eaisuQiiiteox dont il vleol d'élre parlé. U s'étail volon* rairemept 4émis du cette change, lorsque, sur ies^ fnstances de Tévéque d* Arras , U pril la directioQ de la maison de Mnrouil. Il n'y demeura guère plus d'un an , darant lequel il fit conOrmef , par Eu9l9ciie , châtelain de Lqq9, la dotation d'une partie des d^^ies de Vendin et de Wingics par Jean Péiillon et Nieelas, son fils . seigneur de Vendin. Cet abbé îut rappeb^ eQsuife à Arreuaiseï oà il prit de nouveau le gou^vepnemeat du monastère. Il composa , selon Doizi Gosse, une continiiatton de la chronique de cetle abbaye depuis 11 79 Jusqu a la fin du XII^ siècle. «. I^s actes > qui nous restent de cet abbé , dit cet historien » « sont autant de témoignages de sa prudeape et de • sa fermeté. » Ferri de Loere le lait à tort régner a Marœuil jusqu en 1206.
Pierre « de ce nom, aaglais de nation « cba« noine régulier de la maison d'Arroiiaise, d'abord abbé de Doudeanvilie , ensuite de St. -Jean, de Valei\ciennes, obtint les sulirages du chapitre de Ma^ rouil, après le retour du précédent à la maison mère. Raoul de Neuville, qui venait d*étre élu évéque d*Arras , exempta cet abbé et ses successeurs de la
jui itliclion des cchevins, en qualité de seigneur du lieu. Vbici la charte qu*il rédigea à cet effet, t Raoul,
> évéque élu de Téglise d'Attas , par la permission
• divine , à toi» ceux qu'il arrivera de voir ces » lettres, salut éteroel en notre Seigneur Jésus-
> Christ. Faisoos savoir à tous présents et à venir «
> qu'ayant oui dire qu'il existait à Marobuil, la cou-
• tume de faire comparaître Tabbé , même par con- » trainte, devant les échevins du lieu, lorsqu il s'a- » gissait entre lui et quelques particuliers , de dettes
• ou d'autres effets mobiliers , sujets à contention ou t procès. Nous« qui désirons d*agir bénignement ^ avec cet abbé » Tavons déchargé de cette couluuie,
> de sorte qu'à l'avenir, il ne soit plus tenu de com- » paraître devant les éclievins pour ces sorles d aft &ires; àmoins qu'il ne s'agisse dé quelque bien » que l'abbaye possède sur leur juridiction , ou que
• de sa propre volonté et de son autorité particulière ,
> il veuille bien se soumettre à leur jugement en t certains cas. Et afin que ce privilège denicure it I perpétuité et qu'il soit transmis à la postérité , nous » avons fait apposer au titre de cette confinnatioa t notre sceau. Donné au mois d'octobre, de l'an duv » Seigneur 1203. *
Ua a vu que la terr^ (te Soncaoïp fui rev«n4iqaée
par Pauduin de Bailleul et l'évéque Alvi^e , comme proyeaapf de la fondiatioA mi^oa^ de sainte BertiUe. Les relij^eux en avaiei^t fait uKi prieuré. , qui. éitait tenu , en iiM , par des sceors^ copvei-ses. Baudum, seigneur de Pas , leuc donoa cette auaéc , pour Tu* sage de rinfirmerie, on demi boisseau de froQient, ayec charge de prières pour \xjd et^se.s prédéoas^eurs. Nous apprenons par le titre de cette doJnatioD , fue le prieuré de Pas avait aiorsi de l'iniporlauce , car . il éitait régi par prieur « uj^ doyen el on prévit. Outre les signatures de, ces trois digniuires , Tacte porte encore celtes de Mibn deSatton,, de Simon de Haisûu , d'Adam deMoudricourt, de Michel de Bassy, e( de Baiiduin^Qeket ^ aeîgneur de Baitiescourt. (1) Hugues d'Aussi, vendit à l'abbaye de MarcpulU en 1206,.ladlmfi de Blavincoort (alors Çavelincoart) pour une somme de deux cent-viogt livres paiisis. Dés Tannée 11S5, ce pionastére possédait au Pacau , prés de Béihune, une terre dont la jouissauce lui fut assurée d'iibord par Robeii do Béthune « ett en 1209 *
(1) Cartulaire de MarœuiL
par Daniel, l'un de ses successeurs. Uoe aulre propriété , située au viBage de Mstrem , appartenant aussi aux religieux, relevait de la seigneurie du Pacau , par soixante sons parisis , une lance et une paire d'éperons blancs; on rappelait le fief de la lance. Les seigneurs du Pacau étaient pws du chà** teau de Béthune. (1)
Lie chapitre d*Arras. exerçait encore t en 1208 , des droits féodaux sur &Iaj:($uil. On le voit par une concession faite entre l'évéque Raoul et le chapitre eu Ëiveiur des religieux., ooneeraant le droit dé faire moudre, chaque san^aine, au moulin de ce lieu. (2) *
Cassé p^r Tige, et accablé d'îniknùtés, Tabbé Pierre!^, se démit de sa prélature , après avoir bien mérité de sa cowmunauié^ et se reMra a ÀrrQuaise, en 1216 ou 1217 et non en 1221 , comme le prétend Ferri de Locre. II y mourut pe.u djB teo^^s après.
Cartulaire de MarœuîL