‹ Histoire de l'Abbaye de MaroeuilChapitre 3 sur 6 · CHAPITRE VU · texte numérisé non relu

CHAPITRE VU

* îkfÊk tiim 11 , iai7, jufi'i Jeu i» Waismirl, iiU.

Pierre, deuxième du nom, né à Arrds , était prieur du monastère» lorsquil fut élu le 8 octobre 1216, pour remplacer le précédent. Le lendemain , qui était un dimanche, il fut soieûDeliemeot bénit dans la cathédrale d'Arras , par l'évêque Baoul de Tteuville. Il acquit, en 1219, de Nicolas dÂblâin, un bois situé en ce lieu , tenu en fief de Guillaume de Kaeù , seigneur de Carency. Mais ce qui rendit chère aux religieux la mémoire de cet abbé, fot la translation qui eut lieu, en 1228, du corps de sainte Bertille, dans une no\ivelle châsse. Nous transcrivons ce &it , tel qu'il est raconté par un témoin oculaire , que 1 on soupçonne être en même temps Vautour de la vie de la sainte « éditée par Bollandus et Ghesquiëre.

« Le corps de sainte Bertille , dit-il , étant resté

• cent quarante ans dans la même châsse , des vo- 1 leurs vinrent enlever l'or et Targent dont elle était

> oit^é<^. Ce fut pitié de voir , que psur smle ce » sacrilège , les reliques de ia sainte fassent dépoli s^e& 4dP^ uoe çbs^e aussi pe^ déceute. Pi^rçe , » abbé de MarœutI ei ses religieux , affligés de cet

* état de cbûses, tirent couiii^ctioDner une s^uire )* châsse qui fut couverte de plaques 4'argem doré » etpoilaut eu relief^eu divers eadroi^s» phisiaurs

> ligures artistement ciselées. Ils demandèrent donc,

> qm'à un jour convenu « les reliques y fus&eiit boQo-

* rablement déposées.

> Cela étant (ait, et tout étant pyr^aré , l'abbé et

> le couvent daMarœuil s*adressëreitt humblement i ■ PoQtius^ évéque d* Arras (1 ) le suppiiaat dacoAcourir

> àraccomplissement du vœu qu'ils avaient conçu de

(1) Pontius , archidiacre d'Arras , succéda, par élection, à l\aoLil de Neuville en 1221. 11 fit constr\iire la cliapeiie du palais épiscopal et donna divers orneroeoU à sa cathédrale. Ou loue sa piété et sa charité envers les pauvres. II assista , en 1223, au concile de Paris « réuni pour condamner les Albigeois , et fut présent, en même temps , aus obsèques du roi Philippe-Auguste. Il admit, à Arras, les cordeliers les Augustines , qui s'établirent au t'aiibonrg' de lionville. Ce prélat (It déposer le bailly d Arras par suite d'un meurtre commis dans la cathédrale sur le

» transférer te corjps de letir sainte patronne dans

• une nouvelle chasse. Ce zélé pasteur accueillit leur » demande avec une piété pleine de bienveillance et « leur promit de présider lui-même, s il le pouvait ,

• à celte solennité qu*i1 Hxa au huit des Ides d*oci tobre y pour n* apporter aucun retard au vœu ex-

• primé par la communauté. Ce jour étant advenu , i Dieu qui protAge ses samts, permit qu'il fit un i temps magnifique quoiqu*il eût plu considérable- » meut la veille, ce qui fut attribué à Tintercessioa » de sainte BertiRe.

« L'évéque vint donc comme il Tavait promis : t la cérémonie commença par une procession so- » leonelle à laquelle assistaient avec un nombreux » clergé , Tabbé d*Arrouaise général de Tordre , les

> abbés d'Uénin-Liélard et du MoDt-St.-£loi, l'abbesse

> d'Etrun, le doyen du chapitre d'Ârras et Pun des art chidiacres du diocèse. Un immense concours de fidè-

• les s'était en même temps réuni à Marœuil. L'église

• ne pouvant contenir tout ce peuple , on établit uae

jirévùt do cette église, Thomas d'Argenleuil. Pontius ûiûuiut en 12^1 , et fut inhumé dans son église.

> estrade en plein air daos reoelos du monastère

» que les religieux décorèrent de tapis magoifiques. » PonttJis et les abbés y prirent place. Maître Asson «

> cUanoiae de la cathédrale , prononça un discours » dans lequel il fit l'éloge de sainte Bertille. Le vé-

> nérable prélat accorda à tous les iidèles qui avaient » assisté à cette touchante céréoionie , trente jours

> d*indulgences ajoutant que cette remise des peines f canoniques durerait pendant quarante jours.

« Gela étant lait, on préseota au pontife Tancieune » châsse dans laquelle reposaient encore les ossements

> de la sainte. L'évoque en avait rompu les sc^ux

• la veille de la solennité. En présence donc de cette

> assemblée, il retira les ossements qu'il fit voir au ■ clergé' et au peuple » les réunit ensuite avec |e » plus grand soin et les enveloppa dans une étoffe I de soie* Le chmur chanta le Vent Creaior et le I Te Deum tandis que Tévéque déposa les reliques

• dans la nouvelle châsse. Un or&vre avait été appelé » pour la clore avec soin, et l évôque y appos^a so/i

• scel après y avoir introduit l'acte authentique de » cette translation , muni pareillement de son sceau

> et du seing des abbés et auti*es personnes de ^ » marque qui assistèrent à celle cérémonie. Ces

t choses étant ftîles , PoYitius se rendît à Féglise oû

> il fit transporter le corps de la sainte ei célébra sot lennellment la sainte messe en son honneur. » Lorqu'elie fut achevée , ou congédia tout le peuple

> et ehaeuti rètbnma dates sa démettre lont pénétré

> d'édiûcation et de joie.

• Durant tes quarante jours qui suivirent , la i châsse dé sainte Bertille fut exposée dans 1 église . » hors ên cJio^r , afin que les pèlerins qui Faisaient * fouie , pussent commodément exciter leur piété » et gagner nndolgenôe. Ptusienrs â*emré eux, al- » teints de graves infirmités, furent radicalement t gûéfis en Invdqnant le nom du S^nireur par la mé- » diation dé sainte Bertille. Lun deux , ^ui avait » visité plusieurs sanctuaires pouf obtenir la guéri-

> son d'un tnal d'yeux très-invétéré, vintàMaiiBuii » et ri*éot pas plus tél péMtré dahs l'église où il tbu- » cha les reliques de la sainte , animé des sentiments t d'tm sincère repènti)r, ^u'H se senti t soulagé d'une » douleur très-vive qu'il endurait depuis longtemps, t lûten^gé len présente d'uù grand nombre de lé- » moins qui déposaient sur ce fait miraculeux , il t affirma plein de joie» sôus le serment et an péril » de son âme , que sa guérisou avait été complète ,

(Jîi —

> du moment où li avait imploré le secours de samte » Bertille. *

L'auteur rapporte plusieurs autres miracles qui avaient eu lieu antérieurement par rintercessien de saiûte Bcrlilie ; il cite deux femmes atteintes de maladies qui avaient été delongue ànréê et qo*oD répcrtait iocurables; un enfant épileptique ; deux enfants 4]élivrés de l'oppression d'une poutre tombée sur eux ; un chirurgien d'Arras guéri d une lièvre qui le confiitimait et plusieurs autres malades prései*vés de maux d yeu)L

Le haut crédit dont jouissait sainte Bertille auprès 4e Dieu, était un encouragement pour la piété dans ces temps anciens, et les miracles qui s'opéraient à son tombeau ajoutaient encore à la considération des religieux qui desservaient l'église qu'elle avait fondée. Aussi , voyons-nous, que plusieurs donations continuent d'être faites à cette sainte maison. Sàgualon Hakelin 4'Arras , de concert avec Emma son épouse , fit don de tout un manoir situé à Anzio et du moufin de ce lieu, lequel était tenu en fief de l'abbaye de St.- Vaast. Dans le cours de la même année (1232), Jean , seigneur de Baillelet, céda, à Blavincourt, une portion de (Mme tenue de la maison de Beaufort. Lt^

chapelain des daines d'Etron procura la dîme de Vaudricourt, et Odon , curé dllerlies , céda , en 1234, sous certaines conditions « une propriété qu'il possédé à MoyeUes-GûdauL En même temps , Gilles , mayeur de Haroeuil , et Aélide , sa femme , vendirent aux religieux trois mencaudées de terre situées au lieu qui se nommait alors le Crok^ de la Gauchie. La vente fut approuvée par Gamelon de Longvadt , seigneur de ce fief.

La reine Blanche de Castille confirma, en 1235, un achat de dîme Fciit à Vendiii-lc-Vicil au profil de Vabbaye. La charte est datée d*Arras au mois de juin. Un acte de revendicalioo daté de la même année prouve que dès cette époque, la maison de Marœuil possédait des biens à Ervillers. L'abbé Pierre, deuxième da nom , moui'ut en 1234. Il fut amèrement regrellé et on l'inhuma dans le chœur de son église,

vis-à-vis le maître autel.

Michel, né à Marœuil, succéda au précédent, le 13 août de la même année, et l'évéqoe Âsson (1) le

(i) Asson, né à Diéval, était archidiacre d'Ostrevent lorsqu'il fut élu évêque d'Arras en 1531. Il parvint à bannir du diocèse les Albigeois dont le

bénit le lendemaift dàiis la chapelle de son palais. Il fit, i aoaée même de son élection « uae trausactioD entre lui et ses religieux pàTr Tentremise dès abbés d'Âri'ouaise et d'Héain-Liétard. Elle concerne remploi des retenus qui se percevaient aux viUafes dé Vendin et de Wipglja^esQuels devaient servir à la nourri* ture et an vêtUiTiit dë^ rc^Iigieiix. est fait mén^ tion des saignées périodiques (1) et de la réunion des

nombre augmentait d'une manière nlarmante, et en convertit plusieurs par ses prédications et ses bons exemples ; il autorisa l'établissement des Dominicains d'AiTas et de Douai, assista « en 1237, avec Pierre « évôque de Térouanne, à la translation des reliques de saint Bertin . et mourut le 27 mars 1245.

(1 ) La saignée périodique était usitée dans presque tous les monastères d'hommes et de femmes au moyen âge. Un règlement de saint Louis fixe les six saignées des religieuses de Pontoise, à Noël, au mercredi des cendres, à Pâques, à la féte de saint Pierre , à la mi-août et à la Toussaint. Pontius , évéque d'Arras, rendit, en 1222, un décret concernant les Dames d*Etrun, par lequel il régie qu'il sera assigné dix livres paiisis pour les quatre saignées générales. 11 veut aussi qire ces religieuses fassent usage du bain tous les quinze jours. • Deux choses, t disait saint Bernard , engagent à saigner , tantôt

ctiaaoiaes do MarœutI, taiu tuurues i^u externes, au jour de la dédicace de Véglise du mouastère et le leudeiUi^in de la tète de saiot Aaiaod^ à l'effet de prononcer sur la réception des novices, tant cbafoimas que frères lais et sœurs converses. EdUu , il fut réglé dans ce concordat qu'une portion congrue de vingt livres parisis devait être payée par Fabbé à ceux des religieux qui exerçaient le ministère paroissial. L'infirmerie et l'hospice ou hétellerie de Ja maison sont aussi l'objet de rattention générale de la communauté : elle demande que Tabbé subvienne aux dépenses qu exige la bonoe leoue de ces établissements.

> c'est la qualité, tantôt c'est la quantité du sang, » L'usage contînuel d'aliments maigres et surtout du poisson salé , devait contribuer & échauffer le sang. Tel fut probablement le motif qui porta les fotidateurs

dont Tusage, d'ailleurs, était généralement beaucoup plus fréquent qu'aujourd'hui. Quant aux bains, il faut se souvenir qu'on ne portait point de linge dans les abbayes , et que c'était un usage presque général de se coucher âyec ses habits. Aussi saint Augustin fait-il , dans sa règle , un article particulier touchant le bain.

monastiques à prescrire les saignées

Oa voit aussi par ce règlement que les religieuse n*usaieDt d*aliments gras que par tolérance , et sea** lement sous le bon plaisir de leur supérieur. Ou ignore la date précise de la mort de Tabbé Micbel , mais il est certain qu il n'a gouverné le monastère que deux ans au plus.

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GllAPlTHE Vlll.

Depa» htn de Waignarl 1149 juiqn'l Jacqnei do Fay 1290*

Jean de Waignart , né à Chaany , était chanoine régulier de l'abbaye de Falempin, diocèse de Tournai, quand il fut élu par le chapitre de Harœuil. C'était un homme d'une haute piété et qui devint cher aux religieux par la douceur de son caractère. Le seigneur de Miraumont donna , de son temps , une rente en grains à percevoir chaque année sur les moulins de ce village. L'abbé Waignart ne jouit que peu de temps de cette donation. 11 mourut fort regretté le 16 février 1248. On l'inhuma devant le maitre-autet.

Jacques de Dînant (1), évéque d'Arras, conseilla

(\) Cet évéque sacré à Rome en 1247, fit construire, à Arras, l'église de St.-Nicaise qu'il érigea en paroisse après avoir fait un démembrement de celle de St.*Nico]as-en-rAtre (12S4). Il assista au concile provincial de St.-Quentin en 1255 , et à celui de Compiègne en 1257. Le 2 septembre de •

à la coraoïunauté d'élire Everard Bétel , né à Arras et religieux profès de Harœuil. 11 le bénit dans la chapelle de son palais. Cet abbé ne se. vit pas plus lot en possession de sa nouvelle charge , qu'il secoua le joug des observances du cloilie au mépris des conseils que lui donnaient les gens de bien. 11 régna tlii reste peu de temps ; car nous trouvons dans le Cartulaire du monastère un acte de i 249 » duquel il résulte qu'il était déjà ) emplacé par le suivant.

Pierre, troisième du nom, dit de Abelaing. Le sire de Yendin- le -Vieil lui confirma la vente d'un manoir situé en ce lieu à charge d'un relief à chaque mulaùoii d'abhc (1).

Jacques l^^^ onzième abbé de Marœuil, fut nommé visileuk des maisons de l'ordre au chapitre général tenu à Arrouaise, en 1255, pour les abbayes de Sainte-Marie et de SaiiU-Wuliiier do Doulogoc , de Clairfaï, de Falempin et de Saint-Nicolas de Tournai.

celte année, il fut tcuioin de la translation du curps (le saint Quentin qui fut faite en présence de saint Louis. La mort de Jacques de Dinant est indiquée au 17 avril 1259. Quelques-uns la placent en 1260. (1) Cartulaire de Marosuil.

Uq changement important dans le régime des religieux 8*intFoduisU par suite de cette assemblée. H y fut statué que tous les prolés s'abstiendraient d'aliments gras depuis la saint Martin d'hiver jusqu'à Noél et depuis la septuagésime jusqu'à Pâques. Le pape Alexandre IV sancLionoa cette résolution en 1237 en autorisant l'ordre entier à manger de la viande , dans les autres temps, trois jours par semaine, aux.quels il sera permis d'ajouter ceux de la dédicace de l'église abbatiale , des fêtes de saint Augustin et du patron de chaque monastère.

Une mesure plus importante fut prise en même temps à l'égard de tout l'ordre d'Arrouaise « ce fut la suppression des converses. On a vu que la maison de Marœuil en recevait comme les autres monastères de cet institut , et qu'une colonie de ces sœurs occupait le prieuré de Soncamp. Il était, du reste, fort commun , jusqu'à la fin du treizième siècle, de voir des sœurs converses dans les abbayes d*hommes. La plupart étaient des filles de service x)ccupées à soigner les bestiaux , à filer la laine ou le lin et à d'autres travaux manuels. U y avait cependant parmi elles , d*après Dom Gosse , quelques personnes de condition qui se retiraient dans ces asiles ; mais on

na recoanaissait point eatr'eiles ia disUnctiou de

dames de chœur et de converses. Cet auteur penso qu'elles Q'avaieot toutes qu'une môma règle. U y avait à leur tète une prieure. Ces filles, parmi lesquelles on admettait des veuves , portaient une tunique de scrgo, une pelisse de peau d'agneau; un manteau et un Toile pareillement garnis de peau d'agneau. Le scapulaire leui tenait lieu de surplis ou de rochet.

Il paraît que dans quelques monastères de l'ordre •

noiamment dans celui d'Hénin-Liétard, ces converses étaient tellement nombreuses au douzième siècle, que les chanoines de cette maison demandèrent et obtinrent qu'on en diminuât le nombre (1197) attendu qu'il leur était fort à charge. Les religieux de Cysoing formulèrent les mêmes plaintes, et s'adressèrent au saint siège qui les renvoya à Raoul de Neuville , évèque d'Arras » permettant à ce prélat d'ordonner ce qu'il jugerait plus convenable. « Nos chers fils et I religieux de Cjsoing, écrit Innocent III à cet

* évèque, nous ont représenté qu'il se trouve dans > leur maison de Beaurepairc , outre les chanoines 1 et les frères, une telle multitude de femmes , qu'ils

• sont forcés de recevoir par les instances impor-

» tuoes des princes , que les biens de ce prieuré ue • sufiiseni aucunement pour fournir à tant de bouches . L'évéque d'Ârras statua donc par un décret daté de juin 1S08 , qu'on ne recevrait plus de converses dans cette maison jusqu'à ce que leur nombre fût réduit à douze. Jacques de Dînant supprima entièrement les converses de la congrégation d'Arrouaise dans toute rétendue de son diocèse, len 1255, à charge de substituer un chanoine à deux sœurs. Cette déci^ sion fut sanctionnée l'année suivante dans un concile provincial tenu à St. -Quentin. Mais Tabbé Laurent, général d'Arrouaise , fit observer que la condition de substituer un chanoine à deux converses était trop onéreuse , attendu qu'elles étaient fort nombreuses dans quelques maisons de Tordre ; et que, d'ailleurs, il n'y avait eu , en âveur de ces filles , que des fondations très-peu importantes. L'affaire fut portée en 1257, au concile de Compiégne, où l'archevêque de Reims , Thomas de Beaumetz « fils de Gilles de Beaumetz, châtelain de Bapaume, et l'évéque d'Arras forent nommés commissaires et firent décider la suppression pure et simple des religieuses arroasiennes. Le papo Alexandre lY souscrivit à cette mesure par une bulle du 25 juin de la même année. On trouve

dans le Carlulaire de IVJarœuil les IcUres par lesquelles Tarchevêque de Reims et révôque d Arras décident qu'à l'aveoir on ne remplacera plus les converses qui viendront à décéder.

On ignore Tépoque précise de la mort de labbé de Marœuil Jacques I^''. Les auteurs du Gallia chnstiana lui donnent un successeur en 1260 dont ils n'ont pu découvrir le nom et qu'ils désignent par l'initiale R. Raissius, dans le Trésor des Reliques de Belgique, place en 1261 l'envoi fait au monastère de l'un des corps des compagnes de sainte Ursule, sans faire mention de l'abbé qui régnait alors.

Pierre , abbé de Marœuil , est nommé dans les actes du chapitre général tenu à Ârrouaise en 1264. U n'existe aucun titre émané de ce prélat dans le Gartulaire, et nous ne le trouvons point dans les divers catalogues que nous avons consultés.

M. le chanoine Théry cite dans son Répertoire du chapitre d' Arras , une bulle du pape Grégoire X de 1271, par laquelle le doyen et deux chanoines de Laon sont délégués pour connaître de la cause d'appel au saint siège contre l'évéque d'Arras (1) pour '

(1) Pierre deuxième du nom , né à Noyon, fut

avoir bénit Tabbé de filarœuil hors dcréglisecalhédrale sans le consentement des chanoines. Il est présumable qu'il s'agissait de Jean Brochart que nous terons succéder au précédent vers cette époque. L officialilé de Reims le contraignit par jugement à prêter au chapitre, dans Téglise de Notre-Dame d'Arras« le serment de révérence ei obédience auquel les abbés et abbesses du diocèse étaient tenus lors de leur avènement. L'abbé Brochart lit, en 1278, nne commutation de quelques biens avec Etienne de Ferment (1), abbé du iMout-St.-Eloi , du consente-

nommé cvéque d'Arras en 1259. Ou lo prouve par line lettre qu'il écrivit à saint Louis pour le prier de faire restituer à son éc^lise des biens usurpés. Il donna à son chapitre une mitre précieuse, un reli*quatre d'argent et lit une fondation pour assurer à perpétuité le placement d'un cierge allumé devant le maître-autel de son église cathédrale. Il admit à Arras les Carmes et les Trinitaires , et s'occupa ac* livemeiii , avec rarcbevt^^ue de lieims et ses cornprovinciaux, de la canonisation du roi saint Louis» Aacablé par l'âge et les infirmités, il obtint , avec beaucoup de peine , sa démission et se retira dans Tabbaye du Mont-St.-Eloi où U mom'ot le 5 sap^ tembre 1280.

(1) Ce prélat, qui était docteur en Tbéologie,

ment de l'évôque d'Arras. Il prit, en 1282, aiu&i que toute sa communauté, rcngagemeni de célébrer, à perpétuité , lanuiversaire de ce prélat et celui de Robert, son oncle, doyen de la cathédrale. Il conclut « en 1287, un accord avec l'abbé d'Héoin-Liétard

aimait les gens de lettres et encourageait les liantes études. Il fit subir à plusieurs de ses religieux le& épreuves du doctoral, notamment à Servais qui do-^ vint son successeur; assista en 1274 au deuxième concile général de Lyon , et refusa l'évêché d'Arras après la démissiou de Pierre deuxicinc du nom. Ce fut lui (jui fil ceindre de murs le vaste parc de l'abbaye. On cultivait alors avec succès la vigne au Mont-St.-Eloi : car, Nicolas de Coudé, qui avait épousé Catherine de Carency, prenait dans ce mo*nastère le vin nécessaire à sa consommation durant le séjour qu*îl faisait au cbftteau de ce lieu. On le voit par uii acte de 1286 passe entre ce sei2:neur et Tabbc Etienne de Ferment. 11 reconnaiL que cette fourniture s'accorde par pure grâce et que le prélat demeure libre de la refuser <)uandbon lui semblera. L'abbé Doresmieux fait remarquer dàns son intéressante chronique , qu'alors la rasièpe de bié valait quatre sous, l'avoine un sou neuf deniers et nu chapon huit deniers.

Etienne de Ferment mourut , selon les auteurs du Cullia chrisUana, le lâ mars 1291.

cl tous deux avec plusieurs autres prélats , assisièreat à Arras à la translaiioa de la Saiote-MaQue dans une nouvelle châsse.

A cette époque, comme le fait remarquer rhisto-

rien d'Arroaaise , on cessa de recevoir à Marœuil comme dans les autres maisons de l'Institut , le même nombre de frères convcrs et cette mesure lit naître la nécessité d'affermer les terres. Les évôques s'ea plaignirent dans divers conciles provinciaux. Jusqu'alors, les religieux avaient amélioré le sol et triplé ses produits partout où ils s'étaient établis. Ils avaient défriché les bois qui couvraient en grande partie le pays que nous habitons, et desséché nos marais. C'était donc là une grave atteinte portée aux progrès jusqu'alors croissants de l'agriculture.

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