‹ Histoire de l'Abbaye de MaroeuilChapitre 4 sur 6 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Depvii Jaeqofti de Fay 1290 juiqu'à Robert Leroy ven 1500.

Jacques do Fay ou de Bray avait succédé au précédeul en 1 290 comme on le voit par un acte d'aliénation qu'il fit en faveur d'un habitant de Gosnay. (1)

L'hisfoire de Marœuil est d'une stérilité complèle depuis cette époque jusfju'en 1380. Les prélats qui succédèrent à Jacques du Fay furent Gilles qu on trouve cité dans un titre de 1300. Viennent ensuite Antoine de Longville ou d'Alongneville , Antoine de Caverne, Eustache de Risto, Fiant^ois du Décourt, Jean Chevalier, Gérard , Hugues, Nicolas.

Ces abbés vécureiiL dans des temps malheureux durant lesquels, il ne fut guère possible de demeurer en couiiiiunauté ; les reliijieux se virent contraints de se disperser, et il n*est point, dès lors, étonnant

(1) Cartalaire de Marœuil.

qu'ils n'aient pu s'occuper de raduiitiistration de leurs biens et da maintien do la discipline monastique. L'abbaye de Marœuil dut être plusieurs tois envahie par les armées , peut-être mémo fut-elle réduite en cendres durant cette période de près d'un siècle. Voici do reste , un résumé très-succinct de ce qui se passa alors dans la province d'Artois et principalement aux environs d*Arras. '

Robert II, comte d'Artois, ayant été tué, en 1302, à la bataille de Courtraî, Mahaut, sa fille, devint héritière de ce pays , où les b iamands firent aussitôt irruption et mirent tout à feu et à sang. Le comte de Namur établit ses quartiers au Mont-St.- Eloi. Le roi de France Philippe-le Bel, humilié de cette défaite, ordonna des taxes extraordinaires et bientôt qualro-vingt milic liomiiies vinrent camper sous les murs d'Arras. L'Artois eut à supporter tou& les malheurs de la guerre. Quatre-vingts villages détruits par le feu, réduisirent, dit Hennebert, la contrée des Atrébates en solitude. Après une trêve qui ne dura que peu de mois , le roi de France descendit en Flandre à la téte de soixante-deux mille hommes, et une horrible dévastation eut lieu depuis Arras jusqu'à Labassée. La défaite des Flamands à

Dig

Moos-eo-PeYèle , fut suivie d'un traité de paix par lequel on réunit à la France presque toute la Flandre wallonne , c'est-à-dire , Lille , Douai , Orchies , Béthune et les autres places situées en deçà de la Lys.

Les plaies âiites au pays étaient à peine cicatrisées lorsqu'on 15i4 les hostilités recommencèrent entre la France et Robert comte de Flandre. On u avait rien récolté cette année là à cause de Tintempérie des saisons ; la misère fut donc extrême , et elle engendra une peste qui mit le comble à la désolation de la contrée.

Des dissensions intestines vinrent ajouter à ce déplorable état de choses: Mahaut, comtesse d'Artois ^ avait porté atteinte aux privilèges de la province. Elle s'aliéna, par suite» une partie de la noblesse et d^ troubles éclatèrent. Le roi de France , Louis X , ayant muUiement tenté d'apaiser les séditieux, se vit contraint de les réduire par la force. Les uns furent bannis du royaume , d autres tués ou brûlés dans leurs cbftteaux. (1516)

La peste affligea de nouveau le pays en 1321 .

L'insoumission des Flamands ralluma le feu de la guerre en 1328. Une armée considérable vint envahir Arras et ses alentours au mois de juillet, et les mois-

sons liaient détruites, à cette occasion» sur divers

points de la province. Tels furent les préludes de la fameuse bataille de CasseU ou Philippe Yl, après avoir vaillamment payé de sa personne , soigna les blessés sur le champ de bataille pendant quatre jours. Après la mort de MaliauL, comtesse d'Ârlois, en le comté échut à Jeanne de Bourgogne ; mais Robert . comte de Beaumont , qui n avait cessé de prétendre à ce comté , durant tout le règne de Ma^ haut, outré de s'en voir frustré, alki se jeter dans les bras de l'Angleterre. Il parut , en 1339 » à la téta d'une armée de quarante mille hornaies, causa dans le pays de graves désordres , particulièrement dans le baillage de Bapaume, et fit mettre le feu à plu^ sieurs bourgs et villages 4 Telle fut Torigiiie de nos funestes dissensions avec les Anglais , lesquelles durèrent plus d'un siècle et dont nos pères eurent tant à souflirir.

Ces premiers désastres furent suivis d'une peste,

qui sévit, en 1342, avec une telle violence, qu'à peine trouvait-on moyen de faire enterrer les morts. Des villes entières et un grand nombre de villages furent entièrement dépeuplés.

Après la funeste journée do Crécy , (1340) l'armée

française se retira aux enviroos d'Arras où elle fit un long séjour el causa une extrême pénurie. Ce malheureux état de choses s'accrut deux ans après • par la peste qui désola l'Europe entière.

Par suite de tant de calamités, rigaorance devint le partage de toutes les classes de la société. Ce fut à tel point « dit l'abbé Doresmieux , qu*à grand*peine se trouvait-il un homme qui sût apprendre aux enfants leurs rudiments et les premiers commencements de la grammaire.

En 1356, on imposa les abbayes, les prieurés et tous les bénéfices ecclésiastiques pour la rançon du roi Jean fait prisonnier à la bataille de Poiliers.

Le roi d'Angleterre, Edouard III, ayant débarqué le 30 octobre 1359, amenant une flotte de mille vaisseaux , divisa en trois corps son armée qui était de cent mille hoomaes. Le duc de Lancastre commença par ravager une parlie de l'Artois et vint an Mont-St.-Ëloi où il passa quatre jours dorant lesquels ses troupes se mirent à piller aux environs. De son cAlé, Edouard alla investir la ville de Reims ayant la folle prétention de s y faire sacrer roi de France* Les ravages qui se commirent à cette occasion furent tels gu'il se passa trois ans sans qu'il fût possible de rien récolter.

Par suite du traité de Brétigoy (1360) il y eut trêve d'hostilités dans le puys pendant quelques années. Hais la guerre $*étaat de nouveau déclarée entre la France et T Angleterre eu 1368, Robert Koolies ravagea d'abord le comté de Fauquembergue, se porta devant Térouanne qu'il n*osa attaquer, traversa le comté de St.-Pol , viot iDcendier les banlieues d'Ârras, prit ensuite ses quartiers au Moot- St.-Ëloi. C'était au mois de juillet et ses gens détruisirent toutes les récoltes. Il fallut une levée considérable d'argent pour Téloiguer do pays.

Trois ans plus tard , le duc de Laucastre traversa l'Artois avec quarante mille hommes en plein mois d'août , fit un séjour de plusieurs semaines au Mont- St.*Éloi, et causa des m^ux incroyables ainsi que l'armée ûauçaise qui le suivait.

A Nicolas Hustin succéda Jean Ondoul qui fut le vingt-quatrième abbé de MarœuiL II en est fait mention dans le Cartulaire de l'abbaye au onze février 1387.

On le trouve remplacé en 1410 par Etienne de Vienne. Cet abbé agrandit par des achats contractés

en 1416 et 1418 , le refuge qu*il avait &Ua se créer

dans la ville d'Arras pendant les guerres du qua* torzième siècle.

Jean Oudoul avait été chanoine réguUer du Mont-

St.-Ëiûi et receveur de ce moaastère. Oti ignore l'époque de sa mort.

Ses successeurs , Pierre de Marchiennes , Kenauld et Robert D*0Dt laissé à la postérité aucun acte de leur administration. On trouve dans le catalogue des doyens de la cathédrale d'Arras , que l'ua d'eux viat prêter dans l'église de Notre-Dame, le serment accoutumé , après avoir reçu dans la chapolle de Tévèque la bénédiction abbatiale. Ce &t, selon le père Ignace , en liSi .

Une autre prestation de serment eut lieu d*après le chanoine Tbéry en 1445. fille nous paraît relative à l'avènement de Gilles Legraud , qui ût établir, en 1445, de nouvelles stalles dans le chœur de son église et répara le maitre-autel. Il se trouvait à Arrouaise en 14S7, lorsque Jean Bréton, l'un de ses religieux, nommé abbé d'Hénin-Liélard , prêta serment au général. (1)

(1) L*abbé d'Arrouaise avait le droit d'assister aux élections qui se faisaient dans les monastêiies de la dépendance de sa congrégation. Les circonstances n'avaient point permis qu'il fôt convoqué à Hénin- Liétard. Le nouvel élu Jean Bréton se rendit donc à Arrouaise pour obtenir la levée de cette irrégularité. « Ce fut là , dit Dom Gosse , dans la salle abbatiale ,

Thomas premier du oom et Vallerand succédèrent

au précédent. Le niuiiasléie essuya de nouveaux désastres durant le règne de ces abbés. Les troupes de Louis XI pénétrèrent en Artois au mois de juin 1473 et s'avancèrent sous les murs d*Arras« tandis que le duc de Bourgogne , Charles-le-Téméraire, était occupé au siège de Nuits. Les villages de Dainville , Habarcq, Duisans, le Ponl-d'Ugj\ Maroeuii et auUe^ lieux voisins devinrent la proie des flammes. (1 ) I 'i^j • inée se faisait suivre d'une foule de gens m^-^ ^ de fanciies et de fléaux qui sciaient et battaient les grains, puis les Uaiispoi (aient en ^^Vance.

L'année suivante, le duc de Bourgogne ordonPi. }â levée d'un inipùl exUaoïduiaire qui contraignit l l ^

» i[uen présence de l'abbc do Marœuil, Gilles Le-

• grand, de Jean, abbé de Clairlai, de Gilles Pris-

• santier, ancien abbé d'Arrouaise et de plusieurs i témoins « il amenda sa foute , la tète découverte i en mettant la manche de son surplis dans les » mains du général. Celui-ci lui enjoignit de faire » dans raiiiiée le pèlerinage de Notre-Dame d'E- » querchin, et de célébrer aussi dans l'année, à > Hénin-Liétard , pour les fondateurs et bienfaiteuï^ t de l'abbaye d'Arrouaise, l'office des morts avec

• les absoutes et la messe. >

( 1 ) Journal de Jean Robert , réligieux de St.-Vaast.

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