‹ Histoire de l'Abbaye de MaroeuilChapitre 5 sur 6 · IÎ · texte numérisé non relu

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propriétaires d'aliéner nue partie de leurs biens. (1)

Ce duc étaotmort le A janvier 1477, dans les plaines de^Nancy , Lonis Xi dirigea aussitôt son ar-mée vers nord de la France. Elle vint camper à DouUens , f»t ce fut de là qu'il envoya sommer Arras de se renn/e. Des conférences eurent lieu au Mont- St.*Ëioi, 0^ Jean de la Vaquerie ^ conseiller pension* tiâire de h ville d* Arras, répliqua à Pbiltppe de ^ ' ^ynés que celte ville et tout le comté d'Artois «i^p^îrlenaieni de plein droit à ftiarie de Bourgogne et demanda le maintien de la trêve signée entre Louis XI et Charles-le-ïéméraire. L'assemblée se sépara ^^ns rien conclure ; mais on apprit btentftt qne le roi

franco voulait réunir à sa couronne loutlbéritage de l'infortuné duc de Bourgogne. Cette nouvelle répandit leffiroi dans la ville et ses environs : (2) il fut tel que le chapitre se relira dans les endroits les plus cachés de la cathédrale » probablement dans les cryptes dont les Berniers débris viennent d'être déblayés du sol qu'occupait cette ancienne basilique.

(1) Chroniques de Doresmieux.

(2) Les sièges d' Arras , parM*Ach. d'Héricourt, page 69.

Les habitaols des campagaes se réfugiaient avec leurs bestiaux el ce qu'ils avaient cieux dans les souterraius qui ont reten / muches et qu'on découvre encore assez >f dans les villages de Picardie et d*Ârlûi& I » ces profondes carrières , dit dom Gob: | ■ partie de nos ancêtres se sont long-4eu \

• tandis que les troupes anglaises, flamr^

« çaises ou bourguignones , saccageaient iW^ » et brûlaieiil lout ce qui se présentait sur lu'^. I ficie. 11 existe à Vaux une de ces muches <

• l'air d'un hameau. On y voit des habitation

• parées par des galeries , des étables , des écu

• un puits. » Les souterrains d'Ervillers préseï ces dispositions. Ils ont été explorés par plasii antiquaires, et nous savons quon y retrouve traces incontestables du séjour d'hommes et d' maux.

Louis XI s'empara d'Arras au mois de mars U et quitta cette ville peu de temps après pour faii conquête de celle d'Hesdin. Ce fut là qu'il Ùt me

(I) Histoire d'Arrouaise, chap. xvti, p. 2i3.

moH les députés arrageois qai avaient été envoyés ^^rs Marie , duchesse de Bourgogne « et qui furent ;'T>ont-à-Vendin. (1) Irrité de cette craelle \rras se révolta et le roi quitta Hesdin mettre. U signala son retour par de nom<- ^ \ ' ces • et s étant logé dans la Cité qui lui . . iidelc, il entreprit le siège de la ville

, , avec une grande vigueur. Après la red-

{ place , plusieurs personnes devinrent ^ L .otimes de la vengeance de ce prince. Quelreligieux fk St. -Yaast subirent la peine de \ Ce n'était là que le prélude de plus grands ^'1*^ mrs. Un jour que Louis XI complaît surprendre ' de Douai « les Arrageois en avertirent les ""^^picns et le projet échoua. Ce fut alors que ce ^^^S outré de colère prit le parti extrême de chasla ville et de la cité tous les habitants ; puis |iia Tordre d'y envoyer des colons de tous les de la France et changea le uoiii d'Arras en ^^^^^hFranchm. (1481) ïur f^je&t aise d'apprécier combien fui grande la mi-

|i) Voyez Histoire de sainte Berthe, p. 63.

sèr» do pays sous un tel ordre de choses. Il avait été ravagé en 1479 par les troupes victorieuses de rarohidoc Maximîlien après la bataille d Enguine- §atie. Le blé fut très-rare l'année suivante, et la peste vint ajouter à tous les maux qu*enduraient les populations. Cependant Charles YllI, voulant réparer , du moins en partie , les désastres causés par son pèro, rappela les anciens habitants de la ville d'Arras et déchargea TArtois de tout impôt dorant l'espace de six ans. (1) ûuoiqu'il en soit, la domination française était odieuse au pays et notamment à la capitale de la province. Jean Lemaire dit Grisart, zélé partisan de la maison de Bourgogne, conçut le hardi projet de rendre à Ârras ses anciens princes. Il fit fabriquer des fausses clés, au moyen desquelles , ^dé de quelque» couûdents , il ménagea , le 5 novembre U92 , Tintroduction dans la ville d*un corps de Bourguignons qui contraignit la garnison française de se rendre. • 11 fut réglé le len- » demain, dit M. Harbaville^ (2) que la ville paierait

(1) Chronique de Doresmieux.

(2) Mémorial historiqoe , 1. 1^. page 88.

* aux troupes trois mois de solde pour éviter le

» pillage. Mais la lenteur du recouvrement de cette

• taxe irrita le& Lansqueoets « cette milice iodisci* I pliuée se livra à tous les désordres , commit tous

* les excès ; le clergé fut en butte i ses rapines , le

> vénérable évéque Pierre de Raochicourt (1) fut

> incarcéré , maltraité et mis à rançon. Il fut forcé

• de se retirer à Douai pour éviter de nouvelles vioi lences. L'archiduc Maxîmilien mit un terme à ces » scènes ai&igeantes en changeant la garnison, t

(1) Ce prélat , élait fils de Jean, seigneur de Rancbicourt. Il fut protonotaire apostolique du nombre des participants aux droits attachés à cet office,

chancelier de l'église cathédrale d'Amiens, chanoine théologal de celle de Cambrai et archidiacre de Valenciennes. Nuiiimé à l'évêché d*Arras en 1462 pour succéder à Jean Geofl'roy, il se fit sacrer à Home par le pape Pie II. Ce pieux et zélé pontife consacra , en 1473 , l'église paroissiale de Ranchicourt qu'il avait fait bâtir , et célébra avec une grande pompe , la dédicace de son église cathédrale, le 7 juillcL 1484. Il administra le diocèse avec une rare sagesse au milieu des guerres et des calamités de tous genres qui radligèrent durant son épiscopat. Il donna à son église une statue d'argent de TapéCre saint Pierre et mourut en 1499 le 26 août.

Nos campagaes fur^ut ravagées à cette occasion. Voici ce qu'on lit dans une chronique du prieuré d'Aubi]tay» « Parce que les Wallons et les Allemands » de la garnison d'Arras n'estaient payés de leui solde, t ils pillaient tous les bestiaux des bourgs eircon* » voisins. Si furent lesdils Allemands an bourg d*Au- 1 bigny, et comme les habitants s'estaient retirés

> en l'église pour la conservation de leurs personnes » et meubles : ils fiirent assaillis de coups de csnon

> qui firent ouverture. Mais par les mérites de saint » Kilien , iceux Allemands furent frappés d'aveugle- • ment» tellement que ne sachant par où entrer» ils

> retournèrent sans rien emporter. *

CHAF1TR£ X.

Deprâ Mm Uny ven 11(00, jm^'i Film ki^ 1696.

On îgDore lepoque précise de ravénemeot de

Robert Leroy ; mais on sait qu'il était fils da meunier de UarœuiL Cei abbé profita des années de calme que procura la paix pour faire sortir le mo^ nastére de ses ruines ; il y réunit les religieux et fit placer dans l'église tout ce qui était nécessaire au • service divin. Sous le règne de cet abbé, en 1504 , le tonnerre tomba le même jour sur dix-sept églises des diocèses d'Arras, de Cambrai et de Tournai. Ua tremblement de terre « qui dura , dit la cbroûique , Tespace d'un Ave Maria, eut lieu en même temps et causa Tébranlement d'un grand nombre d'édifices. La gelée fut telle en 1515 que de lourdes voitures circulaient sur la Meuse : les mers de Flandre fnrenl; Couvertes d'énormes glaçons. Ea 1520, l'eaipereur Gbarles-Quint défe.ndit aux congrégations religieuses d'acquérir aucun immeuble sans son autorisation.

L'évêque d'Arras, Pierre de Ranchicourt, avait restauré le château de Marœuil ; ses successeurs y rési* dèrent dans la suite. Nous voyons qu'Eustacfae de Croï (1) abondonna aux religieux le pré dit de âte.- BertOle i Textrémité duquel est la fontaine où les pèlerins vont puiser de Teau pour les maux d'yeux. Ce prélat fonda deux obits dans Féglise abbatiale. L*abbé Leroy mourut en 1525.

On lui donna pour sueoesseur Jean de Bucquoy. Aucun événement relatif à Marœuil ne nous est révélé pendant le règne de cet abbé qui cessa de vivre

(1) Il était fils de Philippe de Croï comte de Rœux el ae Lamberte defirimeux. Ce prélat prit possession de révëché d'Arras , par procureur, le 17 avril 1524.

Il présenta à l'empereur Charles-Quint une requête au nom du clergé , de la noblesse et du peuple d'Artois , pour obtenir la confirmation de rimmiinité dont cette province avait joui jusqu'alors par l'autorité des rois de France» savoir, l'exemption des réserves apostoliques, des grâces expectatives. L'empereur entérina cette requête. Eustache de CroY assista au sacre de Robert de Bergues , coadjuteur de Liège , son parent. Il mourut, en 1538, au château de Marœuil, âgé seulement de 55 ans. Son corps fut inhumé dans Téglise Notre-Dame de St»-Oiaer et soa coeur dans la cathédrale d'Arras.

Digitizeci by

en 15S5. Mais h guerre qui s'était déclarée en iWii

entre François I"^'' et Cbarles^Quint , avait causé la ruine de l abbaye d'Arronaîse et rendu impossible la tenue des assemblées générales de la coogrégation. (1) Si bien que les divers monastères de cet institut tendaient à s'isoler de la maison mère. Sous Jean de Bucquoy , la province d* Artois cessa de relever de la couronne de France par suite du traité de Cambrai en 1529.

Paschase ou Pasquier Crestel , trente quatrième

abbé de Marœuil , prit part au mouvement qui se fit sentir au seizième siècle pour la renaissance des ar^ts et s'imposa do grands sacrifices pour l'ornementation de son église.

François I*^*" ayant rompu en 1536, la paix de Cambrai, ses troupes se répandirent aux environs d'Arras où elles se livrèrent au pillage ; mais l'armée impériale les poursuivit jusques vers St.-PoL

La sécheresse devint telle en 1540 que le lit de la Scarpe fut mis entièrement i sec. H en fut de même

(1) L'armée française avait pénétré en Artois, par Bapaume , que le comte de St.-Pol réduisit en cendres ainsitqu'un grand nombre de villages environnants.

de la Lys et de plusieurs autres rivières de Flandre et d'Artois. Il y eut par suite rareté de oéréaies ; mais on récolta beaticoup de vins , qui prirent le Dom

de vim rôtis, (1)

L*abbé Crestel eut pouf coadjuteur , en 1548 , (2) dom Jean Brassart et mourut trois ans après. Ce dernier lui succéda , en vertu de son brevet de coadjuteur et cessa de vivre deux ans après. (1553) La guerre entre la France et l Espagne était devenue plus flagrante que jamais. Les villes de Térouanne et d*Hes(lin venaient d'ôire ruinées de fond en comble par l'armée victorieuse de Charies-Quint. La misère du peiipliî , celle même des abbayes les plus riches, étaient à leur comble*

Nicolas Liétard fut appelé à diriger le monastère dans ces tristes conjonctures. A peine était-il installé en 15S4, que Jean de Conteville, seigneur de Wil* lebon , pénétra dans les cantons voisins d'Arras à la tète de dix mille hommes. L'abbaye et le village du Mont-St.->Eloi furent incendiés à cette occasion.

(1) Chronique de ûoiesmieux.

(2) Archives départementales du PaS'^de-Caiais.

Di gitized by jGoQflle

Mai» ce fut surtout à Aubigny que ce chef se montra cruel. À son approche, les habitants et les religieux qui desservaient le prieuré s'étaient retirés dans les bois d'Ulhain , emportant ce qu ils avaient de plus précieux, et revinrent quand ils surent que les troupes s'étaient éloignées. Aiais Willebon, retournant peu après pour enlever une cloche qu'il avait fait briser et placer provisoirement dans le jardin du prieuré, vit l'un deses officiers étendumort d'un coup de mousquet qui était parti du clocher. Aussitôt il fit braquer ses canons sur la tour, et contraignit ceux qui s'y étaient renfermés de se rendre à discrétion. Ils furent sur le champ massacrés de sang froid au nombre de vingt sept. Parmi eux se trouvait deux chanoines réguliers du Mont-St.-Eloi et un prêtre séculier. On mit ensuite le feu à réghse, aux bâtiments du prieuré et aux maisons du bourg sans qu'aucune fût épargnée. (1) Eu 1557, ces mêmes cantons furent une seconde fois ravagés après la prise de Lens par Tarmée fran*» çaisesous les ordres de l'amiral de Coiigny ; celte fais, on ne se borna plus à piller et è incendier les ab^

(I) Chronique de Doresmieux.

bayes, on s*einpara des religieux pour les soumetlre

ensuite à une rançon; ceux de St.-Ëloi furent saisis et eoimenés oapti&. Ces désastres furent suivis d'une

peste qui mit le couibie à la désolation de la province. (1)

Cependant les religieux de Marœuii cherchaient des consolations dans les œuvres de la piété , car , ce fut vers cette époque qu'ils oblinrent de Philippe II roi d'Espagne, rautorisation d'ériger dans leur église une confrérie du saint Sacrement*

La congrégation d'Arrouaise se trouva éteinte sous l'abbé Liétard. Outre Timpossibilité où Ion s était trouvé, depuis plus d'un siècle, de tenir régulièrement au chef-lieu les chapitres généraux , il miervint un notable changement dans la manière de procéder aux élections, auxquelles le général avait droit d'as* sister d'après les constitutions. Le gouvernement espagnol s'était fait autoriser à pourvoir à tous les bénéfices ecclésiastiques des Pays-Bas. t Comme à > nous, comme comte d'Artois, est-il dit dans la • plupart des brevets émanés de Philippe II, affiert

(1) Chronique de Doresmieux.

1 et appartient d*avoir songoeux regard que les pré^

• lalurcs, abbayes, prcvolez, doyennez, prierez et I autres dignités estant en notre dit pays et comté » d'Artois , soient pourvus de gens catholiques , de

> bonne vie et conversation , principalement en ce » temps si dangereux , pour eutreteoir et conserver t iceux en bonne et chrétienne religion , comme

> aussi ci-devant par feu de louable mémoire le pape

• Léon X de ce nom , avait été spécialement con<*

> senti et accordé à feu de très* heureuse et recomi mandée mémoire, l'empereur, mon seigneur et » très-aimé père , à qui Dieu fasse miséricorde ; et

• il soit qn*estant naguère advenu le trespas de votre » dernier abbé, par lequel la dignité abbatiale est i présentement vacante , nous ayons fait prendre in- » formation sur la qualité idoiiéité , vie et conversa-

> tion du religieux illecq , ensemble d'autres monas- « téres, et comme ensuivant icelle information, » entre autres nous a été fait rapport du sens , pru- » dencOt régulière, bonne et catholique vie et con- ■ versation de vénérable personne N. Savoir vous » faisons que nous, ayant regard aux causes des- » susdites , vous consentons et requérons que pro- » cédant à l'élection de votre nouveau et futur abbé,

I V008 élisies et acoepUes ledit N. eomme personne

> à ce capable et à nous agréable, t

U est évident qae dès lors , les religieiix n'avaient plus la liberté da choix dans leurs élections. Ce coup porté à Fanoieniie juridiction do général d*Arroiiaise, joint à la difficulté des temps , aux troubles de la guerre , à rappauvrissement des communautés, qui la plupart avaient aliéné ou donné à baux emphithéotiques la plus notable partie de leurs biens. Ces causes, disons-nous, portèrent l'évéque dÀrras, François Richardot, (1) à soumettre à sa juridiction

(1) Cet illustre prélat naquit en 1507, à Moray, dans la Franche-Comté, d'une famijle noble, qui comptait parmi ses alliés , des hommes distingués

dans le ministère, la magistrature et les finances. Il entra fort jeune 'dans l'ordre des ermites de saint Augustin , qui avaient un établissement à Champlitte, près du lieu de sa naissance. Après une année de noviciat , on l'envoya à Paris où il suivit les cours de philosophie et de théologie. Il avait à peine vingt* deux ans quand ses supérieurs le chargèrent d'enseigner, à Tournai, la théologie; puis U revint à Paris , pour donner dans une maison de son ordre , des leçons d'Ecriture sainte. De là, il se rendit en Italie, où son esprit prenant un nouvel essor, il décela des talents supérieurs. Il y obtint du pape la

nioiti7fxi hv Ooogl .

immédiate , toutes tes maisons de Tordre qui se trouvaient dans son diocèse. Cette soumission parut aux religieux d*autant plus naturelle » que leurs monastères , du moins pour la plupart , étaient placés d*a*

dispense de ses vœux de religion , avec la faculté de vivre sous l'habit séculier. Nommé chanoine de Besançon , diaprés le vœu exprimé par le chapitre de la métropole , et sur la recommandation du cardinal de Granvelle, il s'appliqua à préserver le diocèse de l'invasion du protestantisme, et peu de jours se passaient, sans qu'il nioniàt en chaire pour instruire le peuple et le prévenir contre les prestiges des novateurs. Le zèle qu'il déployait contre l'hérésie ne lui ôiait rien de Textréme douceur qui £ûsait le fonds <le son caractère et qui lui gagnait les cœurs de ceux mêmes dont il combatlait les opinions. Cès travaux apostoliques et d'autres services signalés qu il rendit «u diocèse de Besançon, lui valurent d'en être nommé coadjuteur sous le titre d'évêque de Nicopolis.

Le<^ardmal de Granvelle l'appela à Arras en 1556 pour remplacer Tévêque de Salisbury qui remplissait pour loi, dans le diocèse^ les fonctions épisco^ales. Après Térection de Malines en métropole, le cardinal en lut nommé le premier archevêque, et Rithardot lui succéda sur le siège d'Arras. Car, Philippe H, roi d'Espagne, avait voulu qu'il y eût, dans les Pays-Bas^ autant d'évéchés qu'il y avait de provinces Le pape Paul IV érigea donc sur sa de-

prés leur foDcUUon » sous le patronage des ordinaires.

L*évêquû Richaiiii>l soumit l abbaye d'Arrouaise elleméine , el plosieurs fois il en lil la visite.

mande, en 1559, trois archevêchés et quinze évéehés parmi lesquels on comprit Si.-Omer et Ypres

dont les territoires furent formés du démembrement de celui de Térouanne. Richardot put possession du siège d*Arras par procureur en 1561 , et fut le premier de nos évèques nommé par le souverain. Le chapitre n'eut plus , depuis ce temps , le moyen de protester « vu son droit d'élection « ni même la faculté d'élire le sujet nommé par le roi.

A peine Richardot fut-il installé qu'il sollicita vivement et obtint de Philippe II la créad on de l'Université de Douai, il en lit lui-même l'ouverture en 1562, et nous avons les harangues qu'il prononça à cette occasion. Il voulut y enseigner lui-même, et il le fit avec tant d'éloquence et d'érudition que se» leçons attiraient un concours prodigieux d'auditeurs parmi lesquels ou reiiiarquait les hommes les plus distingués.

En 156t>, il se rendit nvec quelques membres de son chapitre au concile de Trente , où les légats du pape qui connoissaient son profond savoir et sa fa- ^ cilité d'élocution , le chargèrent de porter la parole dans la session dn 1 1 novembre. Il rappela dans son discours l'objet et la base des études ecclésiastiques, el indiqua 1rs moyens d'éteindre le loyer des disputes scholastiques.

Les dangers de la guerre avaietit dispersé h plupan des religieux de la congrégalion , et duranl ces loogs troubles , plusieurs s'étaieut affiliés d*autres

Il est difficile de représenter en détail tous les travaux qui partagèrent son épiscopat. Outre lés fatigues auxquelles T exposaient les visites fréquentes de son diocèse, il prêchait les dimanches et jours de fêtes, durant rAvenl et tout le Carême. La plupart de ses discours avaient pour objet des matièi-es de controverse, afin de garantir son peuple de l'invasion protestante , et il convertit un grand nombre de sectaires.

Pendant qu'il prêchait à Armentières où il avait ramené à l'unité de la foi l'un des principaux che& du parti réformé, un hérétique emporté déchargea contre lui un coup d'arme à feu. Il parut k peine s'apercevoir de cet attentat; l'auditoire seul en fut ému, et après qu'il eut exhorté les fidèles à s'apaiser, il coi]tinua son discours avec autant de force et de chaleur que s'il ne fût rien arrivé.

Maximilien de Bergues, archevêque de Cambrai, assembla, le U juin un concile provincial dans son église métropolitaine. Riehardot y assista avec Gérard d'Hamàicourt, cvêque de St.-Omer, Antoine Havet, évéque de Namur, les abbés de route hi [)ruvince, les prévôts des divers chapitres et plusieurs docteurs. On y reçut le concile de Trente et on y ùl divers règlements dans le but de coniger les

ordres; ou avaient pris charge d*aaies en divers iieox» . d'autres s'étaient retirés dans leurs familles. Le règne de Nicolas Liétard fut donc tfoublé par

abus et d'apaiser les points de conlroverse entre les protestants qui répandaient leurs nouvelles doctrines en Artois «. dans la Flandre française et en Belgique. On a conservé les discours que i évéque d'Arras prononça dans ce synode et i Toccasion de ceux qu'il tint dans son diocèse.

Chargé d'intercéder auprès du duc d'Atbe, gouverneur des Pays-Bas espagnols, à l'effet de porter ce prince à mettre fin aux troubles qui désolaient la Flandre « il lut malheureux dans ses poursuites. Les hostilités conlinuèrent , la vitie de Malines tomba entre les mains des rebelles , et révèque d*Arras se trouva avec celui de Namur au nombre des prisonniers. La liberté des deux prélats fut mise à un prix énorme; et Richardot refusa de donner les douze mille éeus qu'on exigeait , aimant mieux rester sous le poids de ses chaînes que de donner un argent qu'il n'avait pas, ou qu'il aurait versé dans le sein des pauvres s'il Tavait eu dans ses coffres. • IMaîs la » Providence, ajoute ici Dom Berthod, prit elle-même ■ soin de ses iniéréls, RJalines échappa aux ennemis » un mois après qu'ils s'en furent emparés, et l évêqufe > d'Arras recouvra sa liberté sans payer de rançon. >

Le jour où il revint dans sa ville épiscopale fut une véritable féte pour toutes les classes de cette

les luttes coDtiouelles des gouvernements français et ei»pagâoi. U laut y joindre les discordes causées en 1598 par les partisans du prince d*Orange qui mirent on péril la foi catholique. Car l'Artois déchiré

cité. La population se mit en mouvement pour le recevoir , et se livra à des jeux et à des plaisirs innocents. Richardot ne put voir sans attendrissement

cette expression d*amour et de respect que son peuple fidèle lui donna dans ce jour de triomphe* 11 fit son entrée à cheval comme il se pratiquait pour la prise de possession de Févêché. Les chanoines i montés aussi sur des chevaux, allèrent à sa rencontre. Le reste du clergé vint le recevoir à la maison dite des maillets située en cité. On se rendit de là à la cathédrale en chantant le Te Deum,

Le pieux et savant prélat ne survécut que deux ans à cet événement. Dieu l'appela à lui le 26 août 1574, à Tâge de 67 ans. Il donna sa bibliothèque au chapitre , et à sa cathédrale un ornement en drap d'argent ; plus deux épistolaires dont on se servait auK messes solennelles : les couvercles en étaient garnis de vermeil : on les voyait encore dans cette église au siècle dernier. Gazet ajoute qu'il fit décorer Tautel de la Ste. -Vierge avec colormes de cuivre cx^ quisanent ouvrées. Peu d'années avant sa mort, la cathédrale avait été incendiée en partie par l'impru* dence d*un plombier; il s'imfïosa de grands sacri* Dces pour la restauration de ce monument.

alors par des faetioos, vit ouvrir les prisoos el dresser les échafauds. Les députés d Ârtois, de Hainaui, de Lille « de Douai et OreUes se réunirent cette

année au AJoot-St.'Éloi où ils passèrent trois semaines aux dépens de Tabbaye. Leurs conférences eurent pour résultat de taire de communs efforts pour maintenir le pays dans la foi calholique et de rester sous la domination d'Espagne.

Thomas Jacqunrt était coadjuteur depuis 1386, (1) lorsqu'il succéda au précédent abbé en 1588. Le pays venait d'être affligé par une grande mortalité causée par un dé&ut de récoltes qui ftat tel, qu*on échangeait trois lures de viande contre une de pain. Du reste , le pays jouit d'un peu de repos durant quelques années : mais il fut de nouveau troublé par la guerre qui éclata entre Philippe II roi d*EspagDe et Henri IV, laquelle dura quatre ans (1594—1598) et causa en Artois de graves désastres. Le roi de France entreprit môme de surprendre Arras en 1597; mais, t les habitants, dit U. d'Uéricourt, (2) cou-* • rurcnt sur les remparts où déjà se trouvaient l'é-

(1) Archives départementnles.

(2) (£ttvrepKé{»Éée,p. 146.

litized by Goo^

> véqae Matthieu MouHart et Charles de Longueval ,

> comte de Bucquoy. Ainsi encouragés , les bour* » geois repoussèrent les Français par de continuelles

> décharges d'ariillerie ; car, à cette époque , les

• remparts en étaient garnis , surtout ceux qui s*é-

• tendaient de la porte St.-Michel à celle de Méau-

• lens et ensuite jusqu'à la cilé : il ailleurs le roi t voyant qu'il était découvert, se retira aussitôt. Il » savait, en effet, que le cardinal Albert était clans

• les environs à la tôte de ses troupes , et il ne vou-

• lait point tenter un siège dont l'issue était dou- » teuse. t On publia l'année suivante la paix de Vervins et de grandes réjouissances eurent lieu à cette occasion dans l'antique cilé des Atrébates. Le dimanche sept juin , les fêles commeucèrent pai; une procession générale du saint Sacrement à laquelle furent portés les corps de saint Vaast, de saint Vin dicien et de sainte Bertille. On y remarquait aussi la sainte Chandelle et plusieurs autres reliques. Les ossements de la sainte patronne de Marœuil et ceux de saint Vindicien avaient été transportés , à cause des malheurs du temps , de leurs monastères respectiib aux refuges que possédaient à Arras Tune et l'autre abbaye. Doresmieux nous donne une idée de cette

procession ao cha[)itre V de sa vie de saint Viodicien. (t) « La châsse (Je ooire saint patroD, dit-il, était

> portée par six religieux du MoDt*8t.-Eloi , revêtus

• de riches dalmatiques accompagnés des serviteurs

• de Tabbaye qui tenaient des flambeaux. L*abbé du

• monastère , Adrien Duquesooy, les suivait de (très > » la mitre en léte et revêtu de ses ornements ponti-

• ficaux. Quand le cortège lut arrivé à la cathédrale, » la châsse fiit déposée sur un autel où bientôt le » peuple adlua pour venir la baiser et la vénérer. » Or les arquebusiers d*Arras qui reconnaissaient

> saint Vindicien pour patron, avaient demandé aux » religieux la permission déporter son corps : mais 9 Tabbé et ses chanoines ne le jugèrent point à pro-

> pos, craignant quelque tumulte à cette occasion. ■ Quoique leur demande eût été repoussée , ils vin-

• rent néanmoins avec des flambeaux pour suivre le

• corps et lui faire honneur, > (1) Bonaventure Lefebvre, trente-huitième abbé, avait

succédé à Thomas Jacquart depuis 1595. (2) Le conseil d'Artois rendit contre lui un jugement pour le contraindre de prêter au chapitre le serment ac-

(1) Voyez Acta S. S. Bclgii, tom. V, p, 531.

(2) Archives départementales.

iJiyiiizeo by

coulumé. On croit qu*il ne coaimença Texercice de sa charge qu en 1602» époque où nous le trouvons préseni à la translation que fit Tabbé de St.-Vaast , Philippe de Caverel« du corps de saint Hadulphe de son ancien reliquaire dans une chftsse d'argent. Il a laissé une relation manuscrite des miracles qui s'opérèrent de son temps au tombeau de sainte Bertille. 11 cile f entre autres , une ûUe de Béthune , nommée Catherine Laurent, frappée d*ane cécité complétée! qui obtint une subite et parfaite guénson.

L'abbé Lefebvre mourut en 1622 et fiit inhumé devant le siège abbatial de son église* Il avait pris en 1615 pour coadjuteur Jean Pailhart, chanoine régulier du prieuré de St.-André-les-Aire. Ce reli-* gieÛK lui succéda immédiatement et mit tout en œuvre pour âire revivre , parmi les moines , la discipline monastique. Contraint de faire un emprunt de 1400 florins, tant pour acquitter les dettes contractées durant les guerres précédentes que pour reconstruire le refuge d'Arras , (1626) il fît néanmoins régner on tel ordre dans ses recettes et dépenses, qu'il se trouva en mesure de rebâtir en 1653 le grand quartier de l'abbaye et la porte d'entrée. Il réforma la communauté; et, pour mieux

— no —

réussir daos ce pieux dessein , il étabbi le noviciat i Marœuil tandis que les yvoïés continuèrent d liabiter le refiige d*Arras. Ëiu membre des États d'Artois , il devint 1 aiue des assemblées de la province et l'ut député ordinaire à la cour de Bruxelles pendant vingtcinq ans. Le monastère seiaii devenu très-florissant sous son habile direction , si les malheurs de l'époque et surtout les désastres de la guerre n'étaient venus entraver son règne tout pacifique.

La récolle ayant presquVntièrement manqué en 1634 , Tabbé de Marœuil s imposa, de concert avec les prélats des abbayes voisines , de grands sacrifices pour le soulagement des pauvres. Les chroniques du temps font remarquer que , quoiqu on lût alors en paix , les militaires n*étant point soldés , parcouraient le pays et vivaient aux dépens du pauvre peuple des campagnes. En 163S , des troupes de bandits • en-

• traient dans les métairies , attachant aux cheminées « les censiers et leurs femmes et les brûlant à petit » leu pour savoir où était leur argent. Aucun de ces

• brûleurs forent appréhendés en Arras et Béthune t et punis exemplairement par supplices extraort dinaires. >

Ce n était là que le prélude de plus grands maux

(|ui (levaieui surgir par suite de ia guerre qui commença en eoire la Fraoee ei l'Espagne , pour ueliiiir qu'en 16â9. Le théâtre des événements se porta d*abord en Flandre , où les maréchaux de Cbft« liiion et de Bi ézé , déUrent le prince Thomas de Savoie, général de l'armée espagnole. (20 mai 1635) L'année suivante , l'armée espagnole forte de quarante mille hommes et composée d'Allemands , de Hongrois et de Croates , pénétra en Picardie où ses excès forent tels qu'elle réduisit en <ïendr6S presque tout le pays en deçà de la Somme. Ce fut au point que , dans un grand nombre de villages , les terres ne purent éire cultivées pendant plusieurs années. Pour se soustraire à la fureur des Croates, le peuple s'était retiré dans les villes ou dans les forêts . Au mois d'août, la peste sévit avec une telle iutensilé que, pour la distinguer des autres fléaux de ce genre « on la nomma la grande contagion. Elle dura près de quatorze mois ; l'auteur des Annales de St.*Omer estime à seize mille la perte que fit cette ville et les villages voisins. Il suffit d'ouvrir Tépitaphier de d'Aubrometz pour apprécier le nombre de victimes que ce fléau du ciel vint frapper à Arras.

En 1638, la ville de St.-Omer est assiégée par

le maréehal de Chatillon , mais il se voit contraint

de renoncer à celte enlreprise. L'année suivante , le maréchal de la Meilteraie est plus heureux devant Hesdin : cette place se rend le 30 juin.

La ville d'Ams fut investie le 15 juin 1640 (1) et dés le lendemain on travailla à la circonvallâiion. Le maréchal de la Meiileraie établit ses quartiers vers Vitry et les maréchaux de Chaulnes et de ChalilloQ se portèrent à Bray, entre Ecoivres et Marœuil. Le comte de Rantzau plaça son (quartier Ifénéral à Waitly. Les habitants des campagnes furent forcés d'aider les pionniers à creuser les lignes qui furent achevées en cinq joars. Le conseil d'Artois, de concert avec les magistrats d Arras , prit la résolution de détruire les faubourgs et de faire sortir de la ville les bouches inutiles. Tel fut le zèle des assiégés , unanimement dévoués à la domination d*Es* pagne , qu'on n'en entendit aucun se plaindre des travaux auxquels on les soumit pour la défense de la place, il n'en fut point de même de la garnison

(1) Nous empruntons à M. le comte d'Héricourt ie rébumé qui va suivre sur le siège d' Arras en 1640.

qai n'cnlrepreiiait rien sans exiger de l ai gcnt. Plusieurs sorties eurent lieu et le généial Lamboi qui commandait pour les Espagnols, inquiéta lurt les assiégeants. De son cAté le prince Ferdinand d'Autriche , gouverneur des Pays-Bas , prit la résolution de forcer les retranchements français avec une armée de trente mille hommes. Mais il fut résolu d'afiEamer plutôt les ennemis dans leur camp en coupant les passages aux convois. L'armée française soulirit, en ettéi^ considérablement de la disette : les soldats étaient réduits à se nourrir d'épis de blé qu'ils grillaient au feu, et d*orge bouillie» Toutefois, de Saînt- Preuil, gouverneur de Douilens, parvint à procurer quelques secours inespérés.

La tranchée fut ouverte le 4 juillet, et, malgré une sortie des assiégés , on ne put empêcher Tavancement des lignes. La désolation commença à pénétrer dans la ville , et en même temps la discorde augmenta entre les bourgeois et les soldats de la garnison. Quatre batteries qui tiraient sans cesse» étaient dirigées sur les monuments les plus élevés. Le beâiroi eut beaucoup à souflnr, et la nef de la chapelle de la sainte Chandelle bâtie sur la Petite Place « fut renversée.

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Une nouvelle sorli(^ cnt lieu le 50 où les bourgeois lirent des prodiges de valeur, ei ne se retirèrent qu'après avoir tait essuyer une assez forte perte aux assiégeants. La famine d'ailleurs commençait à se faire sentir pour la seconde fois dans le camp fiançais, et Fon attendait impatiemment un nouveau convoi de DouUens , lorsque les Espagnols vinrent attaquer les lignes. Leur infanterie fit paraître une grande éner«gie. mais les Français , de leur côté, se défendirent courageusement, et les honneurs de cette action furent pour le maréchal de Chàtillon.

-Le lendemain , les trois maréchaux qui dirigeaient le siège firent sommer les habitants de se rendre, mais ils refusèrent de capituler, l^e 6 août, on fit jouer une niine vers la porte de St.-Nicolas et elle ouvrit une brèche où pouvaient monter quarante hommes de front. Alors une députation composée de douze gentilshommes engagea le magistrat à accepter une capitulation honorable plutôt que d*éire réduit aux plus ficbeuses extrémités. Rien ne Tut décidé. Cependant deux jours après, l'effroi se répandit dans la ville , et une nouvelle députation composée de quelques membres pris dans le conseil d'Artois et le niagisUat se rendit près du commandant de la place

O ûeil , pour lui représenter qu'il laUaii sauver les bourgeois et que l'intention du roi d'Espagne ne pouvait être de laisser mourir un aussi grand nombre de sujets lidèles doiU le sang ne lui serait d'aucun avantage. Parmi les députés se trouvaient Tabbé de Marœuil et le prévôt de la cathédrale» de Laurétan , tous deux contribuèrent à hâter la demande de suspension d'armes à l'effet de méditer pendant vingt-quatre heures les articles de la capitulation. Plusieurs mines en effet , étaient prêtes à éclater et les remparts allaient s'écrouler sur divers points. Un tambour fut donc envoyé au niaréchal de la Meilleraie. Tandis qu'on dâibérait à Tabbaye de St.-Vaast sur la reddition de la place « les bourgeois se réunirent en tumulte , protestant qu'ils aimaient mieux mourir que d'abandonner ainsi la ville. Les femmes elles-mêmes s'écrièrent qu'elles étaient pi'èles a combattre sur la brèche. L'abbé Pailliart crut devoir alors s'interposer entre le peuple, la noblesse et le magistrat» faisant observer qn*ou devait avoir égard anx réclamations de la bourgeoisie qui se montrait prête à s'imposer tous les sacrifices. Il ne put être écouté.

Le 7 août 1040, on envoya des otages au mare- • chai de la Meilleraie et l'on s'occupa activement de

rédi|;er les artictes de la capitulation. Ils fureot signés le surlendemain à Blangy où était le quartier géaéral du maréchal. La garoisoD fut conduite le tO à Douai, et le duc de Cbauloes entra dans Arras à la téte de six régiments. On se dirigea vers la cathédrale où an Te Deum fut chanté par Tévéque d Auxerre pour remercier Dieu de cette victoire. Le 19 , Tabbé de MarœuiU Jérôme de Warlincourt« abbé du Mont-St.- Eloi et Jean Lemaire , abbé de Gercamp . se rendirent dans le grand réfectoire de 1 abbaye de St*- Vaast pour prêter serment au gouvernement français: au nom du chapitre de la cathédrale et de tous lesmonastères de la ville. Le conseil d'Artois, les élus ^ les oiUciers de la gouvernance , le magistrat et les*

principaux bourgeois jurèrent les mêmes promesses.

L abbaye de Marceuil avait été entièrement ruinée pendant ce siège. L'âbbéPaiiliarts'occupa activement d'en relever les ruines ; et il y parvint , du moins en partie, malgré les malheurs de l'époque i car la guerre continua d*étre flagrante dans la province. La ville d*Aire fut prise et reprise en 1641 , celle de Grave- Unes tomba au pouvoir des Français en 1644 et l'année suivante, Cassel, Mardick, Armentières, Bétbune« Lillers et St.-Veoant eurent le même sort^

En mil , le maréchal de Gassion leota inutilement

de s'emparer de St. -Orner, et en 1648, la bataille de Lens engendra le trouble et une excessive misère dans les cantons voisins d Arras. On conçoit aisément qu*une guerre aussi continue, durant laquelle outre les sièges des villes « on avait fait ceux de presque tous les châteaux fortiOés, et fourragé dans tous les villages et hameaux; on conçoit, disons-nous, qu'un pareil état de choses avait dû ruiner entièrement le pays , anéantir le commerce et l'industrie.

L'abbé Pailliurt était donc parvenu néan moins à ren* dre habitable la maison de Marœuil dès l'année 1649. Mais rinforlune semblait alors s'attacher comme une lèpre à ce malheureux monastère. Il avait fallu se borner à le couvrir d'abord de chaume. Un guetteur qui veillait au haut de la tour laissa tomber des étincelles sur le toit, l'on vit en un instant s'allumer un vaste incendie qui détruisit en peu d'heures des bâtiments à peine sortis de leurs ruines.

Le prélat de Marœuil « forcé de se retirer dans le refuge avec le peu de religieux qui lui restaient , lut témoin, ettl6ô4, du nouveau siège que subit la ville d'Anas. Les Espagnols, en effet, avaient profité des troubles de la Prande pour recouvrer, en partie ,

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tes pertes que la France teor atait fait essuyer.

savaient qu'Ai ras n avait pu jusqu'alors s'attacher à ses Qoaveaux maîtres ; et , te 3 juiUeft , te prince de Condé viai fonaer le blocus de cette place avec une armée forte de quârante^ciaq milte hommes. Dès te 10 de ce mois tes travaux de circonvallatloa furent terminés « et Ton ouvrit la tranchée te 15. Le vicomte de Tuienne, chargé de secourir cette ville avec te maréchal de la Ferté, vint camper à Meoehy-le« Preux. Outre les autres maux qu'Arras eut à supporter pendant ce siège, qui dura plus de six semaines « la peste y fit de terribles ravages. Enfin durant la nuit du 24 au 25 août , Turenne força les lignes des Espagnols, et contraignit te prince de Condé d'abandonner Tentreprise et de se retirer vers Cambrai. Le lendemain 26 août, le jeune roi Louis XIV fit son entrée dans la ville et logea pendant trois jours dans l'abbaye de St.-Vaast.

L*abbé Paiiliart ne survécut que deux ans à peine à cet événement, il mourut à Arras, te 5 mai 1656 et fîit inhumé dans la chapelle du refuge. On con« servait son portrait à i'abbaye de Marœuii.

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