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CHAPITRE XVII

Eitennon de la filiation de Morimond; saitedeia minloii politique et MeUde; ton action paeifleatriee an sein dn Bassigny et de la Lorraine.

Les J>liis saints et les plus sayants religieux se sucoédaieui

sur le siège abbatial de Morimond. Raynald ayant abdiqué en i 155^ Lambert, abbé de Claire-Fontaine , avait été appelé à le remplacer; puis, après une courte et glorieuse administration, on Tavait élu abbé général de Tordre . Ce fut lui qui confirma et approuva définitivement 1 mstitut de Calatrava, en chapitre générale

La substitution d'une abbaye à une autre ( de Calatrava à Fitero) avait souffert des difficultés» selon les maximes de teaux. Le premier qui s'en plaignit fut Tabbé de TEchelle- Dieu, père immédiat de Fitero ; ses plaintes étaienipersonneliemeut fondées sur ce qu^un cbuiigement aussi essentiel s'était fait sans sa participation. Beaucoup d'autres accusaient en général Tabbé Raymond d*ayoir innoTé contre la substance même de la réforme cistercienne ; et li laliut la luédialionde Louis VII, de Hugues, duc de Bourgogne, jointe aux eiplications données par le roi dom Sanche , pour obtenir du chapitre général la sanction de ce nouvel établissement.

Raymond ne se contenta pas de se tenir sur la défensive ; il attaqua aTec vigueur, sur diflKrents points, l'armée des tnlidè^

les, la repoussa avec avantage, et jeta la terreur dans ses rangs ; ingentem Saracenis timorem incmsit (1).

A peine Lambert eui-il gouYemé quelques années rimmense communauté de Cîteaux, que, ]>rt lVi;uit Thumilili; de robcissance à l'éclat éblouissant et aux dangers de l'autorité, il sacrifia avec joie la gloire de commander à ses frères au bonheur de les servir, et retourna, comme simple moine, h Morimond, semblable à la chaste colombe qui revient mourir sur l'arbre solitaire où elle a soupiré ses premiers amours. U eut pour successeur Aliprand, religieux d*une rare capacité admiiiibtraiive et d'une grande piété .

La place d'abbé de Morimond était devenue très-importante, et il fallait pour la remplir des hommes du premier mérite. Outre ses dépendances et son nombreux personnel y ce monastère comptait, yers Tan 1160 , quarante-cinq ans après sa foiH dation , plus de cent maisons de sa génération immédiate ou de sa liiiation 11 y en avait dans toutes les provinces de France* de la Seine aux Pyrénées ; en Lorraine , en Alsace » en Savoie* en Italie*, en Espagne, en Angleterre; dans les duchés de Souabe, d'Autriche, de Bavière, de Silésie, de Hesse, de Brunswick, de Wurtemberg, de Saxe, de Styrie^ de Poméraranie, de Bulgarie, de Thuringe et de Franconie; dans les royaumes de Bohême, de Pologne, de Danemarck et de Nor^ wège; etc. (2).

Jusqu'alors Clteaux n'avait point encore osé franchir les

frontières de l'Europe. La tentative de Tabbé Arnould, qui eût voulu s'élancer en orient à la suite des croisés , avec une coionie de mornes, avait été réprouvée par tout Tordre, comme

(1) Annal, cist., t. 2, p. 306; — id., t 3, Séries prœf. milit. Calatr,, p. 18 .* Cœ^runt contra Arabes cœdes et prœlia exereere, et prospercUum fuit opus in imm£&uf monocAoruiii. Roder* tolet, L 7, c. Si.

(S) Vidd JoDgeUn, NoHt* abbai, citté pvr iw^. orftem; In-fol. (Bibliotli. de Ghaumont).

nous Tavons vu ; mais l'idée grandiose de fonder un nionas- 1ère cistercien au -delà des mers, sous le ciel de Jérusalem» était restée dans notre abbaye , et les générations monastiques se I cîtaient transmise.

Lorsque la Toix et les miracles de saint Bernard eurent précipité l'Europe sur l'Asie ; quand les abbés de Moriniond virent les évêques quitter leurs diocèses , des religieux leurs doitres pour accompagner les croisés » ils pensèrent que le mo» ment ctait \oiiu pour Ci(( lux de marcher dans la grande voie des peuples d'occident» et treize moines sortirent du Bassigny et de la France » traversèrent la Méditerranée et Tinrent de» mander an asile aux monts solitaires et embaumés de Tripoli de Syrie , où la domination des cbrétîens s'était maintenue depuis la première croisade » et .y fondèrent le couvent de Belmont {Bellus mons) (1). Ce premier établissement fut suivi de ceux de Laure et de la Tour-des- Aigles, en Grèce ; de Saint-Jean-du-Bois » de la Sainte-Trinité-de-Refelt, de Beaulîeo et de Salut , en Fîle de Chypre , au diocèse de Famagoufite.

Morimond, ici comme dans toutes ses autres fondations »

avait été mu par une profonde pensée religieuse et sociale :

L^accroissement prodigieux de la puissance musulmane avait &it sentir à l'Eglise latine le besoin de se rattacher la grande fraction du christianisme orientai, pour eombiuer avec elle une résistance victorieuse aux envahissements de Tennemi commun. La Providence chargea Morimond de cette mission fédérative : les moines lurent les ambassadeurs de la papauté vers TEglise grecque.» pour négocier avec elle une alliance of-

(1) Annal, n H., t. 2, p. 802;— Tnht!. Monm.,ad nnn M 58. — Nous cnprageons les savants qui voudraient s occuper de l'importante question des éiablissements français en Syrie ou en Morée, à ne pas oublier ceux-ci, comme ou Ta fait jusqu'alors.

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fensive et défensive ; aussi ayons-nous retrouvé plusieurs bulles écrites dans ce sens par les SouYeraius-Pontil'es aux abbés des monastères que nous Tenons de nonuner (i).

2° Les schisniatiqucs d'orient n'avaient cessé (l\ii)j>oser aux occidentaux leur relâchement, et surtout i éuervaiioiide la discipline monastique et Taffaiblissement des saintes rigueurs de la pénitence. Cîteaux, qui était alors dans le inonde catholique Texpression la plus élevée » la plus pure, la plus sévère de Texpiation chrétienne» alla se poser par Morimond au foyer de l'Eglise grecque, en présence de ses popes, en lace de ses ca~ loyers et de ses archimandrites , pour les Juger et lescondamnerpar ses œuvres.

3" Les migrations de l'Europe vers TAsie se faisaient ordinairement par la Méditerranée, la Grèce, Chypre, etc*; il fallait élever des hôtelleries, ouvrir des asiles suicette grande route des peuples, pour y recevoir les malades, abriter les malheureux pèlerins , recueillir les débris des armées , conso- 1er toutes les souffrances et endormir toutes les douleurs sous le charme de la foi. L'abbaye de Morimond eut la première cette belle et sublime idée.

4" Les nations catholiques aspiraient à vaincre les hordes musulmanes afin de les convertir et de les civiliser. Morimond comprit que , pour obtenir cet immense résultat , des batailles et des victoires ne suffisaient pas ; qu'il fallait encore ajouter au sang du soldat la sueur et les larmes des moines. Aussi vit- on ses religieux se précipiter avec une ardeur vraiment chevaleresque au centre du mahométisme , en Espagne et en Asie , pour le combattre par toutes les armes qu^il leur était permis de niaaier, celles de la prière et de la pénitence.

Chose admirable l pendant que des cénobites partis des rives

(I) MannqutMîM r<4>i>orle qaelques-unes, il. 2 et 3

de la Meuse allaient s établir près du Carmel , des anachorètes descendaient des sommets du Gannei et Tenaient, à la suite de saint Louis, se fixer sur les bords de la Seine; les mondes échaugeaieut leurs nioîiies^ et a\ec eux leurs idées» leurs mœars et leurs bénédictions (1).

Cîteaux ne cessait de remplir en Europe sa mission piwidentielle : cet ordre , depuis saint Bernard , avait pris une position d'arbitrage et de conciliation entre les peuples et les rois^ entre les rois et TEglise. Partout oh quelque chose s'agitait dans les hautes sphères de la société» là étaient Famé et la main d'un cistercien.

A Morimond , Tabbé Othon avait été lancé dans la carrière diplomatique par sa naissance, sou iiitlucuce et ses liaisons aTec les puissances de la terre ; Aliprand y fut entraîné par les supplications et les malheurs de Vltalie.

Frédéric Barberousse était en guerre avec les Milanais; ceux-ci choisirent Fabbé de Morimond pour leur médiateur» avec Pierre de Tarantaise et Fastrade de Clairvaux» conjurant ces anges de paix de traiter de la paix avec leur ennemi. L'empereur les reçut conune si Dieu lui-même les eût envoyés, dit Radevic [quasi missiaDeo); et, lorsqu'ils eurent connu ses intentions, ils retournèrent à Milan pour savoir celles du peuple. Malheureusement » les dissensions qu'avaient lait naître les prétentions schismatiques d'Octavien , appuyées de l'empereur et repoussées par les Milanais, entravèrent les négociations « et les firent échouer au moins en partie.

Dans ces conjonctures difficiles » Frédéric crut qu'il lui importait beaucoup de coimaître la pensée de ces saints et illus-

(1) Dubreuil, Antiq» de Paris ^ p. 567, in-4o; ^blis d*abonl sur les rives de la Seine à Tendroit même du couvent des Gélestins, puis, à cause des délmrdements dn fleuye et de réloignement de l*0mvenité, transférés sur la place Alanbert.

très personnages, et il voulut les intcnogor. Pierre de ïaranfaise et Aliprand» auxquels il s'était adressé plus pardcuUèrenient, lui répondirent avec une franchise chrétienne et une liberté vraiment monastique : il avait compris dès lors combien âerait longue et énergique la résistance qu*on lui opposerait, et il s'était hâté de convoquer le conciliabule de Pavie (1).

Aliprand jouissait d*une si grande réputation de probité» de

science et de discernement , que les seigneurs du Bassigny et de la Lorraine le choisirent pour arbitre en diverses circonstances. On venait le trouver des contrées les plus éloignées» et il rendait la justice sous les arbres des forêts de Morimond, comme plus tard saint Louis sous le chêne de Vincennes. Ce fut au milieu de cette carrière si glorieuse qu'une mort prématurée Tenleva à ses religieux » dont il était le père et le modèle, à sOn pays , qui récoulait conunc uu oracle, ctàTEglise, à laquelle il aurait pu rendre encore d'éminents services.

Odon et Gauthiert ses deux successeurs immédiats» ne gouvernèrent qu'un instant l'abhaye : le premier eut piu tni ses contemporains une certaine renommée d'orateur et d'écrivain mystique; la ])lupart de ses ouvrages ont été dévorés par le tem[>s : on en retrouve encore quelques (Ithris dans les Bibhothèques des écrivains de Tordre (2). L'administration du second ne dura qu*un an et n'eut rien de remarquable. £nûn» en 1162 , Ahpraud , deuxième du nom , proies de Tabbayc de Moriraond en Lombardie , fut élu unanimement. Ce fut lui qui agr^aÀ Tordre de Qteaux Régnier d'Aigremont et Simon» vicomte de Oémont, les bienfaiteurs de son monastère.. Cette double cérémonie se ût à Foratoii'e de Morimond» le jour de

(1) Radev., l. 3, ce. G9, 70 et 72 ; —Aim, eût; t. 8, p. 327.

(2) Philipp. Seguin., Biblioth. cist.; — Hist. de la vie et des écrits ci'Odon , abbé de Morim., HisL UU, de France, i, 13, pp. 610 et 613.

la Nativité de la saïute Vierge» en 1163, en présence d'uue foule de seigneurs et de tous les moines (i ) .

Cette même année saint Raymond rendit le dernier soupir à Calatrava , et son corps fut transporté à Cirvelos qui en dépendait (2). Après sa mort, les chevaliers, quoique la plupart ne fussent que des frères convers auxquels il avait lait prendre les armes, ne voulurent plus avoir de moines avec eux, ni être gouvernés par un abbé, et élurent pour premier grand- » maître Garcias, l'un d'entre eux. 11 s'éleva bientôt un débat Irès^vif entre les religieux de Giteaux et de Sainte-Marie-de- F^tero d'un cÀté , et les chevaliers de Vautre , les religieux pré* tendant que c'était à eux que Calatrava avait été donné; mais le grandrmaître, d'après les conseils de Vélasquez, le seul moine qui fût resté à Calatrava, conduisit cette affaire avec tant de prudence qu'elle s'accommoda.

Au mois de septembre 1164, lorsque tous les abbés de V ordre étaient réunis à Cîteaux, dans la salle capitulaire, on vit arriver un chevalier étranger, avec son costume guerrier, sonépée, sa lance ^ son bouclier. Ayant traversé l'enceinte, H vint se jeter aux pieds de Gilbert , Fabbé général. « Que Cîa teaux, s'écria4-il, daigne aussi nous recevoir; car nous « sommes ses enfants, et rien ne pourra jamais nous détacher «t du sein de notre mèrel Le vénérable Raymond nous a engendrés à la vie religieuse dans la forleiesse de Calatrava; « nous sommes entrés ensuite dans la grande famiUe cister- « cienne; nous avons vécu jusqu'alors sous des abbés, et plût au ciel qu'ils lussent encore à notre tête ! Affranchis de tout « autre soin, nous serions à cette heure à la poursuite des infit fidèles qui ont envahi l'Espagne. Mais des moines pacifiques

(1) Tabul. Morim., ad hiuic ann. 1163.

(i) Uofier. tolet., 1. 7, c. 14 ; — MaHam^ l. 2, c. a; — Katles AntlriuJ., llid. Calatr.j c. 6.

u ne veulent pas ou ne peuvent pas commander à des hommes « qui ne Yiveot que sur des champs de bataille et dans le « sang; aussi les autres ordres militaires, comme lesTema piiers, qui se glorifient d'avoir saint Bernard pour législa- « teuTy sont-ils gouvernés par des grands-maîtres pris parmi a les cheTaliers. C'est d'après cet exemple que ceux de Cala- (t trava m'ont élu moi-même , non pour secouer le joug mo- <i nastique, mais pour ne pas le souiller. Les moines, irrités « de cette élection, nous ont abandonnés; rien n*a pu les re- • (( tenir: ni le doux souvenir de Raymond, illustré par des mivi racles après sa mort, comme il lavait été par ses vertus « pendant sa vie ; ni leur propre sang, qu'ils ont yersé sur « cette terre ; et ils nous ont délaissés sans lois , sans guide ; ik nous aurions même été privés des secours spirituels de TEa glise , si nous n'avions nommé des chapelains pour nous les « administrer. Nous venons nous jeter dans vos bras ; daignez <i nous accueillir et nous tracer une règle de vie. Si nous ne « pouTOjQS plus être les enfants de Citeaux, qu'au moins nous « soyons ses alliés et ses amis! »

L'abbé Gilbert répondit avec une sévérité mélangée de beaucoup de douceur, montra l'irrégularité de l'élection du grand-mattre sans Tavis et la participation de Ctteaux, et glissa rapidement sur le passe ; on leur donna une Règle sans les rattacher à aucune maison. Gràrcias se rendit à Sens pour la soumettre à l'approbation du Souverain-Pontife Alexandre III, et retourna ensuite en Espagne (1). Les Maures ayant essayé , peu de temps après, de reconquérir les places qu'ilsavaientper* dues , les chevaliers les refoulèrent en leur faisant essuyer des pertes considérables. Alphonse IX, pour les récompenser, leur donna la moitié descliâteaux d'Almaden et de Ghiilon.

(1) Annal, dst, p. 400, t. î; — Hist, de VSgL galiic.^ Longuev., t. 9, pp. 564 et sq.

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Ayaiil appris que le roi assiégeait Zorita , ils lui envoyèrenl douze cents hommes pour Faider à s^en emparer ; ils allèrent

ensuite attaquer les ennemis au foyer mémo de leur domiy^tion» et les défirent en bataille rangée, sans autre secours qu^un reofort de deux mille hommes qui leur était venu de la ville de Tolède. Le roi leui- abandonna les terres de Cogoiludo, d'Almoguera, de Maqueda» etc. Ces exploits les luireut en si grande réputation, que le roi d'Aragon, étant pressé par les Maures, pria le grand-maître de lui euvoyer ses gens, avec lesquels il enleva d'assaut et à la pointe de Tépée plus de douze places fortes (1). Nos chevaliers semblaient se multiplier pour repousser, ou prévenir les attaques , aujourd'hui dans le royaume de Cordoue ou de Valence , demain dans la contrée de Jaën^ brûlant les camps et les villages» traversant les forêts et les montagnes avec la rapidité de Taigle , passant lour-à-tour des Irontières de Castille à celles d'Aragon ; se divisant ordinairement par pelotons, pour échapper aux forces supérieures de l'ennemi ; faisant une guerre dè tirainenrs et de guérill.is, la plus tirrible de toutes, sm' le sol si uionlagneux et si accidenté de l'Espagne.

Cependant, cpiand Toocasion favorable se présentait, ils ne refusaient pas la b< liai lie ; ils la provoquaient même. Ainsi , les infidèles ayant lait niKMucursion dans le pays d'Alarcos et de Benavente, nos chevaliers y vdèreni aussitôt, les poursuivirent et les serrèrent de si près , qu'ils les forcèrent d*eu

venir aux mains, et eu tuèrent plus de trois miUe. Le drapeau de Galatrava à la devise et aux couleurs de Citeaux est partout vainqueur, et l'Espagne chrétienne lui devra son salut.

Aliprand II , abbé de Morimond, était mort dès l'an M 08; Gilbert , qui lui succéda , ne fit que se montrer et disparaître ;

(I) Rados Andrad., Hiitt. Cnlntr,^ ce. 40, 11 cUS; — HélTot, HiH. detofd, i^lig, et mitiLy t. 6, p. ftS.

il fut remplacé par Henri 11. Ce dernier obtint» en 1178, du pape Alexandre III , une bulle de protection , avec de grands

privilèges. Coniiiic Aliprand, il était ordinaiieiiiciit clmis^ pour arbitre dans toutes les dissensions et par toutes les classes de la société. Il rétablit successivement la bonne harmonie entre les religieux dv Flabémoni et ceux de Beaupré; entre Pierre , é\ éque de Toui , et son chapitre ; entre les fils de Simon de Clément 9 qui se disputaient l'héritage de leur père. 11 fût appelé à Metz , à Langres , à Besançon , pour terminer des différends, éteindre des haines invétérées qui seniblaient devoir durer toujours (1).

Quand le socialisme moderne réussît à pénétrer quelque part, soit en Suisse , soit en France , ou en Allemagne, ou en .Italie, il y traîne à sa suite la haine de Dieu et de rhumanité, le désœuvrement, toutes les débauches de Fesprit et du cceur, les révolutions, la guerre civile. H peut répéter en toute vérité les paroles qpie Milton met dans la bouche de l'ange rebelle précipité des cîelix : Là ùù je tomberai, là sera V enfer l

Partout où nos cénobites posaient leurs tentes, ils apportaient dans les plis de leurs blanches robes , avec l'amour de Dieu et des honunes , la paix et le travail. La contrée qui leur ouvrait son sein devenait bientôt un paradis terrestre.

Hélas! nous n^avons plus ces anges de charité, ces messagers du ciel t}ui venaient du désert apporter au monde la traut.j[uiliitc elle bonheur; qui d'un moi caliii;iioiit lus orages du cœur, jetaient Fennemi dans les bras de son ennemi, qui Fembrassait et lui jurait oubti et pardon I Qui nous ren-> dra nos cénobites avec leur puissance consolatrice et pacificatrice?... qui empêchera nos douleurs et nos discordes d*étre étemelles ?. . . .

(1) foM* Jfor^., ad ami. 1177; — Gall. christ., t. 4, p. 817.

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