‹ Histoire de l'abbaye de MorimondChapitre 36 sur 55 · CHAPITRE XXXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXV

Siège de La Mothe; dispersion des moines, leur retour, le calme se rélâblii ; arrivée de ji^usieur» jeunes leigneurs à Uoriniond.

Dès Tan 1634, le maréchal de La Foroe, après avoir pris

d'assaut Bicthe , place importante de la Lorraine , était venu assiéger La Mothe» forteresse perchée sur une haute montagne à deux lieues nordrouest deMorimond» et la clef de la Lorraine à l'ouest. On raconte que le duc Charles était tellement sûr et de la place elle-même et de ses défenseurs» qu^il y avait fait transporter ses trésors et ses meubles les plus précieux. Quoique les Français fussent beaucoup plus nombreux, qu'ils fissent usage de la bombe pour la première fois, et qu'ils eussent Turenne dans leurs rangs , la garnison , qui n'était que de trois cents hommes, leur opposa une résistance si iiéroïque, que le siège traîna en longueur. Le marquis dlsche (1), chargé du commandement , ayant été tué , son frère, le P. Euslache* capucin , prit sa place et périt à son tour sur la brèche.

Ënfin» après quatre mois d'une défense acharnée» à laquelle prirent part les habitants eux*mémes, les Lorrains obtinrent une capitulation honorable.

En 1643» le maréchal du Hallier entreprit le blocus de la même ville; mais» après un combat désavantageux dans la plaine de Liilol, le duc de Lorraine l'obligea de battre en re-

(1) Antoine de GhoisenI, m* du nom» gouverneur de La Mothe*

traite* Enfin * Mazarin voulut faire une dernière tentative : une armée formidable couvrit tout le bassin du Bassigny ; Magalotti, neveu du cardinal » qui la conduisait, marcha dioit à la forteresse , sous laquelle il fut emporté d'un coup d'arquebuse ajusté par le sieur Héraudel, prévôt du chapitre de la ville. La garnison et les habitants ne se rendirent que le 7 juillet 1645. Pendant tout ce laps de temps» nos moines vécurent dans des transes continuelles, encombrés de soldats blessés, épuises do contributions de tous genres , tantôt se sauvant dans les forêts^ tantôt rentrant dans leur couvent, selon les chances de la guerre , psalmodiant au bruit du canon et de la fusillade que leur apportaient les échos des vallons et des montagnes (1).

L'avant-garde de Farmée française se tenait toujours en

observation sur les frontières de la Champagne, en face de la Lorraine et de la Franche-Comté. Durant la saison rigoureuse elle se divisait en pelotons et allait passer ses quartiers d'biver dans les villages environnants. Nos pauvres religieux, qui avaient alors à peine de quoi s'abriter et se nourrir, furent chargés d'un escadron de cavalerie. Us adressèrent une suppUque à Monseigneur de Garp:aii , conseiller du roi , intendant général des justice , hnances et police dans les armées de Sa Majesté, à l'effet d'être délivrés des gens d'armes qui étaient à leur pot et (eu, promettant de contribuer plus taid de tout leur pouvoir aux frais de la guerre (2).

Cette humble et généreuse représentation fiit accueillie favorablemeut, et ordre fut donne d évacuer le monastère;

(1) Voyez la narration très-exacte du siège de La Mothe, dans VHist. desév, (fe UwfjrrK y>;ir Mathieu, p. 258. — Les poètes du temps célébrèrent le siège de La Moihe : Etienne Courtet , chanoine de Langres , a composé un poème en vers latins, sous ce titre : Motta emota. — D. CaUnet, HisL eccl. et civ. de Lorr., t. S ad fin.

(2) Archivei de ta Haute-Mame , 10« cartoa.

mais après quelques mois il fui envahi de nouveau; alors les

religieux rédigèrent une adresse à Monseigneur de Voysin , intendaut do la justice dans la géoéraliié de Châions , pour se plaindre d'être forcés de loger jusque dans leur dottre des hommes de guerre, leurs granges ayant été détruites au passage de Galas.

Mous ignorons si on ûidroit à leurs réclamations ; mais l'état de l'abbaye ne s'améliora pas. Les Lorrains et les Francs- Comtois continuaient leurs brigandages , et les troupes françaises en les refoulant commettaient souvent d'aussi grands désordres que Tennemi. A quelque instant du jour et de la nuit que Ton jetât les yeux du haut des tours de Langres sur cette vaste plaine qui s'étend à l'est jusqu'aux Vosges, on apercevait quelque part les lueurs de l'incendie (1). Les populations du Bassigny se sauvaient ordiDairement du côté de l'abbaye , soit pour mourir sur cette terre des saints , soit pour s Woncer et se cacher avec leurs troupeaux dans l'immensité des forêts ; les moines furent souvent forcés de s'y réfugier et d'y vivre avec elles.

Certes! ce devaii être un spectacle sublime que celui de cette multitude de vieillards, de petits enfants» de pauvres femmes et de religieux réunis par un maibeur commun au fond des bois, s'agenouiUant et priant assemble au bruit du canon qui moissonnait leurs fils , leurs ^poux et kurs frères , mêlant devant Dieu leurs vœux et leurs larmes, en attendant que l'épée de l'ennemi vint mêler leur sang et leur ouvrir les deux!

11 serait impossible de décrire les cruautés et les ravages de ces guerres sans cesse renouvelées pendant plus de trente ans. Les malheureux habitants des campagnes , voyant qu*ik

(1) Migoeret, Précis de ruùt, de Langres, p. U%,

ne pouvaiet plus demeurer dans leurs villages sans être à chaque instant pillés ou égorgés , désertaient en foule. Les champs restaient incultes iaute de bras et de bestiaux , et on vit, de 1636 à 1643« à Choiseul et dans plusieurs autres villages des environs de Morimond, des hommes obligés de s*atteler à la charrue pour cultiver la terre (1).

Enfin Louis XIV se leva , et par son audacieuse fierté et la rapidité de ses premières conquêtes il étonna et fascina FEiirope. Les escarmouches, les petites guerres, les incursions hostiles diminuèrent peu à peu; il fut donné aux moines de respirer qucicfues instants» et ils entreprirent de relever les ruines du monastère et des granges; mais il fallut recourir à Temprunt, et implorer la protection des rois de France et de Pologne. L^abbé Briflault mourut au milieu de beaucoup d*embarras , et laissa le fardeau de Taduuuistration à dom Fr. de Machaut (2).

Rien ne prouve mieux que ce choix combien les moines

avaient encore à cœur de se renouveler dans l'esprit primitif de leur profession. Le nouvel abbé appartenait à Taustère réforme des feuillants ; avec lui devait entrer à Morimond la pénitence, la pauvreté, Tamour du travail et toutes les vieilles et dures vertus de Citeaux. On eût dit que notre abbaye allait se retremper aux sources antiques et y recouvrer sa première force et sa pureté native ; mais une nouvelle série de bouleversements arrêta cet élan généreux et paralysa la bonne volonté de Fabbé et de ses moines.

Charles, duc de Lorraine, les inquiéta au sujet des granges

{!) Becherches histor, surlespHne^talescùmmmes deVarrond, de Langres, pp. i50 etsq.; — jin». delà Haute-'Marne, 1888, p. 186.

(i) Noas Usons dans le livre intitulé : Véritable Gouvernement de Fordre de CUeaux, p. qu'à la mort de Cl. Briffaut Tabbé de Giteanz soumit Hoffimond k Tabbé de Yaux-la-Dooce, de 1663 à 1667.

qui 86 trouvaient sur sou duché, les grevant d'impôts et de charges intolérables. En 4669, les religieux lui adressèrentun ioûg mémoire, dans lequel ils lui représentaient le triste état du monastère , comparant son éclat passé à sa misère présente» énumérant tous ses titres à la reconnaissance des Lorrains depuis cinq siècles, et spécialement les services qu'il avait rendus dans les dernières guerres > en abritant et nourrissant pendant plusieurs mois plus de cent familles lorraines qui s'y étaient réfugiées et qui auraient péri sans pain et sans asile. Le duc apaisé adoucit la rigueur de ses ordonnances (1).

Ce fut à peu près à la même époque que Fabbé de Morimond écrivit au prieur du monastère de UoMeres ])Our lui passer procuration à l'effet de retirer de la smcession du dernier iMé religieux de cettemamnson Brimaire» sa croix, son out neau et son meilleur cheval, menaçant en cas de refus d'intenter action pardevant la chambre de justice de Besançon. 11 paraîtrait que , quand une abbaye tombait en commende ou était détruite, il était d'usao;e de renvoyer au premier abbé de la filiation les insignes de la dignité abbatiale.

De la Franche-Comté Tattention de dom de Machaut, excitée par une affaire beaucoup plus importante, se reporta au-delà des Pyrénées. Les chevaUers de Calatrava, isolés de Morimond depuis si longtemps» gouvernés selon les caprices des rois et livrés à la cupidité d'administrateurs mercenaires, regrettaient vivement l'autorité si douce et si paternelle de Citeaux, et manifestaient le désir de rentrer sous l'ancien régime ; c'est ce qoi engagea Marie-Anne d'Autriche, épouse du feu roi Philippe IV, et régente d'Espagne durant la minorité de Charles 11, son fils, à écrire à notre abbé pour essayer de rattacher la milice à Horimond comme par le passé.

(1) Archives de la Baute-Marm, demie» cartons.

L abbé nomma au prieuré Jean Vélascos, qui lui avait éié présenté par la reine elle-même ; mais, soit que celle-ci n^eàt voulu par une semblable démaiche que se débarrasser poliment des réclamations des chevaliers, soit que ses projets eussent été réellement dérangés par la guerre qui éclata cette année même entre Louis XIV et presque toute l'Europe^ dans la crainte d*accrottre encore la prépondérance déjà si redoutable de la France, on ne permitpoiniau nouveau prieur de prendre possession (I j.

Pendant ce temps-là , le canon grondait en vingt endroits divers sur les bords du Rhin. La Lorraine et la Franche- Comté avaient été entraînées dans le mouvement général. La partie orientale de la Champagne qui coniine à ces deux provinces et dans laquelle se trouvait Morimond était devenue ud théâtre d^hostilités incessantes. Nos moines luttèrent pendant une année entière ; mais enfui ils se virent forcés d'abandonner encore une fois leur monastère : les uns se retirèrent à Langres avec ce qu'ils purent emporter de fdus précieux, les autres à Paris, au collège de Saint-Bernard; l'abbé était du nombre de ces derniers. L*abbaye ne fut gardée que par deux rdigieux prêtres et par les laboureurs des granges.

Vélascos ne cessait de travailler de toutes ses forces à sou installation ; sa correspondance avec les restes dispersés de Morimond nous apprend quelle était la position de nos pauvres religieux, errant de contrée en contrée sans liouver à se fixer nulle part. J'ai reçu, écritril à Tabbé, vos leUm datées de Paris U 10 aoU 1674, etfai ressenti la)[flus mve doulevr a» s^ei du malheur qui est venu fondre sur vous, et vous a forces dé vdus exiler de wtre mmmtére avec Um vas nmnes, pouff vtmssùusiraireau fléau de la guerre, gwi sétit atee ianî de ftr reur dans vos }irovinces»

(1) iIreAtv* de ia BauMÊame, ii9aartoii(CliBri. deMorim.).

En 1675» Tabbé est encore à Paris. J ai VûU^nlion, lui dit Vélâsooe » 4e vous écrire plus êouvent à Vwomir, pmr ^oom «fu-

truiic de tout ce qui concerne Va/faire du prieuré, qui vous intéresse autant que moi ; c'est pourquoi je désirerais connaiire, ê'ii wus arriwUt de quitter Paris, dans queUe autre viife î( faudrait adresser nos lettres pour quelles roî/s parviennent sûrement, car jusqu alors il nom a fallu vous deviner en qudque sarie pour txms écrire (hue usque quasi dimnando scripsimus)»

Des guérillas détachés de l'armée espagnole qui occupait alors la Franche-Comté, après avoir causé des dégâts considérables sar les terres environnantes, avaient eu l'audace de s'introduire dans Tabbaye et d'en chasser les deux religieux qui y restaient. Des troupes d'avant-garde y avaient également pénétré dans le dessein d'en achever le pUlage et de le ruiner entièrement. Cependant c'était de M(nrimond qu'étaient partis douze pauvres religieux emportant la croix qui avait sauvé l'Espagne; et, quelques siècles après, les Espagnols s'y précipitaient, tenant le fer d'une main et la flamme de Tautre ; tant il y a de vicissitudes étranges dans les ciioses de ce monde, tant il y a peu de souvenir des plus grands bienfaits dans le coBur des hommes et des peuples !

Cependant, la nouvelle de ces désordres étant arrivée par de là les Pyrénées , jj^*^" Iffifli^"^'^*' de Tordre de Oteaux, qui , la plupart, étaient de la ffliation de notre abbaye, tous les religieux en furent indignés, et se concertèrent pour députer Tun d'entre eux au roi catholique , afin de lui rappeler les services immenses que Morimond avait rendus à son peuple , et lui représenter que les armées de Sa Majesté, au lieu de désoler le monastère, auraient dû le défendre an prix de tout leur sang, comme le berceau de la liberté et delà paix de l'Espagne.

n parait que cette démarche ne lut point stérile, car quet

qucs jours après plusieurs brevets de sauve-garde furent adressés à Morimond par D. Charles de Gurrea Villa Hermosa, gouverneur général des Pays-Bas et du comté de Bourgogne. Quoi qu'il en soit, les moines exilés ne rentrèrent tous dans leur solitude et ne commencèrent à y suivre les exercices qu^après la paix de Nimègue, en 1678, c'est*à-dire environ cinq ans après en être sortis (1).

Louis XIV avait tellement secoué et humilié rEurope» la France était teUement enchaînée à Fépée du grand roi, que la tranquillité intérieure et extérieure semblait assurée pour longtemps. Aussi les couvents qui avaient encore conservé quelques étincelles du feu sacré commencèrent à se repeupler; Morimond était de ce nombre. Plusieurs jeunes seigneurs, issus dlUustres familles, et qui, à l'exemple de D. Rancé, trouvaient le monde trop pelit pour Timmensîté de leurs désirs, désertèrent Paris et la cour, et se sauvèrent dans la Thtbaïde du Bassigny, pour y voir et y goûter combien le Seigneur est bon à ceux qui l'aiment,

Morimond se crut encore au temps d'Othon d'Autriche , de Henri de Carinthie, d'Etienne de Hongrie et de Raynald de Toul. Parmi ces nouveaux transfuges du siècle dont nous avons pu retrouver les noms, on distinguait Nicolas de Chevigny (Branche de Choiseul), Henri de BretcuiL Honoré de La Fère et Jean-Louis d*Angennes. Le marquis d'Angennes» frère de ce dernier, donna au uinnastère à celte occasion le fief Godin, près de Luzarches (Scine-et-()ise), mu, dit-il, par la bonne amitU qu'il parie à son frère rMgieux, profès à l'abbaye Notre^ Dame de Morimond, et encore pour avoir part aux prières fut se font dans ladite abi^ye, et pour y être chanté tous les jours, à perpétuité, à la fin de la mssse eoneentuelle, l'Iwmlata avec

(i) Archiv, de la Haute-Marne ^ derniers cartons.

les Collectes de la Vierge, de saint Bernard et des Trépassés (1).

Ainsi 9 au moment où les plus honteux désordres se propagent dans les hautes r^ons de la société^ lorsque la prostitution est assise sur le trône, la Providence, dans des vues de miséricorde et de pardon, appelle des palais et de la cour, au sein des déserts» de chastes vierges » des femmes désillusionnées, des jeunes gens au noble cœur; tous, sous le cilice et la cendre, veilleront, prieront» jeûneront; leurs expiations, mises dans la balance de la j ustice du ciel , feront équilibre aux crimes de la terre, et Dieu laissera marcher pendant cent ans encore la vieille France à la suite du drapeau de Gharlemague et de S. Louis.

Comment se fait-il, nous dira-t-on peut-être, qu'avec tant d'éléments» rien d'important» rien de monumental ne signale à Morimond les vingt dernières années de ce grand siècle» qui a w\ la science et l'art revêtir mille formes diverses» et s'épanouir dans le cloître comme dans le monde?

Outre qu*il faut faire la part des calamités les plus désastreuses, qui à cette époque même n'ont cessé de désoler le monastère, n'oublions pas que les rehgieux les plus capables n'étaient venus s'ensevelhr dans ce vallon solitaire que pour s'y condaïuncr à un éternel oubli. Au reste, cette stérilité scientifique n'est point un signe de décadence. Chaque ordre religieux avait une mission spéciale à remplir : la mission de Morimond était surtout agricole. Pendant que les Oratoriens, les Jésuites , les Bénédictins de Saint-Maur et une foule d'autres se livraient aux plus vastes et aux plus sublimes travaux de rintelligence , nos moines» ainsi que Tattestent leurs archives» s'occupaient plus que jamais de leurs îbhamps, de leurs près» de défrichements et de plantations* Or» dit Bernardin de Saint-

(1) Archives de la Haute-Marne (Chart. de Morim.).

Pierre, l'agronome qui fait produire à un terrain une gerbe de blé de plus» ou qui améliore un arbre fruitier» rend souvent aux hommes un plus grand service que le savant qui leur donne

un livre (1).

De la nécessité de remonter aux sources pour juger impartialement la question monastique au XVIII« siècle ; cérémonie de Véledion d'un abbé ci-^tercien ; dom Aubertot , dom Languet et dom Guyoi occupent successivement avec éclat le siège abbatial de Morimond.

Nous voici arrivés au XVUl* siècle , eu face de celte fausse philosophie dont les perlides écrits ont renverse tant d'institutions qui semblaient avoir jeté dans le sol de la France des radnes éternelles. La voilà armée de toutes pièces , prête à entrer en campagne ; par où va-l-elle commencer? Elle commencera» conrnie les Vaudois ^ les Hussites , les Luthériens et les Calvinistes, parFavantpgarde du catholicisme, c*est-fHlire par les moines. Elle entassera mensonges sur mensonges , calom-

(1) Depuis qu'ils n'avaient presqneplua de frères conYers , ils se servaient des

bras du premier désœuvré qui se présentait ; souvent ils arrêtaient dans leur vagabondage ces misérables familles alsaciennes et lorraines qui traînent aujourd'hui leur dénùment, leurs vices et leur ignominie dans les rues de nos villages, sur toutes nos routes et à l'entour de nos villes; ils les occupaient à transporter des terres, dessécher des étangs, niveler des routes, coml>ter des ravins, pétrir la tuile, etc. Les moines de Gtteaux eux-mêmes employèrent un grand nombre de ces fisoniUes nomades à essarter les cbamps et à bAtir le village de Saint-Bernard , en 1608.

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