‹ Histoire de l'abbaye de MorimondChapitre 7 sur 55 · CHAPITRE VL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VL

L'abbé Anumid quitte son moiuslàre, il entraîne «tec lui plasiean réligienx; lettres de saint Bernard à cette occasion; mort d*Arnouid.

Nous avons vu, dans le court espace de dix ans, Fabbaye du Bassigny, bénie de Dieu, faire les plus rapides progrès. Représentée par une lUustre Me au sein de la race germaine , eUe semble devancer La Ferté ét Pontigny , et devoir marcher désormais l'émule de Clairvaux. (Je que saint Bernard opérait par le prestige de son génie et Tascendant de sa sainteté» Amould s'efforçait, autant qu'il était en lui, de le reproduire par la ferveur de son zèle , une activité prodigieuse et un dévouement

(i) Gall. Christ., t. 3, p. 782 ; — Gasp. Jong., Noi, abbat, cist., etc., p. Î50 ; ^Tabul. Morim,, hoc annoiltt; — Aob. MiraBUS, Chron, dst,, hoc anno iiSS.

sans bornes aux iotéréis de sa maison. Hais la constance qui

nous reiid persévérants en dépit des obstacles n'est pas ordinairement la vertu des ames trop vives et des imaginations ardentes. Arnould n'était point fait pour la lutte : il recula devant elle, découragé et abattu. Les embarras de son administration étaient de quatre sortes» ainsi que saint Bernard l'indique dans sa lettre à Humbert, abbé d'Igny (1).

Quelques religieux indisciplinés, comme il s'en trouve toujours dans les meilleures communautés, avaient méconnu son autorité. Odolric d'Aigremont étant mort, son filsainé, qui n'avait cessé d'être liostile à Morimond , réclamait les propriétés dont sa famille avait doté si libéralement cet établissement, et menaçait, au besoin, de les reprendre par la force ; les frères convers , rebutés par des travaux excessifs et Tingratir tude du sol» semblaient épuisés et désespérés ; enfin» on pouvait craindre de manquer bientôt des choses les plus nécessai** res à la vie.

Telles étaient les difficultés de la position d' Arnould. Au lieu de les affronter hardiment et de les vaincre, il chercha à s^y

soustraire , en se retirant , accompagné de ses plus fervents religieux» qu*il avait gagnés et qui étaient disposés à le suivre partout.

Ce fut d'Ald-Camp qu'il écrivit à S. Bernard et à S. Etienne pour leur annoncer son immuable résolution» colorant son départ du prétexte d*an pèlerinage à Jérusalem (2). Rien n*était plus adi oit» car ou ne pouvait guère faire un crime à un abbé de quitter son couvent pour un voyage d'outre-mer» au moment où toute l'Europe debout était tournée vers l'orient , ob les évéques abandonnaient leurs diocèses, les pères de famille leurs épouses et leurs enfants» les pasteurs des ames leurs

{%)Amueitt^ p. 160, t f.

troupeaux, les ermites leurs grottes pour voler au tombeau de Jésus-Christ; d'autant plus qu'Arnould se vantait d'avoir obtenu du SouTerafafr-Pontife la permission de sortir de Morimond et d'aller, dîsaii-il , fonder un monastère cistercien en Pales* tine, sur la terre natale de la vie ( i nobitique.

Lorsque le messager de Fabbé fugitif anÎTa à Clainraux » les religieux , à cette nouvelle, fiuent frappés de stupeur et plongés dans la plus profonde consternation ; car les couvents dsierciens ne formaient alors qu'une grande famille : le bonheur et le malheur, la joie et lu tristesse , tout était commun entre eux. L'affaire parut si grave à tous, qu'il fut décidé à rînstant môme qu'on en référerait de suite au Pape; c'est ce que fit S. Bernard, en lui écrivant au nom de sa communauté.

a Puisque vous tenez, lui dit-il, la place de celui qui avait t la sollicitude de toutes les églises, nous espérons que nos « jUaintes et nos vœux arriveront jusqu'à vous , malgré notre « l)assesse et la grandeur de vos nombreuses occupations. « L'aflairedont il est ici question n*est pas seulement la nôtre, « mais celle de tout notre ordre , et si votre fils , notre père « commun, eût été à Cîteaux dans ce moment, ou il serait allé « lui-même se présenter devant Votre Sainteté, ou il aurait « écrit en sop propre nom sur le déplorable scandale qui nous « afflige.

« Pour ne pas tenir plus longtemps votre charité inquiète « et en suspens, nous tous annonçons qu'un de nos frères ab-

<t bés, celui de x>iorimond, ayant abandonné son monastère, « a résolu, dans un esprit de légèreté , de se rendre à Jéru- « salem, se proposant auparavant, dit-on, de sonder votre « prudente circonspection et d'essayer de vous extorquer une a permission qui pallierait son égarement. Ëï, ce qu'à Dieu « ne plaise! tous aviez déjà donné votre assentiment à son ^ projet, daigner considérer dans votre sagesse quelle source

« de ruine ce serait pour notre ordre» puisque, d'après cela, « tout abbé qui sentirait la charge pastorale peser à ses épaulés « pourrait s*en débarrasser aussitôt, surtout chez nous, où le « fardeau du commandement est si lourd et Ffaonneur de le <K porter si léger.

« Ensuite, comme si cet abbé eût voulu combler la mesure « de la désolation de la maison «pii lui était confiée, il s'est at- « taché pour compagnoiis de sonyagabondage les meilleurs et tt les plus parfaits de ses religieux. S'il répond qu'il veutgarder « en orient les observances de Oteaux, et que, dans cette in- <c tention , il emmène avec lui cette multitude de frères, qui tt ne voit que des soldats armes pour combattre sont plus né- « cessaires dans ces lieux que des moines qui ne savent que a prier et pleurer? Nous n'avons pas la présomption de vous (( tracer ce qu'il conviendrait de faire dans cette occasion : a votre prudence vous le suggérera assez i> (1).

Saint B^nard n'avait pris l'initiative dans une affaire qui concernait la police générale de l'ordre qu'à raison de l'extrême urgence, et en l'absence de l'abbé de Citeaux. Saint Etienne était alors en Flandre, ou il s'était transporté pour implorer la pitié du comte Gharles-le-Bon en faveur de la Bourgogne désolée par une horrible famine. L*hojnme de Dieu a entendu les gémissements des enfants qui demandaient de la nourriture à leurs mères , et les cris de désolation des mères qui n^en avaient point à leur donner ; il a quitté son cloître , ii s^est fait mendiant, et il est allé frapper à la porté des rois, et chercher par le monde du pain aux pauvres. Ce fut au retour de cette glorieuse et pénible pérégrination qu'il apprit le malheur de sa chère fille de Morimond, indignement abandonnée, • et veuve du vivant même de son époux (2).

(1) Iiiter S. Bem., Epist. 359,8cnpta non 1143 sed 1125. (â) AnmL cist., 1. 1, p. 160.

Quoique 1 abbé Araould protestât dans sa lettre que rien ne le ferait reculer, saint Bernard, emporté par Tardeur de sa charité» lui atait répondu aussitôt, se jetant à travers sa route et essayant de l'arrêter à force de prières et de larmes.

« Vous saurez d'abord, lui dit-il, que Tabbé de Citeaux « n'était point encore revenu de Flandre, où il est allé, en « passant par Clairvaux, lorsque votre courrier nous est ârri- « vé ; il n'a donc pu recevoir la lettre que vous me chargiez « de lui présenter. Heureux qu'il lui soit donné d'ignorer enu core quelque temps une aussi triste nouvelle ! Vous me dé- « fendez, conmie pour me désespérer, de ne point m'occnper € de TOtre retour ; quand bien même h religion ne m'aurait « pas fait un devoir de ne point vous obéir, ma douleur ne me «t Feût pas permis. Si j'eusse été certain de vous rencontrer « quelque part, je serais allé moi-même vers vous

« Plût à Dieu qu'à cette heure je fusse à vos côtés i Je vous « redirais en face toutes les émotions de mon ame ; vous les « liriez dans mes paroles , sur mon visage et dans mes yeux, tt Me prosternant dans la poussière sur la trace de vos pas, < je presserais vos pieds de mes mains ; j'embrasserais vos « genoux; ensuite, suspendu à votre cou, je couvrirais de * mes baisers cette tète chérie , courbée depuis si longtemps « comme la mienne et dans le même sillon sous le joug de « Jésus-Christ. Je pleurerais de toutes mes forces , je vous

prierais, je vous conjurerais, au nom du seigneur Jésus, « d'épargner ce nouvel opprobre à la croix de celui qui a « sauvé ceux que vous voulez perdre , et qui avait réuni ceux

« que vous dispersez Oh! s'il m'eût été donné de

« suivre cet élan de mon cœur! j'aurais peut-être triom- « phc par Tamour de celui que je ne puis vainore par la a raison

« 0 grande et forte colonne de notre ordre ! conunent n'a-

« Tes-TOUB pas craint que votre chute n'entratnftt la ruine de (( tout l'édifice I Comment pouvez-vous partir sans trembler, <c vous qui par votre départ enlevez toute sécurité au troupeau

<c qui TOUS était confié ! Qui le défendra contre les loups ra \ is- (i sants? qui le consolera dans les tribulations? qui le soutieur ce dra dans le danger? qui enfin résistera au lion rugissant» « cherchant toujours quelqu'un à dévorer? Ces jeunes arbustes a que vous avez transplantés en Jésus-Cbrist , en divers en- <c droits, dans des lieux d*horreur et de vaste solitude, que (( deviendront-ils? Qui les cultivera ? qui les alimentera? qui « les environnera d'une haie? qui se chargera de couper ce les rameaux superflus? Lorsque le vent de la tentation souf- « liera , hélas ! si tendres encore , ils seront facilement déra* cinési...

« Conmient n'aveihvous pas craint d'embrasser une austt

<c étrange nouveauté sans le conseil de vos frères , des abbés «( de votre ordre , et particulièrement sans la permission de ce- «c lui qui devait être votre père et votre maître ? Plusieurs sont tt efifra^es de vous von* traîner à votre suite de faibles enfants, « des jeunes gens d'une santé délicate. Si vous prétendez qu'ils « sont forts et robustes, pourquoi les enlever à une maison « désolée, où leur présence serait si nécessaire; si, au con- «t traire, conune je l'ai dit, ils manquent de force et de vi- «t gueur, leur sera*t-il possible de vous accompagner dans « votre dur et laborieux pèlerinage? Mais nous ne croyons pas « que vous vouliez vous charger désormais de leur conduite : «( fl y aurait une grande inconvenance à ce que vous reprisce siez ailleurs, sans vocation et par pure présomption, des « fonctions que vous avez quittées ici témérairement et mal- « gré la défense qui vous était faîte* Je vous promets, en fi- « nissant, que si vous aie fournissez l'occasion de m'entrete- « nir un instant avec vous, je donnerai tous mes soins pour

« que vous puissiez marcher en sûreté de conscience dans la « voie où vous vous êtes engagé avec tant de témérité et de « péril » (1).

Cette lettre si douce , si amicale, si touchante, et tout à la fois si incisive et si terrassante, ne changea point le cœur de notre malheureux ahbé; saint Bernard revint encore plusieurs fois à la charge , mais inutilement. Par une épouvantable punition de Dieu, Arnould fut peut-être le seul homme de eette époque qui ne fut point captivé par le charme touif uissant de cette parole qui remuait le monde , commandait aux âéments et faisait lever les morts de leurs toinheaux.

Le saint abbé de Qlairvaux » désespérant de pouvoir ramener jamais le chef des fugitifs , se tourna du côté de ses compagnons , pour essayer d*en retirer au moins quelques-uns de Vabtme; il s'adressa à Adam^ celui qui avait, après Arnould, kplus d'autorité et d'influence , et dont il avait été le confident die directeur. La lettre qu'il lui écrivit respire toute la véhémence» je dirais presque toute Tindignation et la colère d*un père irrité parce qu'il a été indignement trompé par son fils, et qui laisse échapper de son cœur blessé les reproches les plus amers; cependant, à la fin, la miséricorde remporte, et le pardon vient après les reproches.

tt 0 insensé 1 s écrie-t-il, par quelle espèce de fascination K avez-vous pu renoncer si tôt aux salutaires engagements que

vous aviez pris avec moi en présence de Dieu? Repassez « dans votre souvenir toute la folie et Tiniquité de vos voies! « Ne vous rappelez-vous plus qu*à Marmoutier vous avez con- « sacré au Seigneur les prémices de votre conversion ? qu'an « monastère de Foigny vous aviez cru devoir confier le soin « de votre ame à notre sollicitude paternelle? qu à Morimond

et vous vous étiez lié par le vœu de stabilité? enfin que» « m'ayant consulté sur votre projet de vous associer, je ne di- (t rai pas au pèlerinage , mais au vagabondage de Fabbé Ar* « nould, vous y aviez renoncé et vous n aviez pas cru pouvoir « accompagner licitement celui qui ne pouvait partir sans « crime? Mais à quoi bon, direz-vous , revenir sur ce passé? a Pour vous convaincre de légèreté et vous montrer les per- « pétuelles contradictions de votre conduite, afin que» recon- « naissant votre erreur et en rougissant, vous appreniez, hélas! « peut-être trop tard, de TApètre, à ne point croire à toute «i sorte d^esprit; de Salomon à choisir un conseiller entre « mille ; du saint Précurseur, non-seulement à ne point être « vêtu mollement, mais encore à ne point vous laisser em- | <K porter comme un roseau à tout vent de doctrine ; de notre | « Seigneur, à fonder votre maison sur la pierre , et des Disci- « ciples, à unir la prudence du serpent à la simplicité de la « colombe ; enfin , pour que , de tous ces passages de l'Ecri- « ture sainte, et d'autres encore, vous tiriez cette conclusion, « que TOUS avez été misérablement trompé par le grand sé- <i ducteur, dont la malice astucieuse sait rt vèlir mille formes (c diverses pour nous perdre ; n ayant pu vous arrêter au début «c de la carrière, il vous a envié le don de la persévérance, « croyant avoir assez fait s'il parvenait avons enlever la v( riu « qui seule nous mérite la couronne, te vous conjure donc , « par les entraiUes de Jésus-Christ, de rester où vous êtes, ou « de ne partir qu'après être venu vous concerter avec nous , d afin de savoir s'iln*y aurait pas un remède aux grands maux « que votre départ a attirés sur nous, et à ceux plus grands a encore que nous redoutons pour l'avenir » (1). Saint Bernard, qui poussait devant lui» avec sa crosse de

(1) EpùL 6.

bois, et les hérétiques, et les philosophes, et les rois, elles peuples, n'était point accoutumé à trouver de la résistance ; aussi fut-il grandement surpris et aflligé en voyant ses efforts venir se briser eonUe rinûexible opiniâtreté de Tabbé et des religieux. Attribuant, dans son humilité profonde, ce douloureux échec à ses péchés, il pria Brunon , l'un des prêtres les plus distingués de Cologne par sa naissance , et des plus prépondérants par son mérite et sa haute position , de lui venir en aide, espérant que son intervention inunédiate sur les lieux mêmes lui serait du plus grand secours dans cette malheureuse affaire. Il Tavait vu et connu au concile de Reims; aussi lui ditril : « Ce n'est point avec crainte, connue à un étranger, mais avec la plus grande confiance , comme à quelqu'un de mon « intimité, que je vous écris toute ma pensée. Arnould, abbé <i de Morimond, au scandale de notre ordre, a abandonné ré-

« cemment son monastère De cette grande multitude

« de moines qu'il avait rassemblés pour lui et non pour Jésus- « Christ , dans ses nombreux voyages et sur terre et sur mer, « il en a laissé quelques-uns dans la désolation , et s*est asso-* tt cié les autres. Trois de ces derniers nous désolent surtout par « leur absence :je veux parler d'Evrard, notre frère; d'Adam, « que vous connaissez , et de Conrad , cet enfant d'une famille illustre, qu'il a enlevé de Cologne non sans scandale. Nous « avons appris qu'ils habitaient encore vos contrées avec quelle ques autres du même parti. Si cela est , daignez, je vous en u prie, faire tous vos eiïbrts pour les reunir autour de vous, «L les fléchir par vos prières et les convaincre par vos raisontt nements; alliant en eux la prudenee du serpent à la simpli- « cité de la colombe, afin qu'ils ne croient plus devoir obéisn sance à un désobéissant, et pouvoir suivre sans péché un a homme livré à un coupable vagabondage ; ne se laissant pas « séduire plus longtemps , au point d'abandonner Tordre où

« ils ont fait leur prolession pour un homme qui s'est jeté hots

« de ia sienne » (1).

Les saints n'ont jamais parlé, prié et pleuré en -vain : saint Bernard gagna d'abord le moine Henri, qui revint dans son

monastère; il y tut suivi de tous les autres, comme nous le Terrons. Âmould, afin de se soustraire aux instances de ses amis de Cologne et d*étouffer plus aisément les remords de sa conscience , se retira dans la Flandre pour y vivre inconnu ; mais c'était là que la justice de Dieu Tattendait : frappé subitement, dans les premiers jours de janvier 4126, moins d'un an après sa sortie de Morimondyil mouiut misérablement, et sa triste fin parut à tout le monde une juste et terrible punition de sa présompteuse désobéissance; cujus prœsumptio, dit saint Bernard, digno &ed pavendo pm in hfwi est vindi-

Si nous voulons, pour nous instruire, remonter aux causes de cet inconcevable égarement , nous les retrouverons :

1° Dans Torgueil : Amould était une de ces natures vives, curieuses, ardentes et égoïstes, qui ne font le bien qu'autant qu'elles y trouvent le compte de leur amour-propre ; douées de plus d^impétuosité que de persévérance, ayant plus d*instincis généreux que de jugement solide; toujours prêtes, à la moindre contradiction , à ^e lancer avec une inconcevable hardiesse dans les voies les plus insolites et les plus dangereuses ; y persévérant par le même esprit qui les y a jetées ; ce qui prouve qu'il y a quelque chose ^iour le soUtaire et le prêtre de plus précieux que le zèle, le dévouement, les austérités les plus dures et la science , c'est rhumilité , sans laquelle les plus brillantes quahtés , les dons les plus rares ne sont , hélas l que trop

(1) Episi,^.

(2) Ad Hnmb., abliat. Igniac., Epitt. 141 ; — Am, eUt , 1. 1, p. 160 , c. S, et p. 164, c. 1.

souTeat une soum de raine pour lei mdhridus, de scandales

et de malheurs pour TEglise !

2" Dans des courses trop fréquentes : la solitude est le foyer de la yie religieuse ; le moine ne doit la quitter que le plus rarement possible et lorsqu'il y est forcé, comme saint Bernard ; il faxA qu'il se concentre davantage dans son for intérieur et se fasse xin cloître dans son ame^ pour entretenir jusqu'au milieu du monde» avec plus de vigilance que jamais, la communication inc«Msante et vivante de ses pensées avec le ciel. C'est ce que ne fit point le premier abbé de Morimond; ramené à chaque instant dans le siècle par les affaires de sa maison et la prédication , il oublia peu à peu son élément ; les voyages et les pérégrinations devinrent un besoin pour lui; ce besoin dégéuéra en passion, et cette passion Tentraina dans l'abîme (1).

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